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Actualités - Chronologie

Deux millions de livres rares et des kilomètres d'archives

Le fabuleux butin de guerre pris à l’Allemagne hitlérienne par l’Armée rouge et déclaré «propriété russe» par le Parlement russe est composé de 200.000 objets d’art, dont le fameux «Trésor de Priam» exhumé sur le site présumé de la ville de Troie. Ce butin comporte également deux millions de livres rares et trois kilomètres d’archives, emportés «à titre de compensation» pendant et après la guerre non seulement d’Allemagne, mais également d’Autriche, de Hongrie, de Bulgarie de Finlande et de Roumanie. L’or de Troie est le joyau de ce trésor culturel et artistique pillé par l’armée soviétique dans l’Allemagne en ruines, dont Bonn négocie le retour depuis 1991. Mis au jour en 1873 à Hissarlik (Turquie), la Pergame antique, par l’archéologue allemand Heinrich Schliemann, le trésor, qui a été daté depuis du troisième millénaire avant J.C., avait été emporté par l’Armée rouge de Berlin anéantie en mai 1945. Moscou a nié jusqu’en 1993 être en possession du «Trésor de Priam», qui cristallise depuis le différend germano-russe sur la question. Bien des dents ont grincé en Allemagne lorsque le musée Pouchkine de Moscou a exposé en 1996 260 diadèmes, colliers, bracelets et autres coupes composant le «Trésor». La Russie avait également exposé en 1995 des toiles de Cranach, Goya, Renoir, Manet, Degas, des dessins de Duerer, Holbein, Mantegna, Rembrandt, Watteau, que les experts considéraient comme «disparus» depuis la Seconde Guerre mondiale. Bonn négocie par ailleurs, depuis plusieurs années, le retour d’ouvrages uniques, tels deux bibles imprimées par Gutenberg, prises à Leipzig et aujourd’hui tenues pour disparues, ou encore la prestigieuse Bibliothèque de Gotha. L’Allemagne a récupéré une partie de cette dernière en 1991. En 1958, l’URSS avait rendu à la RDA socialiste un grand nombre d’objets. Le texte de la loi que Boris Eltsine va devoir promulguer à son corps défendant vise à «interdire les exportations illégales de ces biens russes», considérés «comme compensation des dommages causés à l’héritage culturel» de l’URSS pendant la guerre. Ces œuvres deviennent propriété de la Fédération de Russie, dit le texte, tant que les «Etats agresseurs» ne sont pas en mesure de restituer à la Russie les objets saisis pendant le conflit. Les députés ont prévu quelques exceptions à la «nationalisation». Les documents et objets précieux à caractère familial, archives, reliques, décorations, lettres et photographies pourront être rendus aux héritiers «pour raison humanitaire». Mais les particuliers n’auront pas le droit de réclamer eux-mêmes la restitution: seuls les gouvernements pourront déposer des demandes, directement auprès du gouvernement russe. (AFP)
Le fabuleux butin de guerre pris à l’Allemagne hitlérienne par l’Armée rouge et déclaré «propriété russe» par le Parlement russe est composé de 200.000 objets d’art, dont le fameux «Trésor de Priam» exhumé sur le site présumé de la ville de Troie. Ce butin comporte également deux millions de livres rares et trois kilomètres d’archives, emportés «à titre de compensation» pendant et après la guerre non seulement d’Allemagne, mais également d’Autriche, de Hongrie, de Bulgarie de Finlande et de Roumanie. L’or de Troie est le joyau de ce trésor culturel et artistique pillé par l’armée soviétique dans l’Allemagne en ruines, dont Bonn négocie le retour depuis 1991. Mis au jour en 1873 à Hissarlik (Turquie), la Pergame antique, par l’archéologue allemand Heinrich Schliemann, le trésor, qui a...