Les caméras vidéo et détecteurs dont Bagdad autorise encore le fonctionnement sont une fraction des moyens de surveillance des experts de l’Onu pour s’assurer que l’Irak ne reconstitue pas un arsenal prohibé. Richard Butler, le chef de la Commission spéciale de l’Onu chargée de désarmer l’Irak (Unscom), a déclaré que ce réseau de caméras et détecteurs était «de faible utilité pour fournir une surveillance crédible» d’éventuelles tentatives de réarmement. Le contrôle à distance «n’est certainement pas suffisant, il ne constitue que 10 % des activités de surveillance», selon le porte-parole de l’Unscom à Bagdad, Caroline Cross. Pour M. Butler, un contrôle efficace «ne peut être fait qu’avec un accès total et immédiat et par l’utilisation de toutes les ressources de surveillance de la commission, en particulier les inspections sur le terrain et surprise». Les bâtons dans les roues de l’Unscom Depuis le 5 août, l’Irak empêche les inspections surprise de sites qu’il n’a pas déclarés et, depuis samedi, toutes les inspections de l’Unscom. Il n’autorise que l’entretien des caméras et des détecteurs. Le contrôle continu des capacités militaires irakiennes, décidé après que les troupes irakiennes eurent été chassées du Koweit en 1991, est une première dans les annales des relations internationales. Aux termes des résolutions de l’Onu, la surveillance à long terme des moyens de production militaire de l’Irak doit se poursuivre même quand les agences de l’Onu auront conclu que ce pays a détruit ses armes prohibées. Les caméras et les détecteurs, opérationnels depuis 1994, permettent de surveiller à distance les installations déclarées, qu’elles soient militaires ou «à double usage», capables d’être utilisées à des fins militaires. Des avions espions Ils sont reliés au Centre de contrôle et de surveillance installé dans un ancien hôtel de Bagdad. Outre les inspections sur place, désormais interdites, qui permettaient des prélèvements d’eau, d’air et de terre, les experts de l’Onu faisaient aussi de la surveillance aérienne. Ils disposent d’une unité d’hélicoptères, d’un avion espion U-2 prêté par les États-Unis, d’un Mirage IV prêté par la France. L’Unscom et Bagdad ne se sont pas mis d’accord sur la base d’opérations d’un Antonov-30 fourni par la Russie. D’après les chiffres irakiens, le centre de surveillance dispose d’un total de 129 caméras et de 27 détecteurs pour la surveillance de 496 sites militaires et industriels en Irak. L’Unscom se refuse à confirmer ces chiffres. Des caméras sont notamment installées sur les sites d’essais balistiques de Yaum Al-Azim et Al-Rafah, à une soixantaine de kilomètres au sud de Bagdad. L’Irak n’a pas le droit de développer des missiles d’une portée supérieure à 150 kilomètres. Selon Houssam Mohammad Amine, chargé de la coordination entre Bagdad et l’Unscom, des caméras installées dans des usines se déclenchent au moindre mouvement, soit lors de l’émanation de chaleur dès que les machines se mettent en marche.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les caméras vidéo et détecteurs dont Bagdad autorise encore le fonctionnement sont une fraction des moyens de surveillance des experts de l’Onu pour s’assurer que l’Irak ne reconstitue pas un arsenal prohibé. Richard Butler, le chef de la Commission spéciale de l’Onu chargée de désarmer l’Irak (Unscom), a déclaré que ce réseau de caméras et détecteurs était «de faible utilité pour fournir une surveillance crédible» d’éventuelles tentatives de réarmement. Le contrôle à distance «n’est certainement pas suffisant, il ne constitue que 10 % des activités de surveillance», selon le porte-parole de l’Unscom à Bagdad, Caroline Cross. Pour M. Butler, un contrôle efficace «ne peut être fait qu’avec un accès total et immédiat et par l’utilisation de toutes les ressources de surveillance de la...