Le gouvernement militaire nigérian cherche à replacer le Nigeria à sa «place légitime» au sein de la communauté internationale, a déclaré jeudi le général Abdulsalami Abubakar, au pouvoir depuis juin dernier. Dans un message à la nation, radiodiffusé à l’occasion du 38e anniversaire de l’indépendance, le président a indiqué qu’il avait consacré beaucoup de temps depuis son arrivée à la tête du pays à «améliorer notre image extérieure». «Notre politique a pour but de faire retrouver à notre pays sa place légitime comme membre accepté et respecté de la communauté internationale», a-t-il précisé. Sous la direction du général Sani Abacha, décédé en juin dernier, le pays le plus peuplé d’Afrique était devenu un paria. Il avait été suspendu du Commonwealth après l’exécution en novembre 1995 de Ken Saro-Wiwa et de huit autres membres du Mouvement pour la survie du peuple ogoni (MOSOP). L’administration militaire du général Abubakar s’est engagée à transférer le pouvoir à un président civil démocratiquement élu en 1999. Le général a annoncé à ce propos que des délégations des Nations Unies et du Commonwealth ont rencontré ces derniers jours des responsables de la Commission électorale chargée de superviser le retour de la démocratie au Nigeria. Les délégations ont proposé leur aide à la commission électorale pour l’organisation d’élections libres et équitables qui doivent débuter le 5 décembre prochain et s’achever le 27 février 1999, a précisé M. Abubakar. Le général a par ailleurs annoncé que le gouvernement avait dégagé 3,5 milliards de nairas (41 millions de dollars) pour financer le processus électoral. Projet de constitution Le gouvernement militaire du Nigeria va en outre créer une commission chargée de préparer un projet de constitution destinée à remplacer celle qui a été suspendue en 1983, et qui «reflétera les aspirations de tous les secteurs de la société», a annoncé le général Abubakar. Il a expliqué que le projet de constitution préparé en 1995 présentait certaines insuffisances et devait donc être amendé, d’où la nécessité de désigner une commission spéciale. Evoquant les problèmes économiques, il a affirmé que l’effondrement du prix du pétrole coûtera cette année au Nigeria de 20 à 25% de ses prévisions de recettes en devises et entraînera une politique de rigueur. «Dans ces conditions, lebudget 1998 fait l’objet d’une révision drastique tant en ce qui concerne les recettes que les dépenses», a-t-il indiqué. «Il n’est pas exagéré de dire qu’étant donné les circonstances, il va falloir se serrer la ceinture», a-t-il conclu. Le Nigeria tire 90% de ses recettes en devises de la vente de son pétrole qui lui a rapporté 10 milliards de dollars américains l’année dernière. Il est le plus grand producteur de brut d’Afrique. Par ailleurs, le général a affirmé que la pénurie de carburant, qui a handicapé l’économie nigériane et exaspère les automobilistes sur le territoire du sixième pays exportateur de pétrole du monde depuis plusieurs années, cessