L’an dernier, Anoon, jeune Soudanaise de 15 ans, a été enlevée par les troupes du seigneur de la guerre local, Cherubino Kwyanin Bol, prise en esclavage et forcée à garder les vaches. Elle raconte, par le truchement d’un traducteur, comment elle a pu s’échapper et regagner son village natal, Akon, tout au nord de la province du Bahr el-Ghazal dans le sud du Soudan. Cependant, elle a depuis perdu toute trace de ses parents En juillet 1997, Cherubino, nommé ainsi par des missionnaires italiens en raison de son visage de chérubin alors qu’il était enfant, selon des responsables d’ONG (organisations non gouvernementales), a mis la région a feu et à sang. En juillet de cette année, il a attaqué, pillé et brièvement occupé la ville de garnison gouvernementale de Wau, à une centaine de kilomètres d’Akon, provoquant un exode de population et un début de famine généralisée dans le Bahr el-Ghazal. Successivement co-fondateur avec l’ex-colonel de l’armée soudanaise John Garang, de la SPLA (Armée populaire de libération du Soudan), principale organisation de guérilla chrétienne et animiste sudiste, puis emprisonné pendant cinq ans par Garang lui-même, rallié ensuite à Khartoum et, enfin revenu récemment au bercail de la SPLA, Cherubino, décrit par plusieurs membres d’ONG comme un psychopathe, n’est qu’un des fléaux qui s’abattent depuis des lustres sur le Bahr el-Ghazal. Car les milices musulmanes du PDF (People’s Defence Force, Forces de défense populaires), qui descendent du nord au début de chaque saison sèche, sont aussi redoutées que les bandes armées de Cherubino. Leur dernière attaque en date remonte au moins de juin. Meurtres, viols, esclavage Roger Blériaux, un employé du Programme alimentaire mondial (PAM) à Akon, explique: «Les gens du PDF viennent dans les villages à cheval. C’est un mode de combat très efficace. Ils passent partout. Ils sont rapides et de leur position élevée ils peuvent voir les gens fuyant au loin. Les femmes sont violées, les hommes sont tués et les enfants sont emmenés en esclavage. L’esclavage existe encore et il y a toujours, au sud du Soudan, une route des esclaves comme par les siècles passés», explique-t-il. Ce matin-là, le jeune homme originaire du nord de la France doit coordonner du sol un largage par avion Hercules C130 de biscuits hyper-protéinés BP5 et de maïs, destinés à nourrir une population affamée qui attend au point de distribution du PAM de recevoir sa nourriture quotidienne.
L’an dernier, Anoon, jeune Soudanaise de 15 ans, a été enlevée par les troupes du seigneur de la guerre local, Cherubino Kwyanin Bol, prise en esclavage et forcée à garder les vaches. Elle raconte, par le truchement d’un traducteur, comment elle a pu s’échapper et regagner son village natal, Akon, tout au nord de la province du Bahr el-Ghazal dans le sud du Soudan. Cependant, elle a depuis perdu toute trace de ses parents En juillet 1997, Cherubino, nommé ainsi par des missionnaires italiens en raison de son visage de chérubin alors qu’il était enfant, selon des responsables d’ONG (organisations non gouvernementales), a mis la région a feu et à sang. En juillet de cette année, il a attaqué, pillé et brièvement occupé la ville de garnison gouvernementale de Wau, à une centaine de kilomètres d’Akon,...
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