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Actualités - Chronologie

Turquie : Yilmaz appelle l'armée à respecter la démocratie

Turquie: Yilmaz appelle l’armée à respecter la démocratie Le premier ministre turc Mesut Yilmaz a appelé vendredi l’armée à respecter la démocratie dans la lutte contre le fondamentalisme religieux dont elle s’est faite le fer de lance. «Nous ne pouvons pas abandonner les méthodes démocratiques en luttant contre le fondamentalisme», a déclaré M. Yilmaz à des journalistes dans l’avion qui le conduisait à Tbilissi pour une visite officielle en Géorgie, selon l’agence Anatolie. «Si quelqu’un se fait l’avocat d’une méthode qui soit hors du cadre de la loi pour lutter contre le fondamentalisme ou le terrorisme, il devient lui-même une troisième menace pour le pays, après le fondamentalisme et le terrorisme», a-t-il ajouté. Les propos de M. Yilmaz surviennent alors que la presse écrit depuis plusieurs jours que l’armée, qui a joué un rôle central l’an dernier dans l’éviction du pouvoir d’un gouvernement à dominante islamiste, est mécontente de la prestation du gouvernement Yilmaz dans la lutte contre l’extrémisme islamiste. Mardi, Deniz Baykal, chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), avait évoqué la possibilité que soit mis sur pied un «régime intérimaire». Dans le jargon politique turc, «régime intérimaire» signifie coup d’Etat et mise en place par l’armée de structures provisoires. Les militaires ont fait trois putsches, en 1960, 1971 et 1980, toujours officiellement pour protéger l’Etat contre des menées subversives. «Que personne n’abuse de la lutte contre le fondamentalisme pour sa propre quête du pouvoir (...) La Turquie a assez de maturité pour stopper la menace du fondamentalisme dans le cadre de la démocratie», a encore dit M. Yilmaz. Une affaire de foulards Husamettin Cindoruk, chef du Parti pour une Turquie démocratique (DTP), le plus petit des trois partis de l’actuelle coalition gouvernementale, a lui aussi évoqué vendredi la possibilité d’un coup d’Etat. «La chose la plus réactionnaire en Turquie, c’est de souhaiter et d’effectuer un coup d’Etat», a déclaré M. Cindoruk, qui accompagne M. Yilmaz en Géorgie. Dans le langage politique turc, il est souvent fait allusion aux fondamentalistes musulmans par l’expression «les réactionnaires». Les déclarations de MM. Yilmaz et Cindoruk sont les premières réactions publiques du gouvernement à ce que plusieurs analystes ont décrit comme l’ingérence de l’armée dans la vie politique du pays. Les généraux, qui se considèrent comme les défenseurs de la laïcité de l’Etat, ont lancé leur campagne antifondamentaliste l’an dernier sous le gouvernement de l’ex-premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, qu’ils accusaient d’encourager les islamistes radicaux. En février 1997, le tout-puissant Conseil national de Sécurité (MGK), dominé par les militaires, avait exigé de M. Erbakan l’application d’un plan en 18 points pour stopper la montée du fondamentalisme, incluant la fermeture de certaines écoles religieuses, l’interdiction de la propagande et des vêtements islamistes et le limogeage d’éléments extrémistes de l’administration. Ayant refusé d’appliquer ce plan, M. Erbakan avait été contraint à démissionner en juin sous la pression des militaires et avait été remplacé par le conservateur Mesut Yilmaz. Selon les analystes, la prochaine réunion du MGK, fin mars, pourrait voir un affrontement entre les généraux et M. Yilmaz sur sa politique vis-à-vis du radicalisme islamiste. En août dernier, son gouvernement avait fait passer une loi prévoyant la fermeture des sections secondaires des écoles religieuses d’Etat. Mais le mois dernier, la question du foulard islamique avait semé la division au sein du gouvernement. Le ministre pro-laïc de l’Education Hikmet Ulugbay, du Parti de la gauche démocratique (DSP), avait interdit le port du foulard dans les écoles religieuses d’Etat. Mais après de vives protestations de groupes islamistes, M. Yilmaz avait levé cette mesure début mars. La presse avait alors écrit que les militaires étaient irrités par la décision de M. Yilmaz et l’avaient mis en garde contre toute concession aux islamistes.
Turquie: Yilmaz appelle l’armée à respecter la démocratie Le premier ministre turc Mesut Yilmaz a appelé vendredi l’armée à respecter la démocratie dans la lutte contre le fondamentalisme religieux dont elle s’est faite le fer de lance. «Nous ne pouvons pas abandonner les méthodes démocratiques en luttant contre le fondamentalisme», a déclaré M. Yilmaz à des journalistes dans l’avion qui le conduisait à Tbilissi pour une visite officielle en Géorgie, selon l’agence Anatolie. «Si quelqu’un se fait l’avocat d’une méthode qui soit hors du cadre de la loi pour lutter contre le fondamentalisme ou le terrorisme, il devient lui-même une troisième menace pour le pays, après le fondamentalisme et le terrorisme», a-t-il ajouté. Les propos de M. Yilmaz surviennent alors que la presse écrit depuis...