Artisans Le rétameur scintille ... mais loin de la ville (photo)
le 19 octobre 1998 à 00h00
Avant le stainless steel, l’aluminium et autres téfal, nos ustensiles de cuisine étaient en cuivre ou en laiton. Les décaper du vert-de-gris, les astiquer ensuite n’était pas chose aisée. Pour cela, il y avait les rétameurs. Ces derniers avaient rarement pignon sur rue. Ambulants, ils allaient comme les aiguiseurs de couteaux — et parfois c’étaient les mêmes — de quartier en quartier, de porte en porte, criant dans la rue «Mbayyid ! mbayyid !». Panoplie complète sur le dos, ils étaient attendus avec impatience dans les foyers. De nos jours, on rencontre de moins en moins ces «nettoyeurs» en ville. Dans les villages, par contre, on fait toujours appel à leurs services. À en croire Abou Mohammed, venu de Jouayya exercer au Chouf, le polissage du cuivre n’est pas une mince affaire. «Le travail manuel ou musculaire est rude. Il devient en outre difficile de trouver les produits de nettoyage. Parfois, on va jusqu’en Syrie pour en rapporter». Comment se déroule l’opération ? La casserole à traiter doit d’abord passer sur le feu. On en ravive les flammes avec un soufflet appelé «kour». Tenant la casserole avec une grosse pince en bois, on la fait chauffer à vif. On enduit ensuite le fond de sels et d’eau de chaux. Du coton imbibé de poudre d’amidon, d’hyposulfate de sel et d’argent pour finir. Dernière touche : un jet d’eau froide, pour le brillant final. Coût de l’opération : entre 5.000 L.L et 15.000 L.L la pièce. En pièces sonnantes et … brillantes.
Avant le stainless steel, l’aluminium et autres téfal, nos ustensiles de cuisine étaient en cuivre ou en laiton. Les décaper du vert-de-gris, les astiquer ensuite n’était pas chose aisée. Pour cela, il y avait les rétameurs. Ces derniers avaient rarement pignon sur rue. Ambulants, ils allaient comme les aiguiseurs de couteaux — et parfois c’étaient les mêmes — de quartier en quartier, de porte en porte, criant dans la rue «Mbayyid ! mbayyid !». Panoplie complète sur le dos, ils étaient attendus avec impatience dans les foyers. De nos jours, on rencontre de moins en moins ces «nettoyeurs» en ville. Dans les villages, par contre, on fait toujours appel à leurs services. À en croire Abou Mohammed, venu de Jouayya exercer au Chouf, le polissage du cuivre n’est pas une mince affaire. «Le travail manuel ou...
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