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Actualités - Reportage

Arlette Levy nostalgique du Liban (photo)

Je suis née à Beyrouth, quartier Sanayeh, mon père à Saïda, mon grand-père à Deir el-Kamar et je pourrais remonter ainsi jusqu’à cinq générations. Nostalgique, Arlette Levy Adler, 70 ans, se souvient: «Nous habitions pas loin du domicile du président de la République, M. Béchara el-Khoury. Elève du Collège protestant, j’ai fait mes études de Droit à l’USJ et commencé mon stage chez Me Eddé. J’ai collaboré au journal «Le Matin» avec Kesrouan Labaki… Nous passions nos vacances d’été à Aley, j’aimais me baigner chez Ajram…». C’est elle, affirme-t-elle à Beyrouth, qui avait découvert l’artiste Aref Rayess… A l’époque, les camarades d’Arlette s’appelaient Sonia Lteif, Janine Rebeiz, Leila Ghandour, Souad Merhej, Emile Riachi, Fouad Naffah… François Hraoui était un très bon ami de son père qui traitait affaires avec un certain Haïdar… La porte de la mémoire grand ouverte, Arlette Levy pourrait ainsi se souvenir longtemps: «lorsqu’aujourd’hui je feuillette mes cahiers d’enfance, je revois la page où j’ai dessiné le drapeau libanais avec cette inscription: «le Liban mon pays…». Vingt années se sont ainsi écoulées dans l’inconscience et la vie facile au sein d’une famille de la grande bourgeoisie beyrouthine. Elle se marie avec un Egyptien, vivant lui aussi au Liban, et s’en va avec lui habiter en Egypte. Jusqu’à la création de l’Etat d’Israël: «On a dû précipitamment nous rendre dans ce pays que je n’avais jamais visité et dont je ne connaissais ni les gens, ni la langue, ni les coutumes. Il a fallu que j’apprenne l’hébreu, que je me fonde dans mon nouvel environnement, ce qui n’était pas facile au début. C’était d’ailleurs le sort de bien d’autres juifs libanais ou égyptiens vivant notre situation. Puis, je me rendais quotidiennement à la frontière nord du pays et regardais vers le Liban en pleurant à chaudes larmes. De l’autre côté se trouvaient ma mère, et les gens que j’aimais. Cette coupure entre le passé et le présent était bien douloureuse… Jusqu’à ce jour, j’envie les gens dont la vie d’adulte est une suite naturelle de leur enfance. J’essayais de raconter à mes enfants Aley, Beyrouth, Ajram, cela ne les intéressait pas. Pour eux, il s’agissait d’un autre monde…». Aujourd’hui, son rêve le plus cher est de revoir le pays de son enfance. Qu’en garde-t-elle encore? «Beaucoup de nostalgie et de l’affection pour ceux que j’ai aimés… «Mais j’ai déjà 70 ans et lorsqu’on me demande ma biographie, je dis être le résultat de drôles de circonstances».
Je suis née à Beyrouth, quartier Sanayeh, mon père à Saïda, mon grand-père à Deir el-Kamar et je pourrais remonter ainsi jusqu’à cinq générations. Nostalgique, Arlette Levy Adler, 70 ans, se souvient: «Nous habitions pas loin du domicile du président de la République, M. Béchara el-Khoury. Elève du Collège protestant, j’ai fait mes études de Droit à l’USJ et commencé mon stage chez Me Eddé. J’ai collaboré au journal «Le Matin» avec Kesrouan Labaki… Nous passions nos vacances d’été à Aley, j’aimais me baigner chez Ajram…». C’est elle, affirme-t-elle à Beyrouth, qui avait découvert l’artiste Aref Rayess… A l’époque, les camarades d’Arlette s’appelaient Sonia Lteif, Janine Rebeiz, Leila Ghandour, Souad Merhej, Emile Riachi, Fouad Naffah… François Hraoui était un très bon ami...