L’intérêt pour le sommet UE-Russie sera évidemment concentré sur la prestation du président Boris Eltsine, fatigué et malade, mais la Russie devrait une nouvelle fois y réclamer l’aide de l’UE, à court et à long termes. Les experts, pourtant, estiment que la rencontre de Vienne sera essentiellement formelle. La crise financière qui a assommé la Russie depuis août a gelé la majorité des programmes d’aide occidentale. «Finalement, dans les conditions actuelles, l’essentiel est que ce sommet ait lieu, car il prouve au moins que le processus de concertation mis en place entre la Russie et l’Union continue à fonctionner», note un diplomate d’un pays de l’UE. Un symbole donc, mais un symbole important pour la Russie, compte tenu des soubresauts financiers et politiques qu’elle a connus depuis le mois d’août. L’aide que les Russes attendent de l’Union se situe à trois niveaux. L’urgence absolue est l’aide financière, pour boucler le budget du quatrième trimestre en fort déficit. L’UE n’a ni vocation ni désir de fournir elle-même cette aide, mais les Russes espèrent convaincre les Européens de plaider leur cause auprès du FMI et de la Banque mondiale. Le FMI, notamment, gèle depuis septembre un prêt de 4,3 milliards de dollars et attend pour le débloquer que le nouveau gouvernement d’Evgueni Primakov présente un programme économique cohérent et réaliste. Deuxième niveau : l’aide humanitaire et alimentaire pour l’hiver. Début octobre, un dirigeant russe a demandé au président de la commission européenne Jacques Santer, en visite à Moscou, si l’Union serait prête à fournir une aide alimentaire, l’effet de la crise étant amplifié par les mauvaises récoltes. Les Quinze, de même que les États-Unis, ont déclaré qu’ils répondraient à toute demande précise dans ce sens. Mais là encore, ils ont montré la limite de leur confiance en la Russie en soulignant bien que toute aide de cette nature devrait répondre à des besoins réels et ne pas être détournée par des dirigeants corrompus ou par la mafia. Troisième revendication russe, à plus long terme : une aide économique structurelle et un soutien diplomatique auprès des organisations internationales. Moscou espère notamment que l’UE l’aidera à présenter sa candidature à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et s’engagera à reconnaître sans restrictions que la Russie est désormais une économie de marché. La crise et l’orientation apparemment plus dirigiste prise par le nouveau gouvernement, ne plaident pas pour l’heure en faveur des arguments russes.
L’intérêt pour le sommet UE-Russie sera évidemment concentré sur la prestation du président Boris Eltsine, fatigué et malade, mais la Russie devrait une nouvelle fois y réclamer l’aide de l’UE, à court et à long termes. Les experts, pourtant, estiment que la rencontre de Vienne sera essentiellement formelle. La crise financière qui a assommé la Russie depuis août a gelé la majorité des programmes d’aide occidentale. «Finalement, dans les conditions actuelles, l’essentiel est que ce sommet ait lieu, car il prouve au moins que le processus de concertation mis en place entre la Russie et l’Union continue à fonctionner», note un diplomate d’un pays de l’UE. Un symbole donc, mais un symbole important pour la Russie, compte tenu des soubresauts financiers et politiques qu’elle a connus depuis le mois...
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