La France et l'Italie précurseurs des 35 heures en Europe
le 23 mars 1998 à 00h00
Les gouvernements français et italien ont maintenu le cap d’une réduction généralisée du temps de travail, devenant les précurseurs des 35 heures en Europe, malgré une opposition irréductible du patronat dans les deux pays et un accueil partagé des syndicats. En France, où les députés examinent à partir de mardi un projet de loi en seconde lecture, le gouvernement de gauche de Lionel Jospin a retenu le 1er janvier 2000 pour le passage aux 35 heures des entreprises de plus de 20 salariés, les plus petites disposant de deux ans supplémentaires. La coalition italienne de centre-gauche, menée par Romano Prodi, s’est engagée en octobre dernier à présenter un projet de loi visant à instaurer les 35 heures dans les entreprises de plus de 15 salariés en 2001, afin de mettre fin à une grave crise avec ses alliés communistes. Si le patronat français, le CNPF, et son homologue italien, la Confindustria, ne sont pas opposés «idéologiquement» au principe d’une réduction de la durée du travail, ils refusent en revanche catégoriquement une loi instaurant les 35 heures «générales et uniformes» avec date butoir. Leurs présidents respectifs, Ernest-Antoine Seillière et Giorgio Fossa, s’étaient rencontrés en février à Paris pour faire front commun contre ces projets. Confronté à une Confindustria qui a claqué mercredi la porte des discussions patronat-gouvernement-syndicats sur les 35 heures en menaçant de déclarer «caduc» le principe de la concertation sociale et de revenir sur plusieurs accords nationaux, M. Prodi n’a pas rencontré l’adhésion des syndicats, qui privilégient des négociations branche par branche. Son gouvernement a toutefois assuré que le projet de loi serait prêt fin mars. Un report à 2002? Côté français, malgré une très forte opposition des entrepreneurs sur les 23 heures, la position intransigeante du CNPF a finalement suscité la confusion jusque dans les rangs patronaux, certains responsables préférant rencontrer régulièrement le gouvernement pour discuter d’éventuels aménagements de la loi. M. Seillière a rectifié le tir et s’est inscrit dans une logique de négociations, en proposant cette semaine au gouvernement un report à 2002 des 35 heures. Avec, à peine voilés, la volonté de gagner du temps et l’espoir d’un changement de gouvernement lors des élections législatives et présidentielle, prévues justement en 2002. L’avis des syndicats Quant aux syndicats - jusqu’à présent plutôt timides dans leur mobilisation à l’exception de la CFDT socialisante - ils veulent reprendre l’initiative, conscients des risques de contreparties accordées au patronat en échange des 35 heures. La CGT à direction communiste a ainsi appelé cette semaine à un «engagement sans précédent» de ses forces tandis que la CFDT compte rassembler en mai 30.000 militants à Paris pour soutenir la baisse du temps de travail. (AFP)
Les gouvernements français et italien ont maintenu le cap d’une réduction généralisée du temps de travail, devenant les précurseurs des 35 heures en Europe, malgré une opposition irréductible du patronat dans les deux pays et un accueil partagé des syndicats. En France, où les députés examinent à partir de mardi un projet de loi en seconde lecture, le gouvernement de gauche de Lionel Jospin a retenu le 1er janvier 2000 pour le passage aux 35 heures des entreprises de plus de 20 salariés, les plus petites disposant de deux ans supplémentaires. La coalition italienne de centre-gauche, menée par Romano Prodi, s’est engagée en octobre dernier à présenter un projet de loi visant à instaurer les 35 heures dans les entreprises de plus de 15 salariés en 2001, afin de mettre fin à une grave crise avec ses alliés...
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