Pour la première fois en 52 ans d’existence, le championnat professionnel nord-américain de basket-ball (NBA) est menacé d’être écourté au mieux, annulé dans sa totalité au pire, à la suite d’un conflit salarial. Les hostilités ont été déclenchées par les propriétaires d’équipes qui ont imposé un lock-out le 1er juillet dans le but avoué de mettre fin à la hausse vertigineuse des salaires des joueurs. Trois mois plus tard, les négociations sont au point mort et personne ne s’attend que la NBA et le syndicat des joueurs, qui se sont rencontrés en vain jeudi à New York pour la deuxième fois depuis le début du lock-out, réussissent à se mettre d’accord à temps pour permettre le début du championnat à la date prévue du 3 novembre. Il faudrait pour cela que propriétaires et joueurs réussissent enfin à s’entendre sur l’art de se partager un pactole estimé à environ 2 milliards de dollars par an. «Nous sommes prêts à nous asseoir autour d’une table et à discuter jour et nuit et peut-être une idée surgira. Mais je n’ai aucune raison d’être optimiste», a souligné jeudi Russ Granik, commissaire adjoint de la NBA. La NBA, qui a déjà annulé tous les matches amicaux d’avant saison et repoussé sine die le début des stages d’entraînement, souhaite faire tomber progressivement de 57% (en 1997) à 48% la part des colossaux revenus du basket professionnel aux États-Unis en imposant un plafond salarial intangible. Un long conflit Le syndicat des joueurs ne veut pas en entendre parler, pas plus que d’une suppression de la clause dite «Larry Bird», du nom de l’ancien joueur des Celtics de Boston et actuel entraîneur d’Indiana, permettant aux clubs de racheter leurs propres joueurs en fin de contrat sans limites de salaire. «Nous n’allons pas jouer contre nous-mêmes. Ils ont pris une position intransigeante», a souligné jeudi Billy Hunter, directeur du syndicat des joueurs. Réfutant l’assertion de la NBA selon laquelle la moitié des clubs au moins est actuellement déficitaire, le syndicat des joueurs, par la voix de son président, le pivot des New York Knicks Patrick Ewing, juge au contraire que «la NBA gagne beaucoup d’argent. Pour la plus grande part, tout le monde est financièrement bien. Alors, nous ne voyons pas pourquoi ils ont eu besoin d’imposer un lock-out». Tous, en fait, s’attendent à un long conflit. Les joueurs attendent le résultat d’un arbitrage qu’ils ont demandé sur le paiement des salaires pour les contrats en cours pendant le lock-out. Celui-ci doit être rendu au 19 octobre, mais ne devrait rien changer, la NBA ayant décidé de faire appel devant les tribunaux en cas de décision défavorable. Alors que le syndicat des joueurs a amassé, dit-on, un trésor de guerre de quelque 100 millions de dollars, les propriétaires peuvent, eux, se permettre de voir venir. Ils sont d’ores et déjà assurés de toucher la première annuité – environ 23 millions de dollars par équipe – du nouveau contrat quadriennal de 2,6 milliards de dollars conclu par la NBA avec les télévisions NBC et Turner Sports. Dans ce contexte, personne ne croit plus au démarrage de la saison le 3 novembre et la date la plus souvent avancée maintenant est celle du 1er janvier 1999. À condition que tout soit terminé au moins trois semaines avant pour donner aux clubs le temps de conclure les transferts de joueurs et de tenir de mini-stage d’entraînement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour la première fois en 52 ans d’existence, le championnat professionnel nord-américain de basket-ball (NBA) est menacé d’être écourté au mieux, annulé dans sa totalité au pire, à la suite d’un conflit salarial. Les hostilités ont été déclenchées par les propriétaires d’équipes qui ont imposé un lock-out le 1er juillet dans le but avoué de mettre fin à la hausse vertigineuse des salaires des joueurs. Trois mois plus tard, les négociations sont au point mort et personne ne s’attend que la NBA et le syndicat des joueurs, qui se sont rencontrés en vain jeudi à New York pour la deuxième fois depuis le début du lock-out, réussissent à se mettre d’accord à temps pour permettre le début du championnat à la date prévue du 3 novembre. Il faudrait pour cela que propriétaires et joueurs réussissent...