La Banque du Liban (BDL) a prolongé le statu quo sur le marché des changes de Beyrouth en maintenant, encore hier, ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar vis-à-vis de la livre libanaise en l’état, soit entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 515,00 LL à la vente, pour le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,50 LL, comme depuis la mi-octobre. Mais, compte tenu de la propension du marché à l’offre plus qu’à la demande du dollar, les établissements de crédit de la place ont continué de le négocier pratiquement au bas de la fourchette d’intervention de la BDL et très rarement en dehors de celle-ci. Il a ainsi fluctué invariablement toute la journée d’hier entre 1 501,75 et 1 502,25 LL, dans un volume d’affaires de plus en plus minces, ne dépassant pas quelque huit millions de dollars, presque entièrement absorbés par la BDL à 1 502,00 LL, en l’absence d’intérêts particuliers à l’achat. Accès de faiblesse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar était en repli face au deutsche mark et des monnaies qui lui sont attachées en Europe et s’affichait en hausse face au yen hier, sur les marchés des changes internationaux. Le repli du dollar face au deutsche mark s’explique par le maintien des taux d’intérêt allemands en l’état par la Bundesbank, alors que les analystes jugeaient un certain assouplissement monétaire nécessaire en Allemagne pour combattre le chômage entraîné par le ralentissement de l’économie germanique. La décision de la Banque d’Angleterre d’abaisser son taux de base d’un demi-point en pourcentage à 6,75 % n’a pas eu d’impact positif sur le billet vert même vis-à-vis du sterling, malgré que le marché anticipait une réduction d’un quart de point en pourcentage des taux britanniques. Pourtant, le yen continuait de pâtir de l’annonce par le gouvernement nippon d’un possible retard dans la mise en œuvre d’un nouveau train de baisses d’impôts, initialement prévues pour entrer en vigueur au mois de janvier prochain. En effet, le dollar, qui a perdu du terrain face au deutsche mark et les autres monnaies européennes, continuait à progresser face au yen dans le même élan que la veille, soutenu toujours par les résultats relativement positifs des démocrates aux élections américaines la veille. Il s’est négocié ainsi à New York, comme suit : – 1,6615 pour un sterling contre 1,6610, la veille. – 1,6595 DM contre 1,6660. – 5,5621 FF contre 5,5825. – 1,3640 FS contre 1,3650. – 1641,00 lires contre 1646,50. – 117,80 yen contre 116,60. Bourse de Beyrouth : léger mieux Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est légèrement mieux tenue hier, les actions des Ciments libanais ayant progressé dans une proportion plus grande que la baisse de celles des Ciments blancs. En effet, l’indice général LISPI a augmenté de 0,10 % à 87,45 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu inchangé à 193,31 points. Dans cette évolution, l’activité sur l’ensemble du marché s’est davantage contractée hier, totalisant 61 729 actions d’une valeur globale de 499 453 dollars. Wall Street : hausse en fin de séance À Wall Street, les valeurs américaines ont éprouvé le besoin de souffler un peu hier, après plusieurs séances successives de hausse, sous la pression de quelques dégagements bénéficiaires. Pourtant, après le discours du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, devant la Securities Industry Association à Boca Raton (Floride), le mouvement de baisse de la cote américaine s’est ralenti. Certes, les investisseurs devaient être plus ou moins rassurés par les propos de Greenspan estimant que la crise actuelle des marchés émergents était surmontée et qu’il y aurait le temps de restructurer le système financier international en raison des craintes à s’engager de nouveau massivement dans les pays émergents. Et d’ajouter qu’il est probable que l’actuelle période de crainte des investisseurs va se dissiper et que les différentiels de taux obligataires et de rémunération des liquidités vont revenir à des niveaux normaux. Le sentiment positif à l’égard des valeurs américaines s’est renforcé ensuite à l’annonce par le département américain du Travail que le taux de chômage aux États-Unis est resté inchangé à 4,6 % le mois dernier, comme en septembre, et que l’économie aurait créé quelque 116 000 emplois non agricoles, excluant tout ralentissement de la conjoncture. