Les inspections des sites présidentiels irakiens commencées jeudi dernier touchent à leur fin et se déroulent jusqu’à présent «sans incidents», a indiqué hier le responsable de ces visites. Six sites sur huit ont déjà été inspectés, Radwaniya (15 km à l’ouest de Bagdad), Takrit, Jabal Mokhoul et Mossoul (Nord), Tharthar (110 km au nord-ouest de Bagdad) et Bassorah (Sud). Les deux autres le seront dans les deux jours à venir, a déclaré à la presse le diplomate sri-lankais Jayantha Dhanapala, chef du groupe spécial formé pour ces inspections. Créé par un accord du 23 février entre le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz, ce groupe est composé d’experts de la Commission spéciale de l’ONU chargée du désarmement de l’Irak (UNSCOM), de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de vingt diplomates. D’ailleurs, les modalités de cet accord ont été à nouveau évoquées hier par M. Kofi Annan avec les autorités chinoises à Pékin où il se trouve en visite officielle. Selon M. Dhanapala, l’inspection des deux derniers sites devrait se terminer «dans les deux prochains jours» et les visites auront été effectuées selon le programme prévu, soit en dix jours au maximum. Les membres du groupe spécial observent un black-out complet sur les résultats des inspections mais le porte-parole de l’UNSCOM Janet Sullivan et M. Dhanapala s’accordent pour affirmer que «tout se passe bien jusqu’à présent». Le diplomate sri-lankais a ajouté mardi que les visites se déroulaient avec «l’entière coopération du gouvernement irakien». Des palais d’hôtes Le groupe est accompagné dans les visites par des responsables irakiens, notamment M. Aziz et le ministre du Pétrole, le général Amer Rachid. Les visites ne sont jamais annoncées à l’avance pour préserver le caractère de surprise. Le programme est décidé par les experts de l’UNSCOM, qui sont avec ceux de l’AIEA chargés de la partie technique des inspections. Ils sont seulement «accompagnés» par les diplomates dont la présence répond au souci de respecter la souveraineté de l’Irak. Les diplomates sont avares de détails sur ces sites dont l’ensemble couvre 31,5 km2 et sont composés de 1.080 bâtiments. M. Dhanapala a toutefois précisé qu’il s’agissait principalement de «palais d’hôtes» (guest houses) pourvus de pavillons annexes et de dépendances. Selon un diplomate occidental qui a visité l’un des sites en décembre et qui a requis l’anonymat, il s’agit «d’amples résidences avec parcs, casernes militaires, lacs artificiels où l’Irak reçoit des hôtes étrangers, où les officiels viennent se reposer, où leurs proches peuvent vivre, les complexes disposant d’écoles, et où le président irakien peut recevoir la population». «L’architecture externe et la décoration interne est grandiose et conforme à l’image de gigantisme et de solennité pour tout ce qui est officiel en Irak», a-t-il ajouté. Pour un autre diplomate membre du groupe spécial, qui parlait également sous le couvert de l’anonymat, «il est invraisemblable que les Irakiens aient camouflé des armes de destruction massive dans ces endroits où les officiels peuvent résider ainsi que quelquefois leurs familles». «Ces visites n’apporteront pas de découvertes, mais il s’agit d’inspections à caractère symbolique, pour bien marquer qu’il n’y a pas de sanctuaires pour les inspecteurs de l’UNSCOM», a-t-il expliqué. Il a toutefois estimé que «les modalités de surveillance à long terme pourront poser des problèmes si elles ne sont pas fixées». «Imaginez-vous ce qui pourrait se passer si une visite surprise est décidée alors que le président Hussein tient son Conseil des ministres ou pire une visite de nuit alors qu’il y réside», a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont averti que conformément à l’accord, les inspections surprise devraient pouvoir se poursuivre sur le long terme pour juger de la bonne volonté de l’Irak et décider d’un retrait des forces américaines encore déployées dans le Golfe. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les inspections des sites présidentiels irakiens commencées jeudi dernier touchent à leur fin et se déroulent jusqu’à présent «sans incidents», a indiqué hier le responsable de ces visites. Six sites sur huit ont déjà été inspectés, Radwaniya (15 km à l’ouest de Bagdad), Takrit, Jabal Mokhoul et Mossoul (Nord), Tharthar (110 km au nord-ouest de Bagdad) et Bassorah (Sud). Les deux autres le seront dans les deux jours à venir, a déclaré à la presse le diplomate sri-lankais Jayantha Dhanapala, chef du groupe spécial formé pour ces inspections. Créé par un accord du 23 février entre le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz, ce groupe est composé d’experts de la Commission spéciale de l’ONU chargée du désarmement de l’Irak (UNSCOM), de l’Agence...