Située en avant du larynx, cette glande endocrine est un organe à caprices. Elle pèse moins de 30 g et a l’aspect d’un petit nœud décoratif. Mais gare à ses sautes d’humeur. D’autant plus que, selon les dernières constatations, ses troubles de comportement accusent une fréquence sensiblement supérieure à celle des années 70 et 80. Même si on sait (sans pouvoir encore l’expliquer) que les femmes ont plus souvent des ennuis avec elle que les hommes (trois femmes pour un homme dans les pays développés), on est en droit de se demander que faut-il faire pour être dans ses bonnes grâces et ménager sa colère. La thyroïde est l’alliée des pays proches de la mer. Ses problèmes, au bord de la grande bleue, perdent leur acuité mais, hélas, non point leur existence. La raison? Purement diététique. Les voisins de ses côtes mangent des aliments qui contiennent de l’iode en grande quantité. L’iode, que cette glande capricieuse affectionne particulièrement, est un micro-élément indispensable, autant à son activité qu’à la synthèse de ses hormones. Or la vie actuelle, basée sur l’esthétique (gare à l’embonpoint) et l’hygiène alimentaire (gare au sel), n’est pas faite pour stimuler les faveurs de la thyroïde. Le stress, de son côté, qu’on soit du sexe fort ou du sexe beau, augmente sensiblement l’offense faite à la thyroïde. À haute dose, il entraîne une hyperthyroïdie si le terrain est prédisposé. Mais comment savoir si on l’est ou pas? Avec un minimum de logique. Une maladie grave et fatale, chez un être proche, ou toute autre émotion violente et brutale sont susceptibles d’entraîner une réaction de la thyroïde. Vient ensuite le facteur génétique. Sans être des affections «hériditaires et encore moins génétiques», les troubles thyroïdiens opèrent par familles: dysfonctionnement et anomalies, d’origine auto-immune, sont fréquents au sein d’un même groupe familial. Les signaux d’alarme Si on se met à maigrir, sans rien modifier à sa façon de s’alimenter, si on supporte très mal la chaleur et qu’on suffoque même par temps froid; si on remarque que sa peau devient plus douce et moite, il serait bon de signaler ces faits à un endocrinologue. Il en est de même si on se sent devenir hyperactif, irritable, agité, avec un cœur battant la chamade et un léger tremblement installé en permanence. Ces signes dénotent une sécrétion, anormalement haute, des hormones de la thyroïde (hyperthyroïdie). En revanche, si en mangeant normalement sa quantité habituelle d’aliments on prend du poids; si on devient frileux, somnolent, asthénique, apathique (désintéressé à tout) avec une peau froide et épaissie, on souffre, peut-être, d’une insuffisance thyroïdienne. Il en est de même si son rythme cardiaque est ralenti, le taux de cholestérol en hausse et le transit intestinal lent et paresseux. La palpation de la glande par l’endocrinologue permet de repérer, dans un nombre de cas face à ces anomalies, un goitre ou des nodules. Les examens (dosage des hormones, présence d’anticorps qui trahiraient la survenue d’une maladie auto-immune) et les tests radiographiques (échographie, scintigraphie) aideront à établir le diagnostic. Nodules et goitre Les nodules sont de petites grosseurs localisées, difficiles à repérer soi-même. Des examens poussés sont nécessaires pour confirmer leur présence, mais aussi pour poser un diagnostic précis. En cas de réponse affirmative, quant à leur présence, il est tout à fait inutile de s’alarmer. Quatre-vingt-dix pour cent des nodules sont bénins. Ils doivent quand même être contrôlés, deux fois par an, pour éviter une évolution à risques, et traités avec des extraits hormonaux adéquats. En ce qui concerne le goitre, si le cou grossit (on s’en aperçoit à la palpation, à l’œil ou en fermant le col de sa chemise), il faudrait demander l’avis de l’endocrinologue, car ceci indique que le goitre acquiert une dimension importante. C’est ce spécialiste qui saura s’il s’agit d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie et prescrira le traitement convenable. Une évolution qui influe ou entrave la respiration ou la déglutition et modifie la voix impose généralement une intervention chirurgicale. Des traitements efficaces Si la thyroïde s’avère trop active, produisant plus d’hormones qu’il n’en faut, on est confronté à une hyperthyroïdie. Dans le cas contraire, sa sous-production se traduit par une insuffisance hormonale et constitue l’hypothyroïdie. Le goitre est une augmentation, plus ou moins importante, du volume de la glande même. Tandis que les nodules sont de petits nœuds ou des kystes qui se développent sur la thyroïde. Il s’agit, en fait, d’anomalies purement morphologiques qui peuvent être associées à une hyperthyroïdie ou à une hypothyroïdie sans que ce fait soit systématique. Face à ces anomalies, la médecine propose un arsenal thérapeutique efficace. Les hormones de synthèse s’adressent à l’hypothyroïdie. Pour le cas opposé, l’hyperthyroïdie, il existe trois solutions: les antithyroïdiens de synthèse (efficaces et bien tolérés). La chirurgie (ablation partielle ou totale de la glande) et l’hormonothérapie de synthèse, par la suite pour suppléer au manque des sécrétions naturelles, représentent la seconde voie de traitement. La troisième, c’est le traitement à l’iode radioactif, en milieu hospitalier. Sans être traumatisant, il entraîne, toutefois, dans la majorité des cas, à plus ou moins longue échéance, une hypothyroïdie, à traiter par hormones de synthèse.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Située en avant du larynx, cette glande endocrine est un organe à caprices. Elle pèse moins de 30 g et a l’aspect d’un petit nœud décoratif. Mais gare à ses sautes d’humeur. D’autant plus que, selon les dernières constatations, ses troubles de comportement accusent une fréquence sensiblement supérieure à celle des années 70 et 80. Même si on sait (sans pouvoir encore l’expliquer) que les femmes ont plus souvent des ennuis avec elle que les hommes (trois femmes pour un homme dans les pays développés), on est en droit de se demander que faut-il faire pour être dans ses bonnes grâces et ménager sa colère. La thyroïde est l’alliée des pays proches de la mer. Ses problèmes, au bord de la grande bleue, perdent leur acuité mais, hélas, non point leur existence. La raison? Purement diététique. Les voisins de...