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Actualités - Reportage

La crise asiatique se tasse, mais la situation reste précaire

La tempête monétaire et financière qui a secoué l’Asie du Sud-Est s’est dans l’ensemble calmée au début de l’année mais la situation dans la région demeure précaire, selon le rapport de l’OCDE.Face à un «ralentissement sensible de l’activité» dans les pays directement frappés par la crise, l’Organisation de coopération et de développement économiques préconise de profonds ajustements économiques. «Tous les pays de la région doivent entreprendre des réformes structurelles de grande ampleur afin d’améliorer le fonctionnement du système financier et d’atténuer les distorsions dont souffre l’économie réelle», affirment les experts de l’OCDE, soulignant qu’il s’agit par ce biais de rétablir la confiance et prévenir de nouvelles crises. Mais la tâche est difficile parce que les gouvernements devront concilier mesures sociales, pour maintenir le consensus autour des réformes, et équilibre des finances publiques à long terme. L’Indonésie, très réticente à administrer les potions amères du Fonds monétaire international, «devra traverser une longue phase d’ajustement avant de connaître une véritable reprise», souligne le rapport. La récession devrait atteindre 8,5% cette année dans ce pays, contre une hausse du PIB de 4,7% l’année dernière. En 1999, la croissance devrait atteindre 2%, selon les prévisions de l’OCDE. La Thaïlande n’échappera pas non plus à la récession (le PIB devrait se contracter de 1,5% cette année après une baisse de 0,4% l’année dernière). Mais, «en partie grâce à l’action ferme et vigoureuse des autorités, le pays a enregistré une dépréciation moins forte de sa monnaie et le fléchissement de l’activité devrait y être moins prononcé». Pour 1999, l’OCDE prévoit un retour à une croissance de 4,5%. Sur la Malaisie planent «de dangereuses menaces», même si son économie doit continuer à croître (+1,4 en 98 et +3,5% en 99) mais à un rythme bien moindre qu’avant la crise (+7,8% en 1997), selon le rapport. Elle doit faire face à un déficit des paiements courants par rapport au PIB, un risque de forte contraction dans le secteur immobilier après des années de fièvre spéculative et des banques très fragiles, indique l’OCDE, soulignant que des mesures ont d’ores et déjà été prises par le gouvernement. Un sérieux coup de pouce... Les Philippines se sont bien mieux tirées de la crise, note l’OCDE, parce que le pays avait déjà pris des mesures salutaires dans les années 80, mais la dette extérieure et un important déficit des comptes courants laissent le pays vulnérable. Reste le cas de la Chine, où «le principal enjeu consiste à maintenir la croissance du PIB réel à un niveau suffisant pour limiter le plus possible toute nouvelle dégradation du chômage», affirme l’OCDE. Pour ce faire, la Chine devra donner un sérieux coup de pouce à la consommation et à l’investissement, ce qui sera d’autant plus difficile «que les investissements directs de l’étranger, originaires pour une bonne part d’autres pays d’Asie, ont beaucoup diminué». Selon l’OCDE, les autorités auront du mal à atteindre leur objectif officiel d croissance de 8% du PIB réel. Certains secteurs de l’économie chinoise souffrent de la crise asiatique (tourisme, exportations) d’autant que le gouvernement se refuse à dévaluer le yuan. En visite à Paris lundi, le premier ministre chinois, Zhu Rongji a affirmé: «Nous allons prendre des mesures afin de maintenir la croissance en Chine à 8% d’ici à la fin de cette année et de stabiliser l’inflation à 3%». Il a reconnu que la croissance était tombée à 7% au début de l’année. Selon les prévisions de l’OCDE, la croissance du Produit national brut réel devrait s’élever à 7,2% cette année et à 7,5% en 1999 pour une hausse de respectivement 1,2 et 2,0% des prix à la consommation. Le rapport tient un langage encore plus direct à propos du Japon, et ouvre son chapitre consacré à ce pays en ces termes: «L’économie japonaise est au bord de la récession». L’OCDE explique que «la modeste reprise de 1995-96 s’est interrompue en raison des restrictions budgétaires de l’année passée, auxquelles se sont ajoutés une crise financière intérieure, due aux effets prolongés de la baisse des prix des actifs, et l’effondrement d’un certain nombre d’économies asiatiques». Le rapport poursuit sur le même ton: «Les responsables de la politique économique sont confrontés à des enjeux énormes». «S’ils veulent convaincre les consommateurs et les investisseurs que la situation est gérée de façon appropriée, ils doivent mettre en œuvre une stratégie globale associant une action déterminée dans le secteur bancaire, un assouplissement rapide de la réglementation et une orientation macroéconomique aussi stimulante que possible». L’OCDE recommande que Tokyo évite toute mesure restrictive «à un moment aussi critique», mais ajoute que «cela semble peu probable à la lecture du projet de budget pour l’exercice 1998» et au vu des mesures envisagées pour réduire le déficit à moyen terme. En matière de relance, «le plus utile serait de mettre en œuvre des réformes fiscales, qui se justifient à la fois par leur incidence à moyen terme sur la structure des incitations et par leurs effets immédiats sur l’activité, et aussi de privilégier les investissements publics qui ont la plus forte rentabilité sociale». Le rapport vient ainsi s’ajouter aux appels adressés de toutes parts aux autorités japonaises pour que celles-ci mettent fin au marasme dans lequel le Japon patauge depuis sept ans, et relance l’activité dans cette région où les autres pays développés, sous l’égide du FMI, ont injecté plus de 100 milliards de dollars pour enrayer les crises financières qui ont commencé avec l’effondrement du baht thaïlandais en juillet 1997. (AFP-Reuters)
La tempête monétaire et financière qui a secoué l’Asie du Sud-Est s’est dans l’ensemble calmée au début de l’année mais la situation dans la région demeure précaire, selon le rapport de l’OCDE.Face à un «ralentissement sensible de l’activité» dans les pays directement frappés par la crise, l’Organisation de coopération et de développement économiques préconise de profonds ajustements économiques. «Tous les pays de la région doivent entreprendre des réformes structurelles de grande ampleur afin d’améliorer le fonctionnement du système financier et d’atténuer les distorsions dont souffre l’économie réelle», affirment les experts de l’OCDE, soulignant qu’il s’agit par ce biais de rétablir la confiance et prévenir de nouvelles crises. Mais la tâche est difficile parce que les...