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Actualités - Chronologie

Japon : forte détérioration de la confiance des entreprises

La confiance des entreprises nippones s’est fortement dégradée en mars par rapport à décembre, toutes catégories confondues, révèle la dernière enquête trimestrielle de la Banque du Japon (BoJ). La Banque centrale a publié son étude (Tankan) quelques minutes après le départ pour Londres du premier ministre Ryutaro Hashimoto qui, lors du sommet Europe-Asie, aura du mal à convaincre ses pairs de la détermination de Tokyo à sortir de l’ornière et à assurer le redressement de l’Asie. L’enquête de la BoJ montre que la confiance de toutes les catégories d’entreprises, petites ou grandes, industrielles ou non, a fortement baissé en l’espace de trois mois. L’indice de diffusion des grandes entreprises, principale mesure de la confiance, a baissé à -31 contre -11 en décembre, soit son niveau le plus faible depuis août 1994. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne -23 et les entreprises concernées prévoyaient elles-mêmes un indice à -15 dans le précédent Tankan. Hors industrie, l’indice de confiance des grandes entreprises recule à -30, contre -28 attendu par les économistes et une prévision de -22 dans le Tankan de décembre. Ces chiffres représentent la différence des sociétés faisant état de conditions favorables avec celles signalant des conditions défavorables. Un indice négatif montre que les entreprises pessimistes dépassent en nombre les optimistes. Le sentiment déjà négatif des petites et moyennes entreprises s’est encore dégradé, tandis que les grandes sociétés prévoient pour la première fois depuis quatre ans une baisse de leurs investissements pour l’exercice qui a débuté mercredi. Confirmant un phénomène d’assèchement du crédit («credit crunch»), les PME ont noté qu’elles avaient de plus en plus de mal à obtenir des prêts bancaires. Les grandes entreprises ont également fait état d’une détérioration dans ce domaine. Mauvaise nouvelle pour l’Asie Pour bon nombre d’économistes, l’enquête de la BoJ montre que le Japon est en récession. «C’est tout à fait catastrophique», dit ainsi Russell Jones, principal économiste pour l’Asie de Lehman Brothers Japon. «La confiance des entreprises est au plus bas, le niveau des stocks a augmenté, les perspectives de bénéfice sont négatives ou au mieux stables, les prévisions d’investissement sont en baisse et la perception d’un assèchement du crédit est très forte». Les investisseurs se sont ralliés à ce point de vue. La Bourse de Tokyo a chuté de 538,76 points ou 3,32% à 15.702, terminant à son plus bas niveau depuis la mi-janvier, et même le marché obligataire, où habituellement les mauvaises nouvelles font monter les cours, a pris peur. Les opérateurs du marché obligataire craignent que le gouvernement ne soit maintenant obligé d’étoffer sérieusement son plan de relance de 16.000 milliards de yens (119 millions de dollars) qui a été annoncé en mars mais dont le contenu reste à définir. Pour Russell Jones, le dernier Tankan constitue «un avertissement très clair pour les responsables politiques, tant au ministère des Finances qu’à la Banque du Japon: le pays a besoin d’une relance réelle, et le plus tôt sera le mieux». L’enquête de la BoJ est aussi une mauvaise nouvelle pour les économies asiatiques à la recherche d’une locomotive, soulignent les économistes. «C’est un vote de défiance envers le dernier plan de relance en tant que locomotive du redressement asiatique», commente Ken Davies, de l’Economist Intelligence Unit à Hong Kong. Le Tankan montre que les entreprises japonaises ne croient pas au succès des mesures gouvernementales, «alors que l’Asie a besoin par-dessus tout d’une solide reprise au Japon», renchérit Geoff Lewis, de Dresdner Kleinwort Benson. «Normalement le gouvernement japonais ne prend pas d’action décisive tant que les choses ne prennent pas des proportions de crise. Eh bien le Tankan nous dit que la crise est bel et bien là», conclut-il. Le Japon absorbe 20% des exportations de l’ensemble de l’Asie, devancé par les seuls Etats-Unis qui en prennent environ la moitié. (Reuters)
La confiance des entreprises nippones s’est fortement dégradée en mars par rapport à décembre, toutes catégories confondues, révèle la dernière enquête trimestrielle de la Banque du Japon (BoJ). La Banque centrale a publié son étude (Tankan) quelques minutes après le départ pour Londres du premier ministre Ryutaro Hashimoto qui, lors du sommet Europe-Asie, aura du mal à convaincre ses pairs de la détermination de Tokyo à sortir de l’ornière et à assurer le redressement de l’Asie. L’enquête de la BoJ montre que la confiance de toutes les catégories d’entreprises, petites ou grandes, industrielles ou non, a fortement baissé en l’espace de trois mois. L’indice de diffusion des grandes entreprises, principale mesure de la confiance, a baissé à -31 contre -11 en décembre, soit son niveau le plus faible...