Le paiement des salaires en retard, que réclameront mercredi les participants à une journée d’action syndicale, constitue depuis près de trois ans la principale revendication des syndicats russes, excédés au point d’exiger la démission du président Boris Eltsine. Selon les derniers chiffres officiels publiés au 1er septembre, le total des arriérés de salaire en Russie représente 84,062 milliards de roubles. Auxquels s’ajoutent quelque 16 milliards de soldes en retard dues aux militaires, selon des estimations d’experts. Soit au total environ 16 milliards de dollars avant la dévaluation du 17 août, et à peu près 6,25 milliards de dollars aujourd’hui. C’est pourquoi les syndicats russes ne placent pas la lutte contre le chômage en tête de leurs priorités, contrairement à leurs homologues occidentaux. Ils insistent au contraire sur le rattrapage des salaires impayés, premier fléau social du pays. La situation des millions d’ouvriers, employés agricoles, enseignant, médecins ou militaires victimes de ces retards s’est en outre aggravée avec la crise. Alors que les prix ont grimpé en flèche (+45% sur les trois premières semaines de septembre), le Premier ministre Evgueni Primakov a bien précisé que les salaires en retard ne seraient pas indexés sur l’inflation. Dans certains secteurs, les retards atteignent trois, voire six mois, quand ils ne dépassent pas un an, comme dans l’agriculture ou le complexe militaro-industriel. Les secteurs les plus touchés sont l’industrie, qui doit 39 milliards de roubles à ses employés, suivie par les travaux publics et l’agriculture, qui accusent l’un et l’autre quelque 9,5 milliards d’impayés. Temps partiel au bureau Ces Russes, dans leur immense majorité, ne quittent pas leur emploi, mais ne font que de brèves apparitions au bureau ou à l’usine, consacrant la majorité de leur temps à la culture de leur petit lopin de terre et à la vente de leurs surplus. Le gouvernement a commencé à débloquer des fonds à l’approche des grandes manifestations prévues le 7 octobre. Probablement en faisant fonctionner la planche à billets, selon les experts, au risque de relancer l’inflation. L’armée vient de recevoir 1,4 milliard de roubles, pour régler les soldes de juin et juillet. A peine un dixième des sommes en retard. Juste de quoi calmer les esprits avant les manifestations du 7 octobre. Le secteur du nucléaire, à qui l’Etat doit 700 millions au total, «vient de toucher 317 millions destinés aux paies de juillet-août et partiellement de septembre», affirme l’un des responsables du ministère de l’Atome, Vladimir Zoubakov. La dernière partie de cette somme devait être transférée lundi par la Banque centrale sur les comptes des entreprises, dans l’espoir de voir les salaires payés avant le 7 octobre. Le numéro un de l’Union des syndicats russes, Mikhaïl Chmakov, a cependant affirmé dimanche que son organisation soutiendra mercredi le mot d’ordre lancé par le Parti communiste: «Eltsine démission». Les versements d’urgence effectués par le ministère des Finances ne garantissent pas, en outre, le paiement immédiat des salaires. De nombreux retards suspects et des irrégularités flagrantes sont en effet fréquemment constatés lors des transferts de fonds entre la Banque centrale et les comptes des régions, puis entre ces derniers et les comptes des entreprises, censées payer directement les salaires. Sur les 84 milliards de roubles en souffrance, seuls 18,5 sont en effet dus directement par l’Etat aux salariés. Le reste est dû par les entreprises, qui attendent pour procéder aux règlements que l’Etat veuille bien payer ses commandes. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le paiement des salaires en retard, que réclameront mercredi les participants à une journée d’action syndicale, constitue depuis près de trois ans la principale revendication des syndicats russes, excédés au point d’exiger la démission du président Boris Eltsine. Selon les derniers chiffres officiels publiés au 1er septembre, le total des arriérés de salaire en Russie représente 84,062 milliards de roubles. Auxquels s’ajoutent quelque 16 milliards de soldes en retard dues aux militaires, selon des estimations d’experts. Soit au total environ 16 milliards de dollars avant la dévaluation du 17 août, et à peu près 6,25 milliards de dollars aujourd’hui. C’est pourquoi les syndicats russes ne placent pas la lutte contre le chômage en tête de leurs priorités, contrairement à leurs homologues occidentaux. Ils...