La Banque d'Angleterre sous pression pour l'amener à baisser les taux d'intérêt
le 08 octobre 1998 à 00h00
Le chancelier de l’Echiquier Gordon Brown a fait monter un peu plus la pression sur la Banque d’Angleterre pour qu’elle baisse les taux d’intérêt en soulignant, à la veille de la décision du Comité monétaire, le danger d’un ralentissement de l’économie plus fort que prévu. «Un ralentissement de la croissance mondiale rend inévitable une modération de la croissance en Grande-Bretagne», a déclaré Gordon Brown mardi à Washington devant l’Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale. Peu avant le début mercredi de la réunion mensuelle du Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, les déclarations de Gordon Brown ont été perçues comme un appel clair à un assouplissement monétaire. Le premier ministre Tony Blair s’était lui-même aventuré de manière inhabituelle sur le terrain de la politique monétaire à l’occasion du congrès travailliste la semaine dernière en exprimant l’espoir que les taux ne monteraient plus. Ces pressions, bien que subtiles, ont d’autant plus d’impact que le gouvernement britannique s’était jusqu’à présent montré très prudent sur le sujet, répétant que les décisions de politique monétaire appartenaient à la Banque d’Angleterre. Cette dernière, très attachée à une toute jeune indépendance, aurait même, selon la presse, fait part de son agacement face à la manière dont l’entourage du chancelier a encouragé les médias à spéculer sur une réduction du loyer de l’argent. Certains analystes imaginent même que la Banque centrale puisse renoncer à une baisse de son taux de prise en pension dans le seul but de démontrer son indépendance, décidée par les travaillistes eux-mêmes dès leur arrivée au pouvoir en mai 1997. Mais les pressions ne sont pas seulement politiques. Mercredi matin, plus de 200 personnes manifestaient devant le siège de la Banque d’Angleterre à l’appel d’un des principaux syndicats britanniques, pour exiger une baisse du loyer de l’argent d’au moins 1% et sauvegarder 250.000 emplois menacés par la vigueur de la livre. Hausse des faillites Les faillites d’entreprises en Grande-Bretagne ont augmenté durant les trois premiers trimestres de 1998 après une baisse quasi continue de cinq années, a annoncé le cabinet d’expertise Dun & Bradstreet (D&B). Le nombre d’entreprises qui ont mis la clé sous la porte pendant les neuf premiers mois de l’année a augmenté de 2,8% par rapport à la même période de l’année précédente, avec 29.179 cas, précise-t-il dans une enquête publiée mercredi. Ces chiffres sont révélateurs du ralentissement aussi bien de l’économie britannique que de l’économie mondiale, a estimé Philip Mellor, analyste chez D&B. «Le nombre de faillites au deuxième trimestre avait augmenté de 4,3% par rapport à la période comparable de 1997 et D&B avait alors indiqué que la tendance (économique du pays) était en train de s’inverser», a-t-il rappelé. «Ce trimestre (le troisième) montre une augmentation de près de 18% du nombre des faillites». (AFP, Reuters)
Le chancelier de l’Echiquier Gordon Brown a fait monter un peu plus la pression sur la Banque d’Angleterre pour qu’elle baisse les taux d’intérêt en soulignant, à la veille de la décision du Comité monétaire, le danger d’un ralentissement de l’économie plus fort que prévu. «Un ralentissement de la croissance mondiale rend inévitable une modération de la croissance en Grande-Bretagne», a déclaré Gordon Brown mardi à Washington devant l’Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale. Peu avant le début mercredi de la réunion mensuelle du Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, les déclarations de Gordon Brown ont été perçues comme un appel clair à un assouplissement monétaire. Le premier ministre Tony Blair s’était lui-même aventuré de manière inhabituelle sur le terrain...
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