La Maison-Blanche a rendu publique la correspondance échangée par Bill Clinton et Kathleen Willey, ancienne bénévole de la présidence qui accuse le président des Etats-Unis de lui avoir fait des avances sans équivoque en novembre 1993. L’ensemble comporte quinze lettres adressées par l’ancienne employée bénévole au président ainsi que des enregistrements d’appels téléphoniques et des messages envoyés par courrier électronique. Les copies de cinq lettres signées de la main de Bill Clinton ont également été diffusées par la présidence. La période couverte va du 3 mai 1993 — une note jointe par Kathleen Willey à une cravate offerte au président — au 13 novembre 1996 — un message de félicitations après sa réélection et une demande d’invitation à une soirée donnée par la Maison-Blanche pour les fêtes de Noël. Au total, selon la Maison-Blanche, Kathleen Willey a écrit à quinze reprises à Bill Clinton qui lui a répondu cinq fois. Jim Kennedy, porte-parole de la présidence, a expliqué que ces documents étaient rendus publics pour satisfaire aux demandes de la presse mais aussi pour étayer la réponse de Bill Clinton aux accusations de harcèlement sexuel lancées par Kathleen Willey lors d’une interview diffusée la veille à une heure de grande écoute sur CBS. «Ils contribuent à établir le contexte qui permet au président de se dire perplexe face à la tournure prise par les événements», a-t-il souligné. Quelques heures plus tôt, lors d’une visite dans un lycée du Maryland, Bill Clinton avait démenti les accusations de harcèlement sexuel portées contre lui par Kathleen Willey. Le président Clinton déclarait n’avoir rien fait d’inconvenant à son égard et avoir dit la vérité lors de sa déposition sous serment du 17 janvier face à Paula Jones. Il a réaffirmé que «rien d’inconvenant ne s’était produit» entre lui-même et celle qui l’accuse d’avoir menti sous serment concernant les avances qu’il lui aurait faites le 29 novembre 1993. Selon Kathleen Willey, aujourd’hui âgée de 51 ans, Clinton l’aurait reçue ce jour-là à sa demande. Elle voulait lui demander qu’il intervienne pour qu’elle obtienne un emploi rémunéré alors que son couple traversait une période de graves difficultés financières. C’est à la fin de leur conversation que le président des Etats-Unis l’aurait embrassée sur la bouche, lui aurait caressé les seins et lui aurait fait des avances déplacées. Bill Clinton assure lui qu’il a bien reçu Kathleen Willey, qu’il l’a prise dans ses bras et l’a peut-être embrassé sur le front pour la réconforter, mais rien de plus. Une ambitieuse exigeante... Dans certaines lettres, Kathleen Willey mentionne son souhait d’obtenir un poste permanent au sein de l’administration Clinton, tel qu’un travail dans l’équipe de campagne lors des présidentielles de 1996. Le 20 décembre 1993, soit un mois après la «rencontre», elle adresse ses vœux au président: «Après cette année douce-amère, ma première résolution pour 1994 sera la recherche d’un emploi significatif. J’espère que ce sera ici», écrit-elle avant de souhaiter à Clinton un «merveilleux Noël». Le 18 octobre 1994, elle remercie Clinton «d’avoir pris le temps de la recevoir». Elle poursuit en racontant avoir discuté avec plusieurs responsables de l’administration présidentielle et dit espérer être reçue par le secrétaire général de la Maison-Blanche, Leon Panetta. «J’aimerais que ma candidature soit considérée pour un poste d’ambassadeur ou pour une fonction dans une ambassade», ajoute-t-elle. Dans une lettre datée du 11 novembre 1994, elle déclare être la «fan numéro un» de Clinton. Parmi les lettres envoyées par le président figure une carte postale de Vail, dans le Colorado, et un message du 21 décembre 1995 dans lequel Clinton regrette de n’avoir pu rencontrer Willey mais lui souhaite de trouver un emploi. «Il semble que vous êtes sur la bonne voie», lui écrit-il. Aux questions des journalistes lui demandant s’il croyait la version de Kathleen Willey ou celle du président, le chef de file des républicains au Sénat, Trent Lott, a indiqué ne pas encore avoir d’avis. «Je l’ai trouvée crédible. J’ai regardé et j’ai écouté ce qu’elle avait à dire», a-t-il cependant ajouté. Le président — républicain — de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, a déclaré lui: «Si ce qu’elle dit est vrai, c’est très, très dérangeant et je pense que cela aura au final des conséquences très fortes». (Reuters)
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