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Actualités - Chronologie

L'Alliance consacrée gendarme de l'Europe (photos)

La crise au Kosovo, dans laquelle l’Otan joue une carte majeure, confirme le nouveau rôle de gendarme de l’Europe, endossé par l’Alliance atlantique depuis la fin de la Guerre froide (1989). Confinée jusqu’à cette échéance à la seule défense du territoire de ses membres, l’Otan a depuis outrepassé le cadre strict de son intervention, sans l’avoir établi au préalable dans sa «bible», le «concept stratégique». Ce document est en cours de révision et sa nouvelle formule sera approuvée formellement en avril à Washington, lors d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement convoqué pour le 50e anniversaire de la création de l’organisation (4 avril 1949). Les faits ont été plus rapides. En 1995, l’Otan s’est lancée dans la première opération terrestre de son histoire, en Bosnie, et cette mission de paix dure toujours avec la présence dans ce pays d’encore 30.000 militaires. Mai dernier: la crise au Kosovo prend de l’ampleur et l’Otan décide de lancer une vaste planification, comprenant une multitude d’options d’intervention, aérienne et terrestre. Cette nouvelle orientation, à l’initiative de Washington, comprend pour la première fois dans l’histoire de l’Alliance la perspective d’une action armée dans un pays souverain sans mandat explicite de l’Onu. Elle établit de manière définitive la suprématie incontestée de l’Organisation dominée par les Etats-Unis dans la gestion des nouvelles crises qui éclatent en Europe, avec la bénédiction plus ou moins appuyée, selon les pays, des alliés européens de Washington. A côté de l’Otan, l’Union de l’Europe occidentale (UEO), qui se veut l’expression d’une volonté de défense européenne commune sans intervention des Américains, en est réduite au rôle de simple figurant, tandis que la Russie crie «au loup» sans avoir les moyens de contrebalancer le poids américain. Après quarante ans de face à face, armes aux pieds et souvent tendu avec feue l’Union soviétique, le nouveau rôle que s’est approprié l’Otan révolutionne son fonctionnement et les équilibres stratégiques en Europe. «Notre action est fidèle à l’idée que nous nous faisons de la gestion de crises», assure un responsable de l’Otan sous couvert d’anonymat, en reconnaissant le caractère inédit de l’orientation choisie. «Nous avons tiré les leçons de la Bosnie et ne voulons plus intervenir après le déclenchement d’une guerre», ajoute-t-il, afin d’expliquer l’énorme travail de planification entrepris par l’Otan qui a conduit quatre mois plus tard à une menace très sérieuse d’engager une épreuve de force avec Belgrade. Le «spectre de la Forpronu» (Force de l’Onu envoyée en 1992 en Bosnie pour «maintenir la paix» alors que la guerre y faisait déjà rage) reste très présent dans les têtes des stratèges de l’Alliance. Les militaires en particulier ont exprimé de multiples réserves sur un engagement de troupes au Kosovo, qui équivaut, selon eux, à un enlisement à très long terme. A cet égard, le choix de confier à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) la mission principale d’une vérification au sol des engagements de Belgrade ne peut que les satisfaire pleinement. Avec une force de 2.000 vérificateurs, l’OSCE va prendre en main la plus importante opération de son histoire. Un format qui exclut cependant tout risque de compétition avec l’Otan, dont le dernier scénario d’intervention terrestre prévoyait le recours à... 26.000 hommes. Le rôle de l’Otan comme pilier central dans le maintien de la sécurité va continuer à croître dans les années à venir, prédisent les experts. Même si l’Alliance atlantique et les Américains devront de plus en plus tenir compte des positions d’autres instances, comme le Groupe de contact sur les Balkans, l’OSCE, voire l’Onu, comme cela vient de se produire avec la crise au Kosovo.
La crise au Kosovo, dans laquelle l’Otan joue une carte majeure, confirme le nouveau rôle de gendarme de l’Europe, endossé par l’Alliance atlantique depuis la fin de la Guerre froide (1989). Confinée jusqu’à cette échéance à la seule défense du territoire de ses membres, l’Otan a depuis outrepassé le cadre strict de son intervention, sans l’avoir établi au préalable dans sa «bible», le «concept stratégique». Ce document est en cours de révision et sa nouvelle formule sera approuvée formellement en avril à Washington, lors d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement convoqué pour le 50e anniversaire de la création de l’organisation (4 avril 1949). Les faits ont été plus rapides. En 1995, l’Otan s’est lancée dans la première opération terrestre de son histoire, en Bosnie, et cette...