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Actualités - Chronologie

Le Nigéria , grand absent de la tournée africaine de Bill Clinton

Les relations entre la plus grande puissance du monde et le pays le plus peuplé d’Afrique, déjà très tendues, pourraient même se détériorer encore si le leader du régime militaire nigérian, le général Sani Abacha, décide de se présenter à l’élection présidentielle du 1er août prochain, comme la plupart des experts le pensent à Washington. Le secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires africaines, Susan Rice, a laissé présager un durcissement de la politique américaine en lançant la semaine dernière un sévère avertissement au général Abacha, qui fait durer le suspens concernant ses intentions. Inacceptable Les Etats-Unis considéreraient «inacceptable» l’élection le 1er août d’un «candidat militaire quelconque» et ne veulent pas d’«un autre régime militaire déguisé en habits civils», avait-ils déclaré, rappelant que le général avait promis il y a trois ans de remettre le pouvoir à un gouvernement civil et démocratique d’ici au 1er octobre 1998. Le problème n’est cependant pas de savoir ce que les Etats-Unis veulent, mais ce qu’ils peuvent faire. La réponse des experts à Washington tien en trois mots: pas grand chose. Mme Rice a refusé de dire quelles étaient les options de Washington, officiellement parce que le gouvernement américain n’a pas encore achevé un réexamen de sa politique vis-à-vis du Nigeria. M. Clinton, qui entame lundi au Ghana une tournée qui le conduira aussi en Ouganda, au Rwanda, en Afrique du Sud, au Botswana et au Sénégal, fera donc sans doute de son mieux pour éviter de parler du Nigeria, où son prédécesseur Jimmy Carter s’était rendu il y a 20 ans. Mme Rice «va regretter ces paroles», a déclaré l’un de ses prédécesseurs républicains, Chester Crocker, qui dirigea la politique africaine de Washington sous Ronald Reagan, de 1981 à 1989, et est aujourd’hui professeur à l’université de Georgetown à Washington. «Ce que nous pouvons faire est limité», a-t-il estimé. Jim Woods, spécialiste des questions africaines au Centre des Etudes stratégiques et internationales (CSIS), partage cette opinion. «Il est très, très probable, je dirais à 99%, qu’Abacha soit le prochain président en habits civils», a-t-il déclaré. Dans ces conditions, les propos de Mme Rice reviennent, selon lui, à «nous placer nous-même dans une sorcière», car «je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de chance que nos puissions mettre une menace quelconque à exécution». Une marge de manœuvre étroite Les Etas-Unis pourraient, en théorie, renforcer leurs sanctions contre le régime d’Abuja, mais leur marge de manœuvre est étroite. Ils appliquent déjà depuis novembre 1995 une série de sanctions qui portent notamment sur la suspension de la coopération militaire (vente de matériel et fourniture de services) et des restrictions sur les visas à l’encontre des dirigeants nigérians. Ils s’opposent aussi à l’octroi de prêts au Nigeria par le FMI. Les Etats-Unis ont pourtant, en théorie, un moyen de pression énorme, puisqu’ils achètent 40% du pétrole exporté par le Nigeria, la principale source de revenus du régime militaire. Mais personne à Washington ne pense une seconde que la Maison-Blanche irait jusqu’à faire campagne pour une telle mesure dans les instances internationales, et encore moins jusqu’à décréter un embargo unilatéral contre le Nigeria. Elle se heurterait, en effet, à l’opposition absolue des deux compagnies pétrolières américaines présentes au Nigeria, Chevron et Mobil. De plus, le gouvernement américain semble être revenu depuis quelque temps de la confiance presque aveugle qu’il a longtemps eue dans l’efficacité des sanctions. «On ne voit pas très bien ce qu’ils ont l’intention de faire au cas où» le général Abacha serait élu le 1er août, indique un diplomate européen, qui qualifie les propos de Mme Rice de «menaces en l’air». (AFP) Le Nigeria, considéré de plus en plus à Washington comme «l’«homme malade» de l’Afrique, sera le grand absent de la tournée africaine du président Bill Clinton et apparaît comme le casse-tête majeur de la diplomatie américaine sur le continent.
Les relations entre la plus grande puissance du monde et le pays le plus peuplé d’Afrique, déjà très tendues, pourraient même se détériorer encore si le leader du régime militaire nigérian, le général Sani Abacha, décide de se présenter à l’élection présidentielle du 1er août prochain, comme la plupart des experts le pensent à Washington. Le secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires africaines, Susan Rice, a laissé présager un durcissement de la politique américaine en lançant la semaine dernière un sévère avertissement au général Abacha, qui fait durer le suspens concernant ses intentions. Inacceptable Les Etats-Unis considéreraient «inacceptable» l’élection le 1er août d’un «candidat militaire quelconque» et ne veulent pas d’«un autre régime militaire déguisé en habits civils»,...