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est parvenu à remonter la pente d’un plus bas à 8 714,91 points à un plus haut à 8 857,03 points, avant d’afficher en préclôture 8 841,07 points, en hausse de 57,93 points sur la veille. Paris : essoufflement du marché Le marché parisien a connu une séance de consolidation jeudi sous la pression de la faiblesse du dollar et de Wall Street et de la chute de trois poids lourds de la cote: Total, Elf et France Télécom. Le CAC 40, qui avait gagné 2,8 % mercredi, a reperdu 2,39 % à 3 596,18 points alors que le contrat novembre sur le CAC a fini à 3 585 contre 3 695 la veille. Le volume s’est élevé à 12,8 milliards de francs dont 10,7 milliards sur l’indice. Jean-Emmanuel Vernay, opérateur chez Pinatton, a noté qu’à ces niveaux les investisseurs dégagent des liquidités par prudence. «On est monté un peu vite depuis un mois et l’optimisme n’est pas très solide. Le marché bute sur ce seuil des 3 600/3 700. S’il ne le dépasse pas, graphiquement il peut retomber à 3 100», estime-t-il. Londres : en forte baisse La Bourse de Londres a clôturé jeudi en forte baisse, malgré une diminution plus forte qu’attendue du taux de la Banque d’Angleterre, dans le sillage des principales places européennes et de la baisse à Wall Street. À la clôture du marché, l’indice Footsie des cent principales valeurs reculait de 143,1 points à 5 479,8 points, en recul de 2,5 % par rapport à la veille. Quinze valeurs seulement ont terminé en hausse et 85 en baisse. Sur le marché à terme Liffe, le contrat décembre sur le Footsie a clôturé à 5 532 contre 5 674 mercredi soir. Après une ouverture en baisse, le marché avait brièvement salué avec une remontée d’une trentaine de points de l’indice la diminution de 0,50 point du taux de prise en pension de la Banque d’Angleterre – à 6,75 % – alors que les analystes ne tablaient que sur une diminution de 0,25 point. Mais l’indice a rapidement replongé en raison d’inquiétudes renouvelées sur l’état de l’économie. La Banque d’Angleterre a justifié sa décision par la dégradation de l’environnement international et les perspectives d’un recul de l’activité intérieure. Francfort: séance de consolidation La Bourse de Francfort a cédé 1,70 % jeudi, l’indice X-DAX des trente valeurs vedettes échangées sur le marché électronique Xetra tombant à 4 795,28 points, dans un marché soucieux de consolider les gains des jours d’avant. Mercredi, le X-DAX avait bondi de 3,59 % grâce à l’appréciation du dollar, Wall Street et l’envolée de Siemens (+12,40 %). Les prises de bénéfices n’ont pas tardé. Jeudi, l’action du géant de l’électrotechnique, un des poids lourds de la place allemande, a laissé 1,92 %, à 112,45 DM. Siemens a soulevé l’inquiétude de ses salariés et l’enthousiasme des boursiers en annonçant une vaste restructuration et des désinvestissements d’un volume de 17 milliards de DM mercredi. Le Xetra brasse environ les deux tiers des transactions effectuées à Francfort. Sur le marché à la criée, préféré des investisseurs allemands, le DAX a terminé à 4 811,60 points, soit 0,6 % de moins que mercredi. Le niveau du dollar n’a rien fait pour inverser la tendance baissière. Le billet vert a reflué sur le marché des changes francfortois, avec un fixing de 1,6655 DM contre 1,6685 DM la veille. Zurich: affaiblissement de la tendance La Bourse suisse a perdu 2,79% jeudi, l’indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) clôturant en baisse de 187,9 points à 6 557,5 points. La baisse a commencé dès l’ouverture de séance et s’est poursuivie régulièrement jusqu’à la clôture. Les analystes ne s’accordent pas sur la direction du marché à moyen terme, explique un opérateur, et la clôture inchangée de Wall Street mercredi a ajouté à l’indécision. Tokyo: prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse jeudi, sous le coup de prises de bénéfices après les gains de plus de quatre pour cent la veille. Par ailleurs, les investisseurs ont été déçus par la décision gouvernementale de retarder la mise en place des réductions d’impôts annoncées. L’indice Nikkeï a perdu 186,44 points, soit 1,28%, à 14 341,37. Le contrat sur indice a cédé 190 points à 14 260. Les pertes ont toutefois été limitées par la bonne tenue de Wall Street la veille (+0,88 %) et par la remontée du dollar face au yen, ce qui a favorisé les valeurs liées à l’exportation. «Après les gains de mercredi, les prises de bénéfices n’ont pas tardé. Le retard, attendu, dans la mise en place des réductions d’impôts a accéléré le mouvement», a expliqué Yoshikazu Kanbayashi, économiste à Kankalu Research Institute.
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