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Actualités - Chronologie

Egypte : les femmes victimes silencieuses et honteuses de la bilharziose

Des millions de femmes frappées de stérilité ou ayant fait des fausses couches à répétition qu’elles pensent liées à des maladies «honteuses» souffrent en réalité de bilharziose, maladie parasitaire qui affecte les Egyptiens depuis les pharaons. Des études menées au Niger, au Malawi, à Madagascar et en Tanzanie ont montré que «35 à 75% des femmes de 15 à 45 ans atteintes d’une forme de bilharziose (dite schistosomiase haematobium, qui s’attaque à l’appareil urinaire) souffrent de symptômes similaires à ceux des maladies sexuellement transmissibles», a expliqué Herman Feldmeier, professeur de médecine tropicale à l’Université libre de Berlin. Ces femmes font des fausses couches répétées ou des accouchements prématurés, souffrent de stérilité voire de cancers et, lorsqu’elles se décident à voir un médecin, le diagnostic attribue souvent à tort ces symptômes à des polypes, l’herpès ou des cancers, a-t-il précisé à l’occasion d’une conférence internationale sur la bilharziose réunie au Caire cette semaine. La bilharziose (schistosomiase selon son nom latin) est repérée dans 74 pays tropicaux et affecte 200 millions de personnes dans le monde, dont 200.000 meurent chaque année. Dans les régions rurales où sévit la bilharziose, les femmes atteintes sont considérées comme souffrant de maladies honteuses et répugnent à consulter un médecin. En Egypte, le premier cas a été diagnostiqué en 1899 par un médecin militaire britannique mais aucune étude n’a été menée depuis dans ce pays pour connaître l’ampleur de la maladie. «Des cas ont aussi été découverts au Brésil dans les années 1950 mais aucune étude complémentaire n’a été effectuée», a noté Robert Bergquist, responsable à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du programme de recherches sur les maladies tropicales. La méthode actuellement utilisée pour diagnostiquer la schistosomiase haematobium consiste à pratiquer une biopsie et l’unique traitement connu est le traditionnel Praziquantel, efficace dans la moitié des cas selon une étude pilote menée récemment au Malawi, a expliqué M. Feldmeier. Le chercheur, ainsi que d’autres experts, ont appelé les médecins et scientifiques à élaborer une «démarche interdisciplinaire» afin de briser les barrières socio-culturelles qui provoquent la souffrance des femmes. Ils ont également souhaité une meilleure prise de conscience par les personnels de santé des problèmes causés par cette maladie. Selon eux, des études devraient être entreprises pour mesurer l’étendue du problème et trouver des méthodes de diagnostics simplifiées. Deux cents spécialistes de plus de 70 pays participaient à la conférence du Caire, ouverte dimanche et qui s’est terminée jeudi. La bilharziose est provoquée par un ver qui pénètre sous la peau de ceux qui pataugent ou se baignent dans l’eau contaminée des canaux d’irrigation, rivières ou fleuves. Le ver s’installe dans la vessie (schistosomiase haematobium) ou les intestins (schistosomiase mansoni), provoquant des maladies qui peuvent dégénérer en cancer faute de traitement. (AFP)
Des millions de femmes frappées de stérilité ou ayant fait des fausses couches à répétition qu’elles pensent liées à des maladies «honteuses» souffrent en réalité de bilharziose, maladie parasitaire qui affecte les Egyptiens depuis les pharaons. Des études menées au Niger, au Malawi, à Madagascar et en Tanzanie ont montré que «35 à 75% des femmes de 15 à 45 ans atteintes d’une forme de bilharziose (dite schistosomiase haematobium, qui s’attaque à l’appareil urinaire) souffrent de symptômes similaires à ceux des maladies sexuellement transmissibles», a expliqué Herman Feldmeier, professeur de médecine tropicale à l’Université libre de Berlin. Ces femmes font des fausses couches répétées ou des accouchements prématurés, souffrent de stérilité voire de cancers et, lorsqu’elles se décident à...