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Actualités - Chronologie

Voyage : A St-Petersbourg, flamboyante et pathétique ... (photo)

Saint-Pétersbourg sur les rives de la Neva. Là où Pierre le Grand bâtit une métropole sur des marais pour ouvrir son pays sur la Baltique et les lumières de l’Europe. La voilà sa ville aujourd’hui, trois siècles plus tard, impériale et miséreuse, fidèle aux turpitudes d’une destinée aventurière. Belle à couper le souffle, la «Venise du Nord» se relève convalescente de 75 ans d’éteignoir soviétique. Six cents édifices d’une cohésion, d’une harmonie architecturale uniques témoignent de sa gloire d’autrefois. À leurs portes, des nuées d’enfants déguenillés harcèlent les passants, proposant des pacotilles. Sous un ciel de porcelaine diaphane, dans la lumière irisée de l’été qui s’attarde, la souveraine de pierre poursuit sa trajectoire, irrésistiblement ankylosée par la trop longue étreinte avec l’ours soviétique. Les souvenirs sont là d’ailleurs. Amarré au milieu des édifices historiques, gris et solitaire, le vaisseau Aurora rappelle le retour d’exil de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, et la proclamation de sa croisade faite du pont de ce navire. Le peuple, désarmant de bienveillance, grouillant, bruyant et terriblement démuni, on le rencontre non pas dans ces hauts lieux de l’histoire, mais dans des marchés improvisés où se vendent pêle-mêle bouquets de fleurs et vieux habits, victuailles et trésors de famille, parfois à même le sol. La chute vertigineuse du rouble installe une misère criarde contrastant avec les palaces luxueux qui accueillent somptueusement le flot de touristes. La démesure est en effet omniprésente dans cette ville où se mêlent les antithèses. Mais à l’ombre de ses clochers dorés, de ses multiples cathédrales, la vie s’accepte telle quelle, avec ses hauts et ses bas, ses énormes différences… Saint-Pétersbourg, Petrograd, Leningrad, puis de nouveau Saint-Pétersbourg depuis 1991…Autant de noms et toujours cette même image de pérennité face aux cyclones et aux déluges de l’histoire. À la sortie, à quelques mètres de l’avenue, sur le perron d’une ancienne demeure, une vieille femme psalmodiait «dollar, dollar» en proposant sa veste déformée par l’usage aux passants étrangers…Sur les rives de la Neva, là où Pierre le Grand….
Saint-Pétersbourg sur les rives de la Neva. Là où Pierre le Grand bâtit une métropole sur des marais pour ouvrir son pays sur la Baltique et les lumières de l’Europe. La voilà sa ville aujourd’hui, trois siècles plus tard, impériale et miséreuse, fidèle aux turpitudes d’une destinée aventurière. Belle à couper le souffle, la «Venise du Nord» se relève convalescente de 75 ans d’éteignoir soviétique. Six cents édifices d’une cohésion, d’une harmonie architecturale uniques témoignent de sa gloire d’autrefois. À leurs portes, des nuées d’enfants déguenillés harcèlent les passants, proposant des pacotilles. Sous un ciel de porcelaine diaphane, dans la lumière irisée de l’été qui s’attarde, la souveraine de pierre poursuit sa trajectoire, irrésistiblement ankylosée par la trop longue...