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Actualités - Chronologie

Irlande : 26 ans après le Bloody Sunday, l'enquête repart à zéro

Vingt-six ans après les faits, une nouvelle enquête s’est ouverte vendredi sur le «Bloody Sunday», l’épisode le plus controversé du conflit en Irlande du Nord au cours duquel 14 manifestants catholiques avaient été tués par l’armée britannique. Symboliquement, c’est par une visite à Londonderry — le lieu du massacre du 30 janvier 1972 — que les trois magistrats désignés pour rouvrir ce dossier qui empoisonne les relations anglo-irlandaises devaient donner le coup d’envoi de leurs travaux. Les juges, un Britannique, un Néo-zélandais et un Canadien, n’entreront dans le vif du sujet qu’à l’automne avec le début des auditions, mais la cérémonie de Londonderry prend une signification particulière au moment où les pourparlers de paix se trouvent dans une phase décisive. Le premier ministre Tony Blair a fait une concession de taille aux catholiques en acceptant le 29 janvier dernier de réexaminer la responsabilité des soldats britanniques dans le massacre, malgré les réticences de sa hiérarchie militaire. Le «Dimanche sanglant» reste une plaie ouverte dans la mémoire collective des nationalistes irlandais, au nord comme au sud de l’île. «Jamais je ne pourrais oublier ce jour là. L’armée britannique a tiré sur des hommes désarmés qui cherchaient à se protéger», raconte Gerry Duddy, 41 ans, avec une colère à peine contenue malgré les années. Son frère de 17 ans avait été à l’époque abattu d’une balle dans le dos. Tout avait pourtant débuté par une manifestation calme de plusieurs milliers de catholiques (entre 5.000 et 30.000 selon les sources), officiellement interdite mais tolérée par la police. Ils entendaient dénoncer le régime d’internement sans procès alors en vigueur en Ulster. Une heure et demie après le début de la marche, 14 personnes, dont six mineurs de 17 ans, gisaient morts sur le pavé, victimes des tirs d’une unité d’élite de parachutistes. La tuerie avait marqué un tournant, en attirant brutalement l’attention du monde entier sur les troubles en Ulster nés trois ans plus tôt. Elle avait aussi contraint Londres à s’impliquer totalement dans le conflit en suspendant le Parlement local honni des catholiques puis en imposant son administration directe sur la province. «C’était une manifestation totalement pacifique. Soudain, les tirs ont retenti et tout le monde s’est mis à courir pour se mettre à l’abri», affirme Gerry Duddy qui, malgré ses 14 ans, avait défilé ce jour-là avec sa famille. Le rapport d’enquête, rendu à l’époque par le plus haut magistrat britannique, avait blanchi l’armée, concluant qu’elle avait fait feu pour riposter. Une version jamais acceptée par les catholiques qui, des années durant, ont exigé en vain de nouvelles investigations. Il a fallu un quart de siècle au gouvernement britannique pour accepter de reconsidérer la thèse officielle. Plusieurs facteurs ont joué: l’accumulation de témoignages concordants certifiant que les victimes n’étaient pas armées, les pressions croissantes de Dublin et surtout l’arrivée au pouvoir en mai 1997 des travaillistes, moins enclins que les conservateurs à se plier aux exigences des protestants d’Ulster et désireux de parvenir rapidement à un accord de paix. (AFP)
Vingt-six ans après les faits, une nouvelle enquête s’est ouverte vendredi sur le «Bloody Sunday», l’épisode le plus controversé du conflit en Irlande du Nord au cours duquel 14 manifestants catholiques avaient été tués par l’armée britannique. Symboliquement, c’est par une visite à Londonderry — le lieu du massacre du 30 janvier 1972 — que les trois magistrats désignés pour rouvrir ce dossier qui empoisonne les relations anglo-irlandaises devaient donner le coup d’envoi de leurs travaux. Les juges, un Britannique, un Néo-zélandais et un Canadien, n’entreront dans le vif du sujet qu’à l’automne avec le début des auditions, mais la cérémonie de Londonderry prend une signification particulière au moment où les pourparlers de paix se trouvent dans une phase décisive. Le premier ministre Tony Blair...