Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Clinton confronté aux nouveaux leaders de l'Afrique

Le président américain Bill Clinton a abordé hier à Kampala et dans la région des Grands lacs la partie la plus délicate politiquement de sa tournée en Afrique, où il devait plaider pour la démocratie et le respect des droits de l’homme auprès de leaders dont l’action est très controversée. Arrivé tard dans la nuit de lundi à mardi à Kampala en provenance d’Accra, première étape de sa tournée, M. Clinton a rencontré hier matin le chef de l’Etat ougandais Yoweri Museveni, le prototype même des «nouveaux leaders» africains soutenus avec enthousiasme par Washington. Il devait ensuite visiter une école dans le petit village de Mukono, pour y annoncer un programme de 120 millions de dollars pour aider l’Ouganda à accroître le nombre des enfants scolarisés et améliorer la qualité de l’éducation, domaine dans lequel ce pays a déjà effectué de gros progrès. Après une visite éclair ce matin à Kigali pour commémorer le génocide de 1994, il présidera dans l’après-midi à Entebbe un «Sommet pour la Paix et la Prospérité» qui réunira une bonne demi-douzaine de leaders d’Afrique centrale et orientale, dont M. Museveni et un homme encore plus controversé, le président de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), Laurent-Désiré Kabila, à l’égard duquel les Etats-Unis ont haussé le ton ces derniers jours avant la venue de M. Clinton. M. Museveni, qui a pris le pouvoir par les armes en 1986 avant de se faire élire en 1996, a engagé son pays dans la voie de la restructuration sous l’égide du FMI, dont il est sans aucun doute l’un des élèves les plus exemplaires. Mais il a aussi institué dans son pays une «démocratie sans parti» — où les partis ont le droit d’exister, mais pas de fonctionner — que les opposants décrivent comme un système déguisé de parti unique. En proposant aux pays africains lundi à Accra un «partenariat» avec l’Amérique, M. Clinton avait souligné que l’un des principes en était la démocratie, et que celle-ci supposait le respect des droits de l’homme «pour tout le monde, partout». Les critiques de la politique africaine des Etats-Unis les accusent de fermer les yeux sur les manquements à la démocratie en Ouganda parce qu’ils ont impérativement besoin de l’appui de Kampala pour faire pièce au Soudan voisin, accusé par Washington de soutenir le terrorisme. Mais ne pas aborder la situation des droits de l’homme en Ouganda vaudrait à M. Clinton des critiques acerbes en Afrique et aux Etats-Unis, et probablement des accusations d’hypocrisie. Du côté ougandais, on ne cachait pas qu’on comptait bien «récupérer» la visite de M. Clinton à des fins politiques. Le ministre d’Etat ougandais pour les Ressources naturelles, Baguma Isoke, a ainsi affirmé lundi que M. Clinton «(venait) soutenir» le système de gouvernement mis en place par le Mouvement national de résistance (NRM) de M. Museveni. «Ce n’est pas vrai. Absolument pas!», a rétorqué hier une responsable américaine interrogée par l’AFP. En venant à Kampala, M. Clinton «reconnaît qu’il y a plusieurs genres de démocraties», a-t-elle poursuivi. «Il n’y a pas un modèle unique», a-t-elle ajouté, indiquant aussi qu’un pays passait par «des étapes dans son développement» politique. Elle a toutefois refusé de dire si M. Clinton projetait lors de leur entrevue d’inciter franchement M. Museveni à ouvrir son système, indiquant qu’il voulait parler «généralement» du besoin de créer «de meilleures institutions pour la démocratie». De la même manière, le président américain ne rencontrera apparemment pas d’opposants, bien qu’un parti d’opposition, l’UPC, affirme en avoir fait la demande à la Maison-Blanche. (AFP)
Le président américain Bill Clinton a abordé hier à Kampala et dans la région des Grands lacs la partie la plus délicate politiquement de sa tournée en Afrique, où il devait plaider pour la démocratie et le respect des droits de l’homme auprès de leaders dont l’action est très controversée. Arrivé tard dans la nuit de lundi à mardi à Kampala en provenance d’Accra, première étape de sa tournée, M. Clinton a rencontré hier matin le chef de l’Etat ougandais Yoweri Museveni, le prototype même des «nouveaux leaders» africains soutenus avec enthousiasme par Washington. Il devait ensuite visiter une école dans le petit village de Mukono, pour y annoncer un programme de 120 millions de dollars pour aider l’Ouganda à accroître le nombre des enfants scolarisés et améliorer la qualité de l’éducation, domaine...