Le ministre Walid Joumblatt a annoncé hier qu’il allait boycotter l’élection du commandant en chef de l’armée, le général Émile Lahoud, à la tête de l’État, et critiqué «le manque de démocratie» dans sa désignation. «Nul ne peut nous obliger à voter contre nos convictions. Ma voix et celle du Parti socialiste progressiste sont chères. Historiquement, nous n’acceptons pas qu’un militaire prenne les commandes du pays, même si ce militaire va ôter son uniforme et prendre ses fonctions en civil», a déclaré à la presse M. Joumblatt, à l’issue d’un entretien avec le président Elias Hraoui, en présence du ministre Akram Chéhayeb. «Les choses auraient dû se passer de manière plus démocratique», a-t-il estimé. Selon M. Joumblatt, «il existe une diversité politique dans le pays et suffisamment de concurrence, ces principes n’ont pas été respectés». Mais le dirigeant druze veut «éviter dès le début une confrontation». Pour cette raison, il a annoncé qu’il s’absenterait ce jeudi de la réunion du Conseil des ministres, ainsi que de la séance parlementaire électorale. Seuls les députés du PSP sont concernés par cette décision, «et nous laissons le libre choix aux membres du Front de la lutte nationale», a-t-il précisé. Formé de onze parlementaires, ce bloc comprend trois députés du PSP, rappelle-t-on. M. Joumblatt a fait à ce sujet un pointage expéditif: «J’ai appelé Nabil Boustani, je ne l’ai pas trouvé, il semble être encore occupé à Monaco», a-t-il dit, avant de poursuivre: «J’ai également contacté Abdo Bejjani et Wadih Akl pour leur laisser le libre choix. Quant à Zaher el-Khatib, il n’est pas chez moi, il est à Yarzé. J’appellerai aujourd’hui Khalil Abdelnour. Antoine Andraos a toujours été avec Hariri», a-t-il déclaré. Toutefois, M. Joumblatt évite de se prononcer quant à une éventuelle participation au prochain gouvernement. Il a en outre indiqué qu’il avait annoncé sa candidature à la présidence de la République «uniquement pour montrer mon objection». «Nous sommes des citoyens de seconde ou même de troisième catégorie, vous le savez bien», a-t-il dit aux journalistes accrédités au palais de Baabda. Par ailleurs, le ministre des Déplacés a dressé un bilan positif de ses relations avec le chef de l’État Elias Hraoui. «Dans les bons et les mauvais jours, j’ai conservé mon amitié pour le président Hraoui malgré quelques moments de tension», a-t-il dit, rappelant dans ce cadre que le chef de l’État avait participé à plusieurs reprises à des réconciliations dans la montagne.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre Walid Joumblatt a annoncé hier qu’il allait boycotter l’élection du commandant en chef de l’armée, le général Émile Lahoud, à la tête de l’État, et critiqué «le manque de démocratie» dans sa désignation. «Nul ne peut nous obliger à voter contre nos convictions. Ma voix et celle du Parti socialiste progressiste sont chères. Historiquement, nous n’acceptons pas qu’un militaire prenne les commandes du pays, même si ce militaire va ôter son uniforme et prendre ses fonctions en civil», a déclaré à la presse M. Joumblatt, à l’issue d’un entretien avec le président Elias Hraoui, en présence du ministre Akram Chéhayeb. «Les choses auraient dû se passer de manière plus démocratique», a-t-il estimé. Selon M. Joumblatt, «il existe une diversité politique dans le pays et suffisamment de...