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Actualités - Conferences Internationales

Des préoccupations diversifiées mais un objectif identique ... (photos)

l Président de l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (l’UIJPLF), le Marocain Abdallah Stouky estime que «l’état de la presse francophone au Maroc est à l’instar des autres pays maghrébins, florissant. Nous n’avons pas de lutte entre presse francophone et arabophone. Ce sont deux modes d’expression qui se complètent. Il existe au Maroc une douzaine de quotidiens en français pour quatorze en arabe. La diffusion de la presse arabe prédomine cependant pour des raisons de lectorat et d’engagement politique plus poussé, tandis que le français reste la langue de la presse économique. D’autant qu’il n’existe pratiquement pas de presse anglophone au Maroc». l Le Français Georges Gros, secrétaire général international de l’UIJPLF et rédacteur en chef de la Gazette de la presse, ne mâche pas ses mots au sujet de la mondialisation: «A partir du moment, dit-il, où, à Hanoi, on a défini une volonté politique de la francophonie, il faut qu’il y ait une volonté financière. C’est-à-dire un investissement pour la francophonie. Les principaux pays qui ont le français en commun doivent accorder les moyens financiers nécessaires à la préservation de cet héritage. Ce n’est pas le cas actuellement. Dans cette perspective, il faut s’atteler aux trois priorités suivantes: l Favoriser l’enseignement en français dès les classes primaires, mais insister surtout sur l’accès aux formations techniques et universitaires. l Mettre en place une politique en faveur du livre, la francophonie étant dans une très large mesure livresque et culturelle. Il faudrait donc tenir compte des situations économiques des divers pays francophones. On ne peut pas demander aux gens de payer 150 FF le bouquin quand leur salaire mensuel moyen est de 500 ou 800 francs. l Enfin au niveau de la communication: la presse écrite et audiovisuelle reste le meilleur reflet de l’existence et de la diffusion d’une langue. Il faut donc qu’il y ait une politique en faveur du développement de la presse francophone. On commence à voir dans un certain nombre de pays des créations francophones nouvelles: «al-Ahram» en Egypte, «La Tribune hellénique» en Grèce, un nouveau quotidien à Bucarest...». En ce qui concerne la francophonie au Liban, M. Gros lance un cri d’alarme. «Si on laisse la situation actuelle progresser, le Liban deviendra un ancien pays francophone», affirme-t-il. Et d’insister: «Si on veut que la langue française continue d’exister ici, il faut envisager rapidement un certain nombre de mesures». l M. Amer Oumalou, président de la section algérienne de l’UIJPLF, indique pour sa part que l’espace francophone est important dans son pays. «Bien que l’Algérie n’adhère pas à la francophonie, nous sommes 700 journalistes inscrits à l’UIJPLF. Nous avons environ 25 titres de presse en français, entre quotidiens, hebdomadaires, mensuels, contre seulement une dizaine en arabe. Ce n’est pas un phénomène particulier, puisque le premier organe d’information à été diffusé dans la langue des colonisateurs. Par ailleurs, il y a très peu de journaux anglophones, donc nous n’avons pas le souci de la concurrence anglaise. Il existe par contre une légère menace du côté de la presse arabe puisqu’à partir du 11 juillet 98, l’arabe sera désormais la seule langue officielle dans les ministères et les administrations. Dès lors, elle prendra une place beaucoup plus importante à l’avenir. Nous sommes cependant déterminés à lutter, en publiant toujours de nouveaux journaux, en agrandissant le cercle des membres adhérents de l’UIJPLF...». Des menaces qui restent toutefois beaucoup moins graves que ce que subissent les journalistes algériens. «Aujourd’hui, il est extrêmement difficile d’exercer la profession de journaliste en Algérie. Depuis 1991, nous avons perdu soixante-dix confrères. Sans compter ceux qui ont échappé miraculeusement, signale M. Oumalou. Mais là aussi nous resterons sur place et nous lutterons en espérant que la situation s’améliorera dans les mois ou les années à venir....». l Membre titulaire du Conseil supérieur de la carte d’identité des journalistes professionnels, René Finklstein est aussi administrateur délégué de l’hebdomadaire «Le Revenu français». Il brosse en quelques mots un tableau général optimiste de la situation de la presse francophone dans le monde. «On avait craint, à un moment donné, que la mondialisation aplatisse l’ensemble de l’information; que les grandes agences d’information et les grands réseaux de télécommunication comme CNN abolissent à peu près totalement le français comme véhicule de l’information», indique-t-il. «Or on assiste malgré tout non seulement à une résistance mais aussi à une avancée du français. On peut dire que la presse écrite de langue française n’a pas regressé trop sensiblement dans les pays où elle existait traditionnellement, ajoute-t-il. Il s’est même créé une nouvelle presse de langue française, peut-être moins populaire qu’autrefois, plus intellectuelle et plus culturelle, mais qui est assez développée dans un certain nombre de pays». l Pour Philippe Bilger, magistrat, spécialiste du droit de la presse (Paris) et responsable de la délégation juridique de l’UIJPLF, «dans l’ensemble, la presse francophone progresse et s’améliore. Personnellement, précise-t-il, j’ai une vision de la presse francophone qui est surtout très attachée à l’Afrique noire qui a été le lieu privilégié de l’action de l’UIJPLF. Certains pays ont découvert la liberté d’expression en sortant de la dictature», souligne-t-il. «Très naturellement, ils ont été enivrés par cette liberté toute neuve , et on a du mal à leur faire comprendre qu’ils doivent tout de même respecter des règles». Et la presse libanaise francophone ? «Je ne la connais pas bien, répond Philippe Bilger, mais d’après ce que j’ai pu lire, je pense qu’elle a un niveau évident. Je crois que dans le cadre de l’UIJPLF, nous pourrions avoir des échanges de même nature que ceux que nous avons en France, dans nos colloques et nos rencontres, dit-il, c’est-à-dire une réflexion très poussée sur les droits et les devoirs des journalistes, sur leurs responsabilités, sur la déontologie... Car j’ai constaté que la presse libanaise francophone, du moins la presse écrite, n’est pas radicalement différente de la nôtre», conclut-il. «Elle ne nous dépayse pas fondamentalement, bien au contraire...».
l Président de l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (l’UIJPLF), le Marocain Abdallah Stouky estime que «l’état de la presse francophone au Maroc est à l’instar des autres pays maghrébins, florissant. Nous n’avons pas de lutte entre presse francophone et arabophone. Ce sont deux modes d’expression qui se complètent. Il existe au Maroc une douzaine de quotidiens en français pour quatorze en arabe. La diffusion de la presse arabe prédomine cependant pour des raisons de lectorat et d’engagement politique plus poussé, tandis que le français reste la langue de la presse économique. D’autant qu’il n’existe pratiquement pas de presse anglophone au Maroc». l Le Français Georges Gros, secrétaire général international de l’UIJPLF et rédacteur en chef de la Gazette de la...