Bill Clinton effectue à partir de lundi une tournée en Afrique, la première en 20 ans par un président américain, destinée à démontrer la volonté des Etats-Unis d’être présents sur un continent qu’ils ont jusqu’à présent délaissé. Ce voyage de 11 jours, qui le conduira au Ghana, Ouganda, Rwanda, Afrique du sud, Botswana et Sénégal, ne sera pas dénué d’embûches diplomatiques, surtout dans la région des Grands lacs. A kampala mardi, mais surtout à Entebbe (Ouganda),où il assistera mercredi à un sommet des chefs d’Etat d’Afrique centrale et orientale, M. Clinton sera confronté à des leaders soutenus par Washington, mais dont la politique en matière de droits de l’homme et de pluralisme politique laisse beaucoup à désirer. Ce voyage illustrera d’abord un spectaculaire regain d’intérêt de l’Amérique pour le continent, un an après une tournée de Hillary Clinton, qui sera également du voyage. La principale question, selon Salih Booker, un expert de l’Afrique au Council on Foreign Relations, «est de savoir si le voyage du président Clinton conduire à un nouvel engagement durable» de Washington vis-à-vis du continent, s’il constitue vraiment un tournant ou s’il s’agit d’une simple foucade. «C’est ça qui préoccupe les chefs d’Etat africains», poursuit-il. «Ils essaient de comprendre ce qui pousse vraiment les Etats-Unis à s’intéresser plus à l’Afrique». La réponse des dirigeants américains est simple: l’Afrique a changé. Susan Rice, secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires africaines, note ainsi que le taux de croissance moyen de ces pays l’an dernier a été de près de 5%. «Au fur et à mesure que l’immense marché africain de 600 à 700 millions de personnes, en grande partie non exploité, s’accroît et que notre part de marché augmente, des milliers de nouveaux emplois seront créés» aux Etats-Unis, dit-elle. Libéralisation et globalisation M. Clinton arrivera en Afrique avec dans ses valises un texte de loi voté la semaine dernière par la Chambre, mais sur lequel le Sénat ne s’est pas encore prononcé, visant à ouvrir le marché américain aux pays africains qui jouent le jeu de la libéralisation de leur économie et de la globalisation suivant les règles du FMI. Outre l’Afrique du Sud de Nelson Mandela, dont le choix s’imposait pour des raisons historiques évidentes et qui sera le seul pays où M. Clinton effectuera une visite d’Etat, et le Rwanda, ajouté au dernier moment pour commémorer le génocide de 1994, les quatre pays retenus par la Maison-Blanche l’ont été parce qu’elle les considère, à des degrés divers, comme des modèles de bonne gestion de l’économie et démocratisation. L’autre grand thème du voyage, celui qui présente le plus de dangers pour M. Clinton, sera celui des «nouveaux leaders» qui ont récemment pris les rênes par la force dans de nombreux pays africains, du président ougandais Yoweri Museveni au numéro un de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) Laurent-Désiré Kabila, en passant par l’homme fort du Rwanda, Paul Kagamé. M. Clinton «tendra la main du partenariat à une nouvelle génération d’Africains, sa génération», affirme Mme Rice. Dans le même temps, Washington continue d’assurer que droits de l’homme et démocratisation constituent les piliers de sa politique africaine. Les deux propositions ne seront pas toujours faciles à concilier, que ce soit en Ouganda, qui a officiellement une «démocratie» sans partis, où en RDC, où le principal opposant, Etienne Tshisekedi, est en résidence surveillée et où les partis sont suspendus. Soucieux d’obtenir un geste de M. Kabila avant le sommet d’Entebbe, Washington l’a sommé de remédier «immédiatement» à ces deux problèmes. Dans les deux cas, les Etats-Unis ne sont visiblement pas décidés à compromettre leurs relations avec des dirigeants dont ils ont besoin, notamment pour faire pièce au Soudan, que Washington accuse de fomenter le terrorisme. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bill Clinton effectue à partir de lundi une tournée en Afrique, la première en 20 ans par un président américain, destinée à démontrer la volonté des Etats-Unis d’être présents sur un continent qu’ils ont jusqu’à présent délaissé. Ce voyage de 11 jours, qui le conduira au Ghana, Ouganda, Rwanda, Afrique du sud, Botswana et Sénégal, ne sera pas dénué d’embûches diplomatiques, surtout dans la région des Grands lacs. A kampala mardi, mais surtout à Entebbe (Ouganda),où il assistera mercredi à un sommet des chefs d’Etat d’Afrique centrale et orientale, M. Clinton sera confronté à des leaders soutenus par Washington, mais dont la politique en matière de droits de l’homme et de pluralisme politique laisse beaucoup à désirer. Ce voyage illustrera d’abord un spectaculaire regain d’intérêt de...