Les colons israéliens et les islamistes palestiniens du Hamas se sont livrés à un véritable tir de barrage contre l’accord israélo-palestinien qui a été ébauché au sommet de Wye Plantation. Les colons juifs l’ont accusé de les avoir trahis, tandis que des durs de la majorité de droite menaçaient de faire tomber le gouvernement. Dans les territoires palestiniens, cheikh Ahmed Yassine, le chef spirituel du Mouvement de la Résistance islamique (Hamas), a également rejeté l’accord et annoncé la poursuite du «combat». Du côté israélien, la réaction la plus virulente est venue du chef des implantations de Cisjordanie et Gaza, M. Aharon Domb. «C’est un accord de trahison et de reddition pour les gens qui ont envoyé Benjamin Netanyahu sauvegarder Eretz Israël (le Grand Israël)», a-t-il déclaré. «Cet accord aura les répercussions les plus graves dans le camp national», a affirmé M. Domb, qui s’était rendu cette semaine à Wye Plantation pour essayer de convaincre M. Netanyahu de ne rien céder. Le Parti national religieux (PNR), porte-voix des colons juifs au Parlement, a affirmé qu’il allait œuvrer à des élections anticipées. «C’est un accord honteux», a affirmé M. Zvi Hendel, l’un des neuf députés du PNR. «J’ai honte de la délégation israélienne qui est en train d’abandonner les colons à leur sort», a-t-il dit à la radio publique. Le président de la commission des Lois du Parlement, M. Hanan Porat, également membre du PNR, a annoncé qu’il allait accélérer la semaine prochaine la procédure d’examen par la Knesset d’une proposition de loi sur la tenue d’élections anticipées dans les 100 jours. Une proposition de loi de dissolution du Parlement a été adoptée fin juillet par une majorité de députés, dont plusieurs membres de la coalition au pouvoir. Pour que ce texte entre en vigueur, il faut désormais qu’il soit voté en trois lectures par une majorité absolue d’au moins 61 députés sur 120. Sans l’appui des 9 députés du Parti national religieux, M. Netanyahu ne disposerait plus d’une majorité parlementaire puisqu’il dispose actuellement de 61 députés sur 120. La fin de la législature doit normalement intervenir en l’an 2 000. L’opposition du Hamas Le président Ezer Weizman s’est, en revanche, félicité de l’accord qui «amènera la paix entre nous et les Palestiniens». Selon un décompte effectué par la radio publique, une majorité de ministres sont favorables à cet accord, malgré l’hostilité des durs. L’opposition de gauche a, pour sa part, assuré M. Netanyahu qu’elle voterait en faveur de l’accord au Parlement. Le président Arafat devra, de son côté, faire face à l’opposition du Hamas. «Le Hamas est opposé à tout accord qui ne mettrait pas fin à l’occupation (israélienne) et qui ne nous accorderait pas la liberté et l’indépendance», a affirmé cheikh Yassine. Le guide et fondateur du Hamas a reconnu que la coopération sécuritaire avec Israël, à laquelle l’Autorité palestinienne doit s’engager dans l’accord, risquait d’entraver la lutte armée menée par la branche militaire clandestine du mouvement. «Le Hamas restera un mouvement de résistance et tous ceux qui pensent que l’on peut mettre un terme aux activités du Hamas se font des illusions, nous continuerons notre combat jusqu’à la victoire», a-t-il ajouté. Interrogé sur les futures relations entre le Hamas et l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat, cheikh Yassine s’est toutefois voulu rassurant. «Nous continuerons à agir comme une opposition saine et nous ne recourrons pas à la guerre civile (entre Palestiniens)», a-t-il souligné. Le Hamas qui s’est violemment opposé aux accords d’autonomie de 1993 est responsable de la plupart des attentats anti-israéliens de ces dernières années.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les colons israéliens et les islamistes palestiniens du Hamas se sont livrés à un véritable tir de barrage contre l’accord israélo-palestinien qui a été ébauché au sommet de Wye Plantation. Les colons juifs l’ont accusé de les avoir trahis, tandis que des durs de la majorité de droite menaçaient de faire tomber le gouvernement. Dans les territoires palestiniens, cheikh Ahmed Yassine, le chef spirituel du Mouvement de la Résistance islamique (Hamas), a également rejeté l’accord et annoncé la poursuite du «combat». Du côté israélien, la réaction la plus virulente est venue du chef des implantations de Cisjordanie et Gaza, M. Aharon Domb. «C’est un accord de trahison et de reddition pour les gens qui ont envoyé Benjamin Netanyahu sauvegarder Eretz Israël (le Grand Israël)», a-t-il déclaré. «Cet accord...