Un congrès mondial sur l’euthanasie, organisé à Zurich sur le thème de «la mort dans la dignité», a fait grand cas mardi du «modèle suisse» qui propose depuis des années sous conditions mais en toute légalité le «suicide accompagné». La Suisse est le seul pays où tant l’assistance médicale que non médicale au suicide est autorisée. L’article 115 du Code pénal prévoit en effet que l’assistance au suicide n’est pas punissable, en l’absence de mobile égoïste et à condition que le candidat à la mort accomplisse seul les gestes ultimes. La législation permet ainsi à tout un chacun de fournir une assistance au suicide à condition de le faire par humanité et sans recherche de gain personnel, a expliqué à Zurich Meinrad Schar, l’ex-président de l’association Exit. Celle-ci aide chaque année environ 120 personnes gravement malades et en phase terminale à mourir, a précisé M. Schar. Les diagnostics les plus fréquents des personnes optant pour l’euthanasie sont le cancer (60 % des cas), les troubles neurologiques (sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique, maladie de Parkinson) avec 15 %, les atteintes au squelette (10 %), les maladies cardio-vasculaires (10 %) et le sida (5 %). Recrutant en Suisse alémanique, l’association propose ainsi une triple dose d’un puissant barbiturique pour un trépas en douceur. Mais pour que les «deux accompagnants» de l’association tendent le verre mortel au candidat avant d’accompagner obligatoirement ses derniers instants et de prévenir les autorités, il faut remplir plusieurs conditions. Il faut présenter un certificat médical faisant état d’un problème de santé intolérable et avec un mauvais pronostic. Il faut avoir au moins 18 ans, être en possession de ses droits de citoyen et être sain d’esprit. Les personnes paralysées atteintes d’une maladie incurable ne pourront pas recourir au service d’Exit si elles ne peuvent signer de leur propre main une demande d’assistance à un membre de l’association avec lequel un entretien préalable est obligatoire avant la «dernière séance». Il en ira de même s’il ne peut avaler sans aide le contenu du verre mortel puisqu’il doit s’agir d’une «autodélivrance». Créée il y a 16 ans, Exit revendique 63.000 membres qui payent 25 francs suisses pour l’année «ou 400 francs suisses (300 dollars) pour toute leur vie», a indiqué un responsable. Il n’est pas rare que des membres fassent un legs à l’association qui serait aujourd’hui à la tête d’un pactole de quelque 4 millions de francs suisses. Une partie est reversée à des centres de recherches sur le sida ou la maladie d’Alzheimer, une autre est engloutie en publicité. La Telévision suisse romande SSR a cependant refusé récemment des spots où trois personnalités suisses devaient déclarer leur appartenance à l’association. Selon Exit qui n’y est pas vraiment favorable, il appartient à chacun de décider si le médecin soignant doit être présent avec les accompagnants. Une transfuge de l’association qui a créé l’association concurrente Dignitas à Bâle juge par contre indispensable d’associer le médecin traitant. Médecin non pratiquant, Anna Regula Hartmann estime que les médecins «doivent apprendre à jouer aussi ce rôle lorsque c’est nécessaire».
Un congrès mondial sur l’euthanasie, organisé à Zurich sur le thème de «la mort dans la dignité», a fait grand cas mardi du «modèle suisse» qui propose depuis des années sous conditions mais en toute légalité le «suicide accompagné». La Suisse est le seul pays où tant l’assistance médicale que non médicale au suicide est autorisée. L’article 115 du Code pénal prévoit en effet que l’assistance au suicide n’est pas punissable, en l’absence de mobile égoïste et à condition que le candidat à la mort accomplisse seul les gestes ultimes. La législation permet ainsi à tout un chacun de fournir une assistance au suicide à condition de le faire par humanité et sans recherche de gain personnel, a expliqué à Zurich Meinrad Schar, l’ex-président de l’association Exit. Celle-ci aide chaque année...
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