Pousse-toi, Barbie, et fais place à Emina, la première poupée de l’après-guerre en Bosnie, qui arrive dans les magasins porteuse d’un message d’harmonie entre ethnies. Avec ses yeux verts et ses longs cheveux bruns, Emina est la première d’un trio de poupées – une musulmane, une serbe et une croate – produites en Bosnie-Herzégovine. «L’idée est de proposer un souvenir de Bosnie original, mais en même temps d’enseigner aux enfants la tolérance», explique sa créatrice, Sabina Hadzimuratovic, une journaliste de Sarajevo qui a reçu le soutien financier de l’Onu et de l’Union européenne. Les journaux locaux l’ont surnommée la Barbie bosniaque. Pourtant elle n’a rien de sa rivale américaine aux formes généreuses et habillée à la dernière mode. Par exemple, on ne peut pas se tromper sur ses racines: pantalon large, chemisier jaune et fez rouge brodé d’or, elle porte le costume traditionnel des musulmanes bosniaques. Emina a même une histoire: son nom a été choisi pour rappeler une jeune femme de Mostar (sud de la Bosnie-Herzégovine) qui inspira un poème à l’écrivain du 19e siècle Aleksa Santic. La poupée est vendue avec une cassette sur laquelle est enregistrée une comptine et avec un livret qui raconte l’histoire de neuf anciennes cités de Bosnie qu’Emina visite en rêve. Emina est fabriquée par une vingtaine d’ouvrières dans l’enclave musulmane de Gorazde, à l’est de Sarajevo, et coûte 20 marks (15 dollars). Elle est déjà sur les étalages des magasins hors-taxes fréquentés par les soldats de l’Otan. Quand le financement sera acquis, Emina sera rejointe par deux amies: Ana, la Croate, et Mara, la Serbe, chacune dans son costume traditionnel. Toutes deux seront aussi originaires de Mostar, où les trois communautés se fondaient avant la guerre, mais qui reste aujourd’hui quasiment vide de Serbes et profondément divisée entre musulmans et Croates.
Pousse-toi, Barbie, et fais place à Emina, la première poupée de l’après-guerre en Bosnie, qui arrive dans les magasins porteuse d’un message d’harmonie entre ethnies. Avec ses yeux verts et ses longs cheveux bruns, Emina est la première d’un trio de poupées – une musulmane, une serbe et une croate – produites en Bosnie-Herzégovine. «L’idée est de proposer un souvenir de Bosnie original, mais en même temps d’enseigner aux enfants la tolérance», explique sa créatrice, Sabina Hadzimuratovic, une journaliste de Sarajevo qui a reçu le soutien financier de l’Onu et de l’Union européenne. Les journaux locaux l’ont surnommée la Barbie bosniaque. Pourtant elle n’a rien de sa rivale américaine aux formes généreuses et habillée à la dernière mode. Par exemple, on ne peut pas se tromper sur ses racines:...
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