Le ministère israélien de la Défense a relancé hier la controverse sur un retrait du Liban en insistant sur la nécessité d’associer la Syrie à un règlement, heurtant ainsi de front le ténor de la droite Ariel Sharon qui propose un retrait unilatéral progressif. La Syrie doit être associée à tout règlement sur un retrait militaire israélien du Liban-Sud, a estimé hier Uri Lubrani, coordinateur pour les activités israéliennes au Liban au ministère de la Défense, cité par l’AFP. «Toute tentative visant à écarter les Syriens d’un règlement au Liban serait inconsidérée, car il est évident qu’ils exercent leur contrôle sur ce pays», a affirmé M. Lubrani à la radio publique israélienne. Selon lui, le ministre de la Défense «Yitzhak Mordehaï a lancé une initiative soigneusement préparée qu’il est possible de promouvoir et qui a de bonnes chances de progresser. Les conditions semblent mûres pour qu’Israël réponde aux exigences posées depuis des années par le Liban». M. Lubrani avait accompagné à Paris il y a une dizaine de jours M. Mordehaï, qui avait appelé à une relance des pourparlers de paix avec Damas gelés depuis deux ans. M. Sharon, ministre des Infrastructures nationales, a suggéré vendredi «un redéploiement, précédé de l’annonce d’étapes bien définies, d’une partie de la zone (occupée) pour laisser les Libanais entrer». «Nous devons leur faire savoir à l’avance ce qui arriverait s’ils n’entraient pas» dans la zone évacuée, a-t-il poursuivi. Il a laissé entendre qu’Israël se réserverait le droit d’attaquer les infrastructures économiques libanaises si le Hezbollah devait prendre position dans les zones évacuées. Partisan de la manière forte, M. Sharon a été ministre de la Défense durant l’invasion du Liban en 1982. «Le plan Sharon conduirait inéluctablement à notre retour en force au Liban et à notre enlisement», a estimé un haut responsable de la sécurité cité par le quotidien «Yédiot Aharonot». Le Golan M. Sharon a en fait voulu couper herbe sous le pied à M. Mordehaï qui envisage le retrait dans le cadre d’une initiative diplomatique associant notamment la France, les Etats-Unis, l’ONU et a fortiori la Syrie. Selon Zeev Schiff, expert militaire du quotidien «Haaretz», M. Sharon tente d’enfoncer un coin «pour séparer les discussions sur le Liban de la question du plateau du Golan» syrien, occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est déclaré prêt à reprendre les pourparlers de paix avec la Syrie sans conditions préalables, alors que Damas souhaite les relancer au point où ils avaient abouti avec le Cabinet travailliste de Shimon Pérès avant sa défaite électorale en mai 1996. M. Pérès avait accepté le principe d’un retrait du Golan dont l’ampleur aurait été fonction de l’ampleur de la paix. Selon la seconde chaîne privée de télévision israélienne, M. Mordehaï a rencontré vendredi l’ambassadeur des Etats-Unis à Tel-Aviv, Ned Walker, en vue d’une mission qu’il entend mener fin mars à Washington pour convaincre les Américains de soutenir son initiative au Liban. MM. Mordehaï et Sharon doivent expliquer leurs projets respectifs mercredi durant la séance du Cabinet de sécurité, selon une source officielle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministère israélien de la Défense a relancé hier la controverse sur un retrait du Liban en insistant sur la nécessité d’associer la Syrie à un règlement, heurtant ainsi de front le ténor de la droite Ariel Sharon qui propose un retrait unilatéral progressif. La Syrie doit être associée à tout règlement sur un retrait militaire israélien du Liban-Sud, a estimé hier Uri Lubrani, coordinateur pour les activités israéliennes au Liban au ministère de la Défense, cité par l’AFP. «Toute tentative visant à écarter les Syriens d’un règlement au Liban serait inconsidérée, car il est évident qu’ils exercent leur contrôle sur ce pays», a affirmé M. Lubrani à la radio publique israélienne. Selon lui, le ministre de la Défense «Yitzhak Mordehaï a lancé une initiative soigneusement préparée qu’il...