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Actualités - Chronologie

La violence s'installe progressivement dans certains établissements scolaires US

La fusillade dans une école de Jonesboro est la dernière manifestation spectaculaire de la violence qui s’est progressivement installée dans certaines écoles des Etats-Unis, au point de devenir l’une des principales préoccupations des enseignants, des élèves et de leurs parents. Depuis une vingtaine d’années, un nombre croissant de salles de classe ou de cours de récréation américaines sont devenues le théâtre quotidien de trafics de drogue, d’agressions et de règlements de compte, commis dans la plupart des cas au moyens d’armes à feu. «La fréquence de la violence chez les jeunes s’est accrue de façon exponentielle à cause de la culture des armes à feu et la prépondérance d’une mentalité inspirée du code de la rue», estime un criminologue de l’American University, Ronald Weiner. «Malheureusement, nous avons développé l’habitude de résoudre nos conflits soit par le biais d’actions en justice, soit par le biais de nos poings», remarque pour sa part Gary Marx, porte-parole de l’Association américaine des administrateurs d’école (AASA). Dans ce contexte, la violence «entre tous les matins à l’école avec les élèves, l’école ne fait que refléter les problèmes de la société», ajoute-t-il. Selon une enquête rendue publique la semaine dernière par la Maison- Blanche, une école publique américaine sur dix a ainsi été en 1997 le théâtre de graves violences, dont des viols ou des agressions à main armée. L’étude réalisée par le département de l’Education auprès de 1.200 établissements publics répartis dans les 50 Etats américains ajoute qu’un total de quelque 11.000 agressions à main armée, 7.000 vols et 4.000 viols ou agressions sexuelles ont été recensés dans ces écoles en 1997. Selon de nombreux experts, le problème de la violence scolaire est encore renforcé par le fait que dans de nombreux Etats, les mineurs peuvent se procurer des armes à feu relativement facilement et sans aucun contrôle, même si cela est théoriquement illégal. «L’accès aux armes à feu est un véritable problème aux Etats-Unis, que les enfants se les procurent auprès de leurs parents ou les achètent eux-mêmes», explique une responsable du Centre pour la prévention de la violence avec des armes à feu, Nancy Hwa. Selon cet organisme, près de 200 millions d’armes à feu circulent librement aux Etats-Unis. La brutalité de ces chiffres ne reflète cependant pas l’entière réalité de la violence en milieu scolaire. L’enquête fédérale indique que 43% des écoles publiques n’ont rapporté aucun incident violent en 1997, et que la plupart d’entre elles (80%) en ont recensé moins de cinq. Cette étude «montre clairement que la majorité de nos écoles est sûre et épargnée par la violence, c’est une bonne nouvelle», avait souligné jeudi dernier le président Bill Clinton. «Le fait est que nos écoles sont probablement les endroits les plus sûrs de notre société, moins d’actes de violence sont commis à l’école que dans le reste de la société», estime pour sa part Gary Marx. Malgré cela, particulièrement dans les quartiers défavorisés, la violence a atteint des niveaux inquiétants dans certains établissements. «Un nombre trop important de nos enfants sont confrontés à une réalité bien plus effrayante lorsqu’ils passent la porte de l’école», avait souligné M. Clinton. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche en 1992, le président américain a lancé de nombreuses initiatives pour tenter de limiter la violence scolaire, comme la lutte contre la drogue et sa campagne en faveur du port obligatoire de l’uniforme dans les écoles publiques. Un peu partout aux Etats-Unis, les initiatives locales se sont aussi multipliées, allant de l’entrée des policiers dans l’enceinte de certains établissements, à la création de groupes de jeunes chargés de régler pacifiquement les problèmes des cours d’école. (AFP)
La fusillade dans une école de Jonesboro est la dernière manifestation spectaculaire de la violence qui s’est progressivement installée dans certaines écoles des Etats-Unis, au point de devenir l’une des principales préoccupations des enseignants, des élèves et de leurs parents. Depuis une vingtaine d’années, un nombre croissant de salles de classe ou de cours de récréation américaines sont devenues le théâtre quotidien de trafics de drogue, d’agressions et de règlements de compte, commis dans la plupart des cas au moyens d’armes à feu. «La fréquence de la violence chez les jeunes s’est accrue de façon exponentielle à cause de la culture des armes à feu et la prépondérance d’une mentalité inspirée du code de la rue», estime un criminologue de l’American University, Ronald Weiner....