Le président Clinton entame demain jeudi avec l’Afrique du Sud l’étape la plus importante de sa tournée africaine, la seule à laquelle Washington a donné la forme d’une visite d’Etat. Première puissance économique de l’Afrique sud-saharienne, l’Afrique du Sud représente un enjeu primordial alors qu’est présentée devant le Sénat américain la loi visant à ouvrir le marché américain aux pays africains qui jouent le jeu de la libéralisation de leur économie. Là, plus qu’ailleurs, peut s’appliquer le credo américain: commerce plutôt qu’assistance. Le pays dirigé par Nelson Mandela a aussi une importance politique particulière par son évolution multiraciale. «Le point fort de la visite est probablement de donner la possibilité pour la première fois à un président américain de rendre visite à la nouvelle démocratie multiraciale qu’est l’Afrique du Sud», selon Sandy Berger, conseiller de sécurité du président américain. Washington et Pretoria ont commencé à construire les relations entre les deux pays à travers la Commission binationale, créée en décembre 1994 et dirigée conjointement par le vice-président américain Al Gore et le vice-président sud-africain Thabo Mbeki. Antoinette Handley, directeur de recherche à l’institut sud-africain des affaires internationales, estime que la commission, qui se réunit tous les six mois, se verrait donner un «dynamisme et une impulsion substantiels» grâce à la visite du président américain. Pour Michael Spicer, économiste et membre du Conseil d’administration du géant minier sud-africain Anglo American, «nous aimerions voir beaucoup plus de commerce, même si l’assistance est importante, surtout si elle est recentrée vers l’aide au secteur privé». Initiatives US Dans son discours au Parlement demain jeudi, il est prévu que Bill Clinton présente les initiatives américaines en matière de commerce et de développement. Pretoria a donné à la nouvelle politique commerciale américaine envers l’Afrique une approbation prudente: elle reste opposée à toute clause soumettant les rapports économiques à des conditions politiques. Un autre point fort du séjour de Clinton sera la visite avec Nelson Mandela de la prison de Robben Island, où l’actuel président sud-africain a passé la majeure partie de ses 27 ans de prison sous le régime d’apartheid. Cette visite, soigneusement mise en scène, devrait permettre au président américain de générer des images de télévision et des photos destinées en premier lieu aux millions d’électeurs noirs américains. L’entourage du président considère que Robben Island sera, du point de vue médiatique, l’un des sommets de la tournée africaine. Mais il faudra aussi gérer un certain nombre de divergences. La rencontre entre Clinton et Mandela sera la première depuis les fermes réserves exprimées par Washington sur la visite du président sud-africain en Libye en octobre dernier, ainsi qu’au sujet des relations amicales avec l’Iran ou Cuba. Il est peu probable que Bill Clinton remette ses sujets sur le tapis, tant les Etats-Unis semblent vouloir faire de la tournée africaine un succès absolu en matière de relations publiques, la dernière chose souhaitée étant une querelle publique avec Nelson Mandela. Le président américain est toujours sous forte pression de l’industrie pharmaceutique américaine qui considère que l’Afrique du Sud a mis en place l’an dernier une législation sur les médicaments génériques qui viole les droits de propriété intellectuelle. L’ambassadeur des Etats-Unis à Pretoria juge que ces problèmes ne sont pas des «obstacles». «Les relations entre les USA et l’Afrique du Sud n’ont que quatre ans et les gens voudraient que nous nous conduisions déjà comme des adultes. Nous nous découvrons. Une relation met des dizaines d’années à se construire», a-t-il dit au Star de Johannesburg. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Clinton entame demain jeudi avec l’Afrique du Sud l’étape la plus importante de sa tournée africaine, la seule à laquelle Washington a donné la forme d’une visite d’Etat. Première puissance économique de l’Afrique sud-saharienne, l’Afrique du Sud représente un enjeu primordial alors qu’est présentée devant le Sénat américain la loi visant à ouvrir le marché américain aux pays africains qui jouent le jeu de la libéralisation de leur économie. Là, plus qu’ailleurs, peut s’appliquer le credo américain: commerce plutôt qu’assistance. Le pays dirigé par Nelson Mandela a aussi une importance politique particulière par son évolution multiraciale. «Le point fort de la visite est probablement de donner la possibilité pour la première fois à un président américain de rendre visite à...