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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Prédominance des incertitudes à Beyrouth

L’ombre des problèmes politiques et régionaux a continué à planer sur le marché des changes de Beyrouth, la semaine dernière, éclipsant les résultats de l’émission d’un milliard de dollars en bons du Trésor libanais souscrits à l’étranger. Ce développement, inattendu pour nombre d’observateurs, après l’abaissement par certaines agences internationales de «rating» de la notation de la dette publique libanaise de «stable» à «négative», témoignant ainsi de la confiance internationale dans les placements en obligations libanaises, ne devait pas avoir encore l’impact positif envisagé sur la monnaie nationale dont la demande restait très réduite malgré son loyer attrayant. De fait, les inquiétudes suscitées par les dissensions politiques intérieures à quelques mois de la présidentielle, et au moment où la proposition israélienne de retrait conditionnel du Liban-Sud ne cesse de nourrir des appréhensions de toutes sortes, sont venues inhiber toutes les nouvelles initiatives sur le marché libanais. Cela étant, l’offre du dollar ne devait pas se développer devant la réticence à la demande de la livre. En effet, les fluctuations de cours se sont maintenues dans des limites assez étroites, au gré du changement du taux d’intervention de la Banque du Liban (B.D.L.) à l’achat et à la vente du dollar. C’est ainsi que le «billet vert» a dû achever la semaine, vendredi dernier, dans une fourchette large comprise entre 1515,00 et 1527,00 L.L. et au taux moyen indicatif de 1521,00 L.L. contre 1515,50/1527,50 L.L. et un taux moyen indicatif de 1521,50 L.L., à la fin de la semaine se terminant au vendredi 27 mars, soit en léger repli, devenu coutumier, de 0,033% en moyenne d’une huitaine à l’autre. Mais, en raison de la réticence persistante du marché à l’offre comme à la demande, le dollar a continué d’être pratiquement négocié dans les échanges interbancaires au point supérieur d’intervention de la B.D.L. Il a ainsi été placé effectivement à la fin de la semaine dernière dans une marge étroite entre 1526,75 et 1527,25 L.L., avec un point d’ancrage à 1527,00 L.L., après que la B.D.L. eut abaissé son taux d’intervention à la vente du dollar de 1527,50 à 1527,00 L.L. dès jeudi dernier, tout en maintenant son taux à l’achat , qui l’avait abaissé deux jours plus tôt de 1515,50 à 1515,00 L.L., en l’état, contre 1527,25/1527,75 L.L. et avec un point d’ancrage à 1527,50 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 27 mars, en léger repli également de 0,033% en moyenne. Le dollar en vedette à l’étranger A l’étranger, le dollar a tenu la vedette sur les marchés des changes internationaux, la semaine dernière, dopé par le nouvel accès de faiblesse du yen et les inquiétudes entourant le lancement d’un «euro» faible début 1999, et tout cela dans un environnement économique favorable aux placements aux Etats-Unis. Le «billet vert» est parvenu ainsi à franchir allègrement le seuil des 135,00 yen, pour la première fois depuis septembre 1991, et celui de 1,85 D.M., jamais atteint depuis octobre dernier. A cela aurait contribué une fuite massive des capitaux nippons et étrangers placés au Japon vers des actifs américains, après que l’agence «Moody’s» de «rating» eut révisé à la baisse sa notation de la dette japonaise de «stable» à «négative». Cela d’autant que le ministre japonais du Plan, Koji Omi, estimait que les conclusions de l’enquête trimestrielle de la Banque du Japon (Tankan), rendue publique jeudi dernier, montraient que la confiance des consommateurs, des entreprises, et de l’économie en général se trouvait dans un état «très grave» et que des mesures de poids, autres que celles envisagées par le plan de relance économique d’un montant de 123 milliards de dollars, devenaient nécessaires. De plus, une déclaration faite, jeudi dernier, par un membre de la Bundesbank, Reimut Jochimsen, selon laquelle une Union économique et monétaire européenne large pourrait tourner à «la catastrophe» dans la mesure où des onze pays candidats, certains (dont l’Italie, la Belgique, le Portugal et l’Espagne) ne sont pas parvenus encore à un