Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à travers la France pour dénoncer le Front national (FN) et les alliances de la droite modérée avec l’extrême-droite. Un «Comité national de vigilance contre l’extrême-droite», qui fédère une quarantaine d’organisations rassemblant la gauche politique, syndicale et associative, avait appelé à «des manifestations citoyennes». Les manifestants entendaient exprimer leur «rejet du fascisme», à la suite de l’élection à l’aide de voix d’élus du FN de cinq présidents de régions issus de la droite modérée. L’extrême-droite avait provoqué un véritable séisme politique après les élections régionales du 15 mars, et fait imploser une des deux principales composantes de la droite parlementaire, l’UDF, en lui proposant ses voix pour élire les présidents des conseils régionaux. Dans la capitale, un cortège de quelque 20.000 personnes (selon la police) a défilé derrière une banderole portant l’inscription «Ensemble pour la liberté, l’égalité, la fraternité». Des estimations du Comité de vigilance prévoyaient 30.000 à 50.000 manifestants. «Touche pas à la République», «Le racisme est un affront national», «Contre les liaisons dangereuses», pouvait-on lire sur les banderoles. «Cela permet d’apporter une réponse morale, mais la réponse morale ne suffit pas, il faut aussi apporter des réponses sociales fortes pour permettre de faire reculer le Front national», a déclaré le leader du Parti communiste, Robert Hue, en tête du cortège. Dans le sud du pays, 2.000 personnes à Marseille et entre 7.000 et 10.000 à Montpellier, où l’UDF Jacques Blanc a été élu président de région avec des voix FN, ont manifesté contre le parti de Jean-Marie Le Pen. A Toulouse (sud-ouest), entre 5.000 et 10.000 personnes se sont réunies, parmi lesquelles des élus de gauche mais aussi l’UDF André Trigano, doyen d’âge du conseil régional de Midi-Pyrénées. Bordeaux (sud-ouest) a également vu défiler quelques milliers d’opposants au FN. A Strasbourg (est), ils étaient 2 à 3.000 à défiler, brandissant des pancartes montrant des camps nazis avec en rouge l’interrogation «un détail»? (allusion aux déclarations de Jean-Marie Le Pen assimilant le génocide des juifs à un «point de détail»). Un signal fort contre le «fascisme» Dans l’ouest, à Rennes, un cortège coloré de 2.000 personnes, selon la police, a arpenté les rues du centre-ville derrière une banderole frappée de l’inscription «contre le F Haine». A Lyon (centre-est), près de 6.000 personnes, selon la police, plus de 14.000 selon les organisateurs, ont également manifesté, en particulier contre la réélection de l’UDF Charles Millon à la tête de l’exécutif régional grâce aux voix du Front national. Dans le sud-est, 10.000 personnes, selon les manifestants, et 8.000 selon la police, ont défilé dans les rues de Grenoble pour réclamer la démission de Charles Millon, «otage du Front national». On relevait aussi 2.700 personnes à Nîmes (sud) selon la police, à Nice, à Limoges (centre). En Bretagne (ouest), la police a recensé des manifestations de plusieurs centaines à un millier de manifestants dans une dizaine de villes. A Lille, dans le nord, quelque 200 personnes, selon les organisateurs, 1800 selon la police, ont participé à la manifestation anti-FN. Huit mille personnes selon les organisateurs, 2.500 selon la police, ont défilé à Amiens. Les organisateurs de cette journée avaient trois objectifs: envoyer un«signal citoyen fort du rejet du fascisme en France», montrer l’unité de la gauche face à l’implosion de la droite, attirer des «républicains» de l’autre camp sensibles au discours du président Jacques Chirac contre le danger du FN. «Une course de vitesse est d’ores et déjà engagée avec le Front national», estimait le Comité de vigilance. (AFP)
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