Le président serbe Milan Milutinovic est rentré les mains vides de Pristina, chef-lieu du Kosovo où, pour la dixième fois mardi, les représentants des Albanais ne sont pas venus au rendez-vous fixé par Belgrade. Avant de quitter le Kosovo, M. Milutinovic a accusé les Albanais de «bloquer le règlement politique» de la crise dans la province et d’avoir «un comportement irresponsable». Les Albanais, 90% de la population du Kosovo, refusent l’autorité de Belgrade et revendiquent l’indépendance ou un statut de république, comme la Serbie et le Monténégro. La visite inattendue de M. Milutinovic à Pristina avait été annoncée lundi par la présidence: «Le président de la République de Serbie a décidé, en raison de l’importance des entretiens avec la minorité nationale albanaise, d’assister au dialogue qui a été convoqué pour demain». M. Milutinovic s’est rendu à Pristina avec la délégation du gouvernement serbe qui tente depuis le 12 mars de rencontrer les représentants albanais. La délégation comprenait aussi, pour la première fois, l’envoyé spécial au Kosovo du président yougoslave Slobodan Milosevic, le vice-premier ministre fédéral Vladan Kutlesic. Mais comme les neuf fois précédentes, les Albanais ne sont pas venus, et la délégation n’a rencontré des représentants de petites minorités du Kosovo, les Roms (tziganes) et les musulmans (non-albanais). Les Albanais n’entendent négocier qu’avec les autorités de la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro). Ils réclament en outre la présence d’un médiateur de la communauté internationale, ce que Belgrade refuse absolument. La nomination récente par M. Milosevic d’un envoyé spécial n’a pas modifié leur résolution. Ils font valoir que même si M. Kutlesic, responsable fédéral, participait à des négociations, elles n’en seraient pas moins menées pour l’essentiel par une délégation serbe, ce dont ils ne veulent pas. «Ce comportement irresponsable des représentants des partis politiques albanais est très significatif, car tout refus sous des prétextes divers ne fait qu’entretenir les tensions et bloquer le processus de règlement politique», a déclaré M. Milutinovic. Le gouvernement serbe «reste patient et ouvert à tout dialogue susceptible de déboucher sur une solution durable et bénéfique à tous au Kosovo», a affirmé le président serbe, qui s’est déclaré «prêt à recevoir (les Albanais) à tout moment à Belgrade». Les Albanais, pour leur part, ont réitéré leur position. «La partie albanaise ne fait qu’insister sur l’application des conclusions du Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie», à savoir un dialogue avec des représentants yougoslaves et la présence d’une tierce partie, a déclaré un porte-parole, Blerim Shala. Il a aussi rappelé que le Groupe de contact (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie) exige que Belgrade retire du Kosovo ses forces spéciales de police. Des opérations de la police serbe fin février et début mars dans la Drenica, une région du centre du Kosovo, ont fait environ 80 morts du côté albanais, dont des femmes et enfants albanais. Sept policiers ont été tués. Les corps de six Albanais ont été découverts lundi dans le sud du Kosovo, un responsable local albanais a déclaré que les six hommes ne semblaient pas avoir été tués par balles et avaient été «probablement battus à mort». En revanche, un communiqué judiciaire cité par l’agence officielle Tanjug indique que les six Albanais étaient «criblés de balles» et avaient été «très vraisemblablement liquidés par des terroristes albanais». Selon ce communiqué, les victimes étaient «des citoyens loyaux de la république de Serbie». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président serbe Milan Milutinovic est rentré les mains vides de Pristina, chef-lieu du Kosovo où, pour la dixième fois mardi, les représentants des Albanais ne sont pas venus au rendez-vous fixé par Belgrade. Avant de quitter le Kosovo, M. Milutinovic a accusé les Albanais de «bloquer le règlement politique» de la crise dans la province et d’avoir «un comportement irresponsable». Les Albanais, 90% de la population du Kosovo, refusent l’autorité de Belgrade et revendiquent l’indépendance ou un statut de république, comme la Serbie et le Monténégro. La visite inattendue de M. Milutinovic à Pristina avait été annoncée lundi par la présidence: «Le président de la République de Serbie a décidé, en raison de l’importance des entretiens avec la minorité nationale albanaise, d’assister au dialogue qui a...