L’Indonésie va signer une version révisée de son accord avec le FMI lundi prochain, apprend-on officiellement jeudi. Le secrétaire particulier du ministre à la coordination pour l’économie et les Finances, Ginanjar Kartasasmita, a précisé que le document signé serait envoyé sous forme de lettre au Directeur du Fonds, Michel Camdessus, à Washington. Les observateurs s’attendaient généralement à une signature dès jeudi de cette troisième version en six mois d’un accord visant à relancer un processus de réformes jugées nécessaires pour sortir le pays de la crise financière et économique et dont l’application est un préalable au paiement par tranches d’un prêt de 40 mds de dollars accordé par l’organisme international qui a gelé le paiement d’une seconde tranche le mois dernier en constatant que les réformes promises n’étaient guère appliquées. Cependant, des difficultés de dernière minute ont empêché jeudi la signature du texte, le document «n’étant pas prêt» selon une source officielle indonésienne. «Il n’y aura pas de cérémonie officielle de signature aujourd’hui» (jeudi), a déclaré en fin de matinée le secrétaire de M. Ginandjar, M. K. Inugroho. «Le texte n’est pas prêt», a-t-il ajouté sans donner d’uatre détail et sans préciser les points qui restaient à régler et si des négociations, en principe terminées depuis mercredi, étaient prévues ou en cours. Le marché financier de Jakarta n’a pas réagi à l’annonce de la suspension de la signature mais, comme l’indiquent de nombreux opérateurs «ce marché est moribond et il n’y a rien à en attendre». M. Ginandjar avait tenu mercredi à souligner que le président Suharto lui avait demandé que ce nouvel accord soit appliqué. Les ministres des Finances, du commerce et le gouverneur de la Banque centrale à ses côtés, il avait affirmé que son gouvernement «était totalement décidé à l’appliquer car il constituait un engagement national». Quand à M. Stanley Fischer, le numéro deux du FMI, il avait déclaré mercredi à Tokyo que l’accord avait été «discuté très dur et avec beaucoup de soin». «Il est clair, avait-il ajouté, que nous nous posons des questions sur le réel engagement du gouvernement indonésien». L’Indonésie, avait encore dit M. Fischer, «est un pays compliqué et un grand pays et il est partagé entre des intérêts divergents, certains veulent des réformes et d’autres n’en veulent pas». Comme les deux précédents, le nouveau programme de réformes, dont seules les grandes lignes sont connues, maintient et renforce les mesures de transparence, notamment dans le secteur bancaire, ainsi que de lutte contre les monopoles, dont les enfants et les proches du président Suharto sont les principaux bénéficiaires. La non-application de ces mesures avait été, en janvier dernier, directement à l’origine de la décision du FMI de suspendre le versement d’une deuxième tranche d’aide de 3 milliards de dollars à l’Indonésie. Le troisième accord, selon les déclarations des responsables du Fonds, ne prévoit pas de versements à l’Indonésie avant que les mesures de réformes aient commencé à être mises en œuvre «d’une manière effective». Il ne contient aucune des deemandes que le président Suharto, demandant la mise en œuvre d’un «plan FMI-Plus», voulait y faire figurer. Le directeur Asie-Pacifique du Fonds, M. Hubert Neiss, a également indiqué que les progrès effectués seraient contrôlés «quotidiennement» et que le programme du FMI serait «fréquemment revu». Le quotidien «The Jakarta Post» écrit jeudi dans son éditorial que «le gouvernement ne doit pas se sentir blessé ou humilié» par ces dispositions du FMI car il doit rendre compte de ses actes à ses actionnaires. Ce texte dans lequel le FMI ne lâche rien de ses positions de principe, constitue cependant pour beaucoup d’observateurs diplomatiques, une pilule difficile, sinon impossible, à avaler pour le président Suharto, jusqu’à présent habitué à ce que, comme l’Indonésie depuis 32 ans, la communauté internationale se plie à sa volonté. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Indonésie va signer une version révisée de son accord avec le FMI lundi prochain, apprend-on officiellement jeudi. Le secrétaire particulier du ministre à la coordination pour l’économie et les Finances, Ginanjar Kartasasmita, a précisé que le document signé serait envoyé sous forme de lettre au Directeur du Fonds, Michel Camdessus, à Washington. Les observateurs s’attendaient généralement à une signature dès jeudi de cette troisième version en six mois d’un accord visant à relancer un processus de réformes jugées nécessaires pour sortir le pays de la crise financière et économique et dont l’application est un préalable au paiement par tranches d’un prêt de 40 mds de dollars accordé par l’organisme international qui a gelé le paiement d’une seconde tranche le mois dernier en constatant que les...