Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Au Goethe-Institut-Manara Gaswan Zerikly : nuances beethovéniennes ... (photo)

On l’avait applaudi il y a quelques années à Beyrouth dans plus d’un concert à mille notes merveilleuses... On le retrouve aujourd’hui avec un plaisir renouvelé, encore plus mûr dans son jeu et réservant aux auditeurs un programme haut de gamme, dominé par un choix d’un romantisme absolu. Gaswan Zerikly, élève du Conservatoire de Damas, a fait ses classes à l’Académie de musique de Berlin et a suivi avec distinction les «masterclass» de D. Zechlin. Par la suite il a fréquenté le Conservatoire Tchaikovsky de Moscou pour parfaire sa formation sous la direction de G. Axelrod. Auréolé de prix internationaux (Portugal, Espagne, Russie) Zerikly donne actuellement de nombreux concerts qui le mènent aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, en Asie et en Afrique. Pour son périple libanais (il se produira à Beyrouth, Jounieh, Tripoli et Byblos) il a concocté un programme compact qui n’offre aux mélomanes que la voix de Beethoven. Mais quelle voix! Déferlements et murmures de l’un des plus brillants princes du clavier. Au menu, deux œuvres magistrales et ardues : la sonate n° 29 (op 106 en B dur) et la sonate n° 32 (op 111 en c-moll). Deux œuvres puissantes, intenses, graves, d’une grande beauté sonore. Dès les premières mesures de ce fougueux «allegro» de la «HammerKlaviersonate» n° 29 le ton est donné. Passion, propos fiévreux, émotion, confidences, larmes et sourires, voilà l’univers fourmillant d’une vie intérieure impétueuse de l’auteur de la «Pathétique» transcrit avec un lyrisme échevelé. Pages éblouissantes révélant à la fois les innombrables ressources et les étonnantes possibilités sonores du piano et déclinant en même temps avec subtilité la gamme de sentiments multiples qui habitaient jusqu’au sublime égarement ce compositeur de génie touché par la grâce et la tourmente du romantisme. Longue sonate à la narration fluide et imprévisible allant des paisibles moments d’accalmie (lumineux largo telle une embellie portée par un rai de lumière) jusqu’aux bouillonnements telle une lave (ce scherzo palpitant) en passant par des chromatismes liquescents où se mêlent les élans du cœur, les déchirements des séparations et l’amertume des déceptions. Bouquet de notes vives et enflammées, scintillantes tel un diamant brut. Il est évident que la musique du maître de Bonn n’a pas fini de nous séduire, de nous surprendre et surtout de nous envoûter... Après l’entracte, comme si l’esprit de l’auteur de «Fidelio» avait investi les lieux, les premiers accords de la sonate n° 32 (op 111 en c-moll), la dernière sonate que Beethoven eut écrite, s’enchaînèrent naturellement dans le sillage de l’œuvre précédente. Majestueuses, en effet, sont les premières phrases de cette œuvre dédiée à l’archiduc Rodolphe et composée à l’époque justement de la reprise de «Fidelio» dont elle présente des réminiscences... Le thème rythmique de l’introduction reprend, note pour note, le motif de Leonore lorsque Florestan dans sa prison évoque le nom de son épouse. Motif qu’on perçoit et retrouve au début du premier thème, passionné de l’allegro... L’arietta en ut majeur atteint une suprême grandeur par son thème dépouillé et ce trille insistant qui passant du forte au pianissimo, monte dans un émouvant chromatisme... Sonorités chaudes et profondes, phrasé parfait, et cette simplicité propre aux vrais musiciens sont les attributs de Gaswan Zerikly longuement applaudi par un public conquis par cette soirée — phénomène rare — exclusivement beethovénienne.
On l’avait applaudi il y a quelques années à Beyrouth dans plus d’un concert à mille notes merveilleuses... On le retrouve aujourd’hui avec un plaisir renouvelé, encore plus mûr dans son jeu et réservant aux auditeurs un programme haut de gamme, dominé par un choix d’un romantisme absolu. Gaswan Zerikly, élève du Conservatoire de Damas, a fait ses classes à l’Académie de musique de Berlin et a suivi avec distinction les «masterclass» de D. Zechlin. Par la suite il a fréquenté le Conservatoire Tchaikovsky de Moscou pour parfaire sa formation sous la direction de G. Axelrod. Auréolé de prix internationaux (Portugal, Espagne, Russie) Zerikly donne actuellement de nombreux concerts qui le mènent aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, en Asie et en Afrique. Pour son périple libanais (il se produira à...