Japon Les finances publiques menacées d'un effondrement complet
le 23 octobre 1998 à 00h00
Une série de décisions récentes destinées à sortir le Japon d’une récession économique et d’une contraction du crédit sans précédent vont provoquer un effondrement complet des finances publiques mettant en danger la stabilité du marché obligataire nippon, estiment certains économistes. Aux 60 000 milliards de yens (50,9 mds USD) annoncés pour recapitaliser le système bancaire, il faut ajouter un énième programme budgétaire de relance d’un montant record allant jusqu’à 30 000 milliards, la reprise de 28 000 milliards de dette de l’ancienne société nationale des chemins de fer, des réductions d’impôts supplémentaires, etc. L’alourdissement de la dette publique, déja la plus massive parmi les pays du G7 avec un stock dépassant une fois et demie la richesse produite chaque année par le pays, laisse prévoir une dégradation imminente de la notation de la dette du gouvernement du Japon. Elle ferme aussi la voie au financement traditionnel par le biais d’émissions obligataires, imposant une issue «révolutionnaire», la monétisation de la dette publique. Les chiffres sont impressionnants. Pour l’année fiscale en cœurs (avril 1998-mars 1999), Susumu Kato, économiste chez Barclays Capital à Tokyo, estime que le besoin de financement nouveau (hors refinancement de la dette existante) atteindra 35 000 milliards de yens, 7 % du PIB, passant à 42 000 milliards l’année suivante. «Si on ajoute les obligations de refinancement (de la dette ancienne qui absorbe déja 20 % des dépenses publiques), les émissions d’obligations du gouvernement japonais (JGB) pourraient dépasser 80 000 milliards de yens». Et si on comptabilise les besoins de financement des collectivités locales, le montant total des obligations émises pour l’année fiscale 1999 approcherait 110 000 milliards de yens, pas loin de mille milliards de dollars. «À tous égards, estime Susumo Kato, il serait normal de considérer que cela signifie un effondrement complet des finances du gouvernement. Toutefois, ce n’est pas le moment de penser à la reconstruction budgétaire». De fait, ce dévergondage souligne à la fois la perte d’influence considérable du ministère des Finances, qui avait fait de cette reconstruction l’axe de la politique budgétaire, et le degré d’inquiétude des milieux officiels devant la violence du «triple A» provoqué par la crise bancaire. La priorité est de sortir le pays d’une situation que Makoto Utsumi, professeur à l’université Keio et conseiller de Nikko Securities, décrit comme «terrible».
Une série de décisions récentes destinées à sortir le Japon d’une récession économique et d’une contraction du crédit sans précédent vont provoquer un effondrement complet des finances publiques mettant en danger la stabilité du marché obligataire nippon, estiment certains économistes. Aux 60 000 milliards de yens (50,9 mds USD) annoncés pour recapitaliser le système bancaire, il faut ajouter un énième programme budgétaire de relance d’un montant record allant jusqu’à 30 000 milliards, la reprise de 28 000 milliards de dette de l’ancienne société nationale des chemins de fer, des réductions d’impôts supplémentaires, etc. L’alourdissement de la dette publique, déja la plus massive parmi les pays du G7 avec un stock dépassant une fois et demie la richesse produite chaque année par le pays, laisse...
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