La Russie sera contrainte d’importer des céréales et produits alimentaires dans les mois à venir, la récolte de blé risquant de tomber à 50 ou 60 millions de tonnes, ce qui ramènerait le pays au niveau des terribles années 1921 et 1943. Mardi, à la veille de la journée nationale de protestation, le Premier ministre Evgueni Primakov s’était pourtant fait rassurant: le ravitaillement de la population «en légumes et en pommes de terre» sera assuré cet hiver malgré la baisse des importations dues à la crise, avait-il dit, lors d’une intervention télévisée. Le chef du gouvernement s’est cependant abstenu de parler de blé ou de céréales. Certes, relève le quotidien gouvernemental «Rossiiskaia Gazeta», cinq millions de tonnes de farine sont déjà parvenus aux centres de fabrication du pain, mais «il est indéniable qu’il faudra acheter du blé à l’étranger». La question, précise le journal, est en débat au gouvernement où l’on se demande surtout «où prendre l’argent nécessaire et combien». «La production agricole nationale n’est pas en mesure d’assurer aujourd’hui les besoins de la population», a déclaré récemment le nouveau vice-Premier ministre chargé des Affaires agricoles, Guennadi Koulik. La récolte de blé, qui a souffert cette année non seulement de la désorganisation du pays mais de la sécheresse, pourrait s’élever cette année à seulement 60 millions de tonnes, voire 50 millions selon certains experts, contre 88,5 en 1997, ce qui ramènerait le pays au niveau des terribles années 1921 et 1943, souligne également Rossiiskaia Gazeta. En 1921, année de «communisme de guerre», la famine avait ravagé le pays et 1943 reste comme l’une des pires années de guerre. En 1992, juste après la chute de l’URSS, la récolte de blé était encore de 106,8 millions. Presque toutes les cultures agricoles, à l’exception de la betterave à sucre et du tournesol, accusent des retards. Pour le blé, seulement 42,898 millions de tonnes de blé avaient été récoltés à la fin septembre. A Kemerovo (Sibérie), la récolte a pourtant atteint le million de tonnes, un record pour ces dernières années. La récolte fourragère est catastrophique, inférieure de neuf millions de tonnes à celle de l’an dernier, ce qui pourrait contraindre les paysans à abattre une partie des animaux, a souligné un expert occidental en évoquant l’effondrement de la production en lait et viande survenu après un tel scénario au début des années 1990. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Russie sera contrainte d’importer des céréales et produits alimentaires dans les mois à venir, la récolte de blé risquant de tomber à 50 ou 60 millions de tonnes, ce qui ramènerait le pays au niveau des terribles années 1921 et 1943. Mardi, à la veille de la journée nationale de protestation, le Premier ministre Evgueni Primakov s’était pourtant fait rassurant: le ravitaillement de la population «en légumes et en pommes de terre» sera assuré cet hiver malgré la baisse des importations dues à la crise, avait-il dit, lors d’une intervention télévisée. Le chef du gouvernement s’est cependant abstenu de parler de blé ou de céréales. Certes, relève le quotidien gouvernemental «Rossiiskaia Gazeta», cinq millions de tonnes de farine sont déjà parvenus aux centres de fabrication du pain, mais «il est...