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Actualités - Conferences Internationales

Tuéni : Paris, capitale culturelle de toutes les libertés

L’ancien ambassadeur Ghassan Tuéni a évoqué une série d’exemples qui illustrent les raisons pour lesquelles l’arabe devait s’écrire à un moment donné de l’Histoire, en français, du fait que Paris est la capitale culturelle de toutes les libertés. L’intervention de M. Tuéni avait pour thème: «L’arabe en français». «Si nous avons choisi comme thème de l’entretien de ce matin «L’arabe en français», ce n’est pas seulement par souci d’originalité. C’est surtout parce que nos prédécesseurs ont écrit l’arabe en français, tout comme beaucoup d’entre nous écrivaient le français en arabe. Depuis bien longtemps, l’idéal de la liberté, les idées rencontrées en France et à travers la langue française ont animé la vie culturelle tant en français qu’en arabe. Mon intention n’est pas d’être exhaustif mais d’essayer de retracer, à travers une série d’exemples pourquoi notre arabe devait s’écrire, à un moment donné de l’Histoire, en français». «Quatre raisons principales me semblent déterminantes, que j’illustrerai l’une après l’autre. 1- La quête éperdue de la liberté. 2- Un effort pour découvrir notre identité naissante, mieux comprise en idées françaises qu’en arabes. 3- La préférence pour le français, comme moyen d’accession à ce qu’apportait le siècle des Lumières. 4- L’ambition de créer une littérature par choix francophone. Parlons d’abord de la liberté. «Persécutés par les Ottomans, nos prédécesseurs — surtout les journalistes — se sont tournés vers Paris pour s’exprimer et défendre, voire même prêcher la liberté de la presse, ce qui voulait dire aussi la liberté de leur pays. «Paris n’était-elle pas la capitale culturelle de toutes les libertés? «C’est que les idées de liberté, d’indépendance, de nationalisme et de nation venaient tout droit de l’héritage européen pour s’épanouir, spécifiquement français». «Bien avant le Traité de Versailles, c’est en France que nos intellectuels menaient les grands combats de l’indépendance libanaise autant que de l’unité arabe. Je dirais même que, la réforme de l’Islam, sa renaissance, y étaient plus aisément et plus intelligemment discutés qu’ailleurs». «Point n’est besoin de rappeler qu’avec la fin du XIXe siècle, l’Empire ottoman, «l’homme malade», était le théâtre de mouvements de réforme et de libération déjà influencés par un contact intellectuel intense avec l’Europe, particulièrement avec la France, autant qu’avec l’Allemagne, et pour cause. Mais c’est à Paris, dans le double cadre de la liberté d’expression et de la liberté académique, que pouvaient se débattre l’avenir et ses orientations». «C’est là qu’on pouvait discuter — mieux qu’à Istanbul, à Beyrouth, ou au Caire — s’il fallait être nationaliste, et de quel type de nationalisme, ou s’il fallait seulement réformer l’Empire. Le français, plus que l’arabe ou le turc, était alors la langue naturelle de la communication». «Ainsi vit le jour ce qu’on a baptisé le «groupe de Paris», autour de Chekri Ghanem et de Khaïrallah Khaïrallah, lequel a joué un rôle éminent dans la mise en valeur de la personnalité de ce qu’on appelait «la Syrie», pendant que d’autres parlaient déjà du Liban comme Etat indépendant, voire même comme nation». «On pouvait trouver également au sein de ce groupe un Monseigneur Féghali, professeur à l’Université de Bordeaux, titulaire d’une chaire de linguistique et d’ethnologie». «Les intellectuels arabes ne se contentaient pas de leurs propres publications en français; ils inondaient la presse «française de France» d’articles et d’éditoriaux plaidant la cause libanaise, l’unité arabe ou l’unité syrienne (...)». «Le siècle des Lumières n’était pas que nationalisme. C’était tout le débat sur la démocratie, les systèmes de gouvernement garantissant les droits de l’homme, et plus spécifiquement, déjà, les droits sociaux, qui signalaient l’émergence de classes nouvelles, des classes qu’on appelait laborieuses. Le débat démocratique réclamait un rôle important pour les intellectuels, voire même les étudiants, (si nombreux déjà à Paris). Il signalait aussi l’émergence de diverses francs-maçonneries qui, dès la fin du XIXe siècle, avaient déjà accès à des postes de direction importants, jusque dans l’Empire ottoman et l’administration des territoires arabes, particulièrement le Liban, la Syrie et l’Egypte». «Beaucoup d’observateurs ont cru trouver, ici et là, des liens de parenté autant intellectuels que politiques entre les diverses organisations francs-maçonnes et les comités secrets d’action politique, nombreux et variés, qui se mettaient alors en place...»
L’ancien ambassadeur Ghassan Tuéni a évoqué une série d’exemples qui illustrent les raisons pour lesquelles l’arabe devait s’écrire à un moment donné de l’Histoire, en français, du fait que Paris est la capitale culturelle de toutes les libertés. L’intervention de M. Tuéni avait pour thème: «L’arabe en français». «Si nous avons choisi comme thème de l’entretien de ce matin «L’arabe en français», ce n’est pas seulement par souci d’originalité. C’est surtout parce que nos prédécesseurs ont écrit l’arabe en français, tout comme beaucoup d’entre nous écrivaient le français en arabe. Depuis bien longtemps, l’idéal de la liberté, les idées rencontrées en France et à travers la langue française ont animé la vie culturelle tant en français qu’en arabe. Mon intention n’est pas...