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Actualités - Chronologie

Révocation d'un secrétaire d'Etat italien soupçonné de liens avec la Mafia

Un des cinq secrétaires d’Etat à l’Intérieur du gouvernement de centre-gauche italien de Romano Prodi, Angelo Giorgianni, a été révoqué de ses fonctions par le chef de l’Etat Oscar Luigi Scalfaro en raison de ses liens supposés avec la mafia. Ancien magistrat anti-corruption en Sicile, devenu secrétaire d’Etat en mai 1996, M. Giorgianni, 43 ans, avait été mis en cause il y a trois jours par la commission parlementaire anti-mafia qui le soupçonne d’avoir quasi systématiquement accordé des non-lieux dans les affaires dont il s’occupait comme substitut du procureur de Messine (Sicilie) de 1993 à 1996. Le Conseil des ministres italiens avait entamé la procédure visant à la révocation de M. Giorgianni, après que celui-ci ait catégoriquement refusé de démissionner. «Le Conseil des ministres est convenu, à l’unanimité, de mettre en route la procédure de révocation du sénateur Giorgianni au poste de secrétaire d’Etat à l’Intérieur», avait indiqué un communiqué de la présidence du Conseil. Membre du parti centriste Renouveau Italien du ministre italien des Affaires étrangères Lamberto Dini, M. Giorgianni, secrétaire d’Etat chargé des cultes, des services civils et des systèmes informatiques, était pressé de démissionner par MM. Prodi et Dini depuis plusieurs jours mais il avait fermement refusé de suivre leurs conseils. Depuis jeudi, il s’était enfermé dans son bureau au quatrième étage du ministère de l’Intérieur où il inondait les rédactions de fax et communiqués pour exprimer sa «stupeur». «Je m’attendais à cette fin», a dit l’ex-secrétaire d’Etat vendredi en apprenant sa révocation. Il avait auparavant dénoncé la «culture des suspects». Le «Di Pietro» de Messine La majorité des commentateurs politiques s’accorde pour souligner que la destitution du ministre ne devrait pas produire de crise gouvernementale ou de crise politique en Italie. Tous les partis politiques, dont Renouveau Italien, avaient demandé sa démission. Surnommé le «Di Pietro» de Messine (Sicile), du nom du célèbre magistrat anti-corruption de Milan, Antonio Di Pietro, M. Giorgianni a effectué sa carrière en Sicile. Comme substitut du procureur de Messine, il s’est occupé notamment de plusieurs affaires de corruption liées à des adjudications de marchés publics mais peu de ses enquêtes ont abouti, a fait remarquer la commission parlementaire anti-mafia. La commission qui a enquêté en Sicile ces dernières semaines reproche notamment au secrétaire d’Etat d’avoir eu des liens avec Domenico Mollica, un entrepreneur de Messine, soupçonné par la justice de relations avec la mafia. Comme la loi l’y autorise, la commission anti-mafia a présenté mercredi une «interpellation» parlementaire demandant la démission de M. Giorgianni, qui n’est cependant pas encore sous le coup d’une enquête. Son ex-collègue, le ministre de la Justice, Giovanni Maria Flick, a envoyé vendredi des experts au parquet de Messine pour étudier les affaires examinées par M. Girogianni au cours de ces dernières années. Selon des sources judiciaires, le parquet de Reggio de Calabre (sud de l’Italie) serait sur le point d’ouvrir une enquête sur une affaire d’adjudication douteuse pour la construction de la pharmacie de l’Université de Messine sur laquelle M. Giorgianni avait enquêté et conclu par un non-lieu. En août dernier, ce non-lieu a été jugé «anormal» par l’actuel substitut du procureur de Messine, Marcello Minasi. Un cas semblable s’était produit en Italie en 1993 quand le secrétaire d’Etat aux Finances Antonio Pappalardo avait été démis de ses fonctions par le Conseil des ministres. Ex-commandant des carabiniers de la région d’Ombrie, M. Pappalardo avait été condamné à huit mois de prison par le tribunal militaire de Rome pour diffamation envers le commandant général des carabiniers. Le gouvernement présidé alors par Carlo Azeglio Ciampi avait destitué le secrétaire d’Etat parce qu’il avait refusé de démissionner après cette condamnation. (AFP)
Un des cinq secrétaires d’Etat à l’Intérieur du gouvernement de centre-gauche italien de Romano Prodi, Angelo Giorgianni, a été révoqué de ses fonctions par le chef de l’Etat Oscar Luigi Scalfaro en raison de ses liens supposés avec la mafia. Ancien magistrat anti-corruption en Sicile, devenu secrétaire d’Etat en mai 1996, M. Giorgianni, 43 ans, avait été mis en cause il y a trois jours par la commission parlementaire anti-mafia qui le soupçonne d’avoir quasi systématiquement accordé des non-lieux dans les affaires dont il s’occupait comme substitut du procureur de Messine (Sicilie) de 1993 à 1996. Le Conseil des ministres italiens avait entamé la procédure visant à la révocation de M. Giorgianni, après que celui-ci ait catégoriquement refusé de démissionner. «Le Conseil des ministres est convenu, à...