assainissement durable de leurs finances, est venue jeter du froid sur le marché des monnaies des autres pays de l’Union européenne, notamment le deutschemark. La crainte que les monnaies fortes de l’euro devraient supporter les monnaies faibles qui le composent semble expliquer ce mouvement qui a largement bénéficié lui aussi au dollar qui représente une «monnaie-refuge». A tout cela se sont ajoutées les meilleures performances de l’économie américaine dont la vigueur ne semble guère s’accompagner d’une surchauffe tant redoutée par la Réserve fédérale (Fed). Ainsi, après que celle-ci eut observé un statu quo monétaire, mardi dernier, à l’issue de la réunion du comité de l’open market, sa décision ne tardait pas à être justifiée par les nouvelles statistiques américaines. A cet égard, les opérateurs ont été fort rassurés à la veille du week-end par la légère progression du taux de chômage à 4,7% en mars, contre 4,6% en février, surtout qu’ils eurent appris que 36.000 suppressions d’emplois non agricoles étaient enregistrées contre 310.000 créations d’emplois pendant la même période. Le sentiment que l’économie américaine évolue sans surchauffe a été renforcé aussi par la diminution de 0,9% des commandes à l’industrie en février, contre une augmentation de 0,6% en janvier et par la faible hausse de 0,3% des dépenses à la construction contre 0,7% pendant la même période, ainsi que par le recul de l’indice de confiance des consommateurs établi par le «Conference Board» de 137,4 points en février, à 134,3 points le mois dernier. En effet, l’annonce par les directeurs d’achats aux Etats-Unis (N.A.P.M.) que leur indice mensuel avait progressé, après correction, de 53,3 points en février, à 54,8 points le mois dernier, de même que celui des directeurs d’achats de Chicago de 57,8 à 59,5 points pendant cette même période, ainsi que la nouvelle progression de 4,8% des ventes de logements neufs en février, après une hausse de 5,2% en janvier, ne devaient en rien compromettre la bonne orientation de l’économie américaine dans la voie d’une croissance non inflationniste. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar est resté activement recherché contre toutes les autres grandes monnaies, achevant la semaine, à New York, vendredi dernier, en comparaison avec la semaine se terminant au vendredi 27 mars, en sensible hausse, comme suit : — 1,6595 pour un sterling contre 1,6830 (+1,42%). — 1,8475 D.M. contre 1,8265 (+1,15%). — 1,5245 F.S. contre 1,4970 (+1,84%). — 6,1910 F.F. contre 6,1210 (+1,14%). — 1821,00 lires contre 1800,00 (+1,17%). — 135,10 yen contre 130,35 (+3,64%). Reprise de l’or Les cours de l’or se sont repris pendant la deuxième moitié de la semaine dernière, consécutivement à la hausse des prix pétroliers, après l’accord conclu entre les pays de l’O.P.E.P. sur la réduction de la production du brut. C’est ainsi que le métal fin ne tardait pas à être soutenu par les craintes inflationnistes liées à ce phénomène, le faisant remonter, vendredi dernier, à New York, à 308,00 dollars l’once contre 303,10 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 27 mars, en hausse de 1,62% en moyenne. En parallèle, l’argent-métal s’est encore apprécié dans une proportion plus grande que l’or, achevant la semaine, à New York, vendredi dernier, à 6,55 dollars l’once contre 6,31 dollars, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 27 mars, en hausse de 3,80% en moyenne.
L’ombre des problèmes politiques et régionaux a continué à planer sur le marché des changes de Beyrouth, la semaine dernière, éclipsant les résultats de l’émission d’un milliard de dollars en bons du Trésor libanais souscrits à l’étranger. Ce développement, inattendu pour nombre d’observateurs, après l’abaissement par certaines agences internationales de «rating» de la notation de la dette publique libanaise de «stable» à «négative», témoignant ainsi de la confiance internationale dans les placements en obligations libanaises, ne devait pas avoir encore l’impact positif envisagé sur la monnaie nationale dont la demande restait très réduite malgré son loyer attrayant. De fait, les inquiétudes suscitées par les dissensions politiques intérieures à quelques mois de la présidentielle, et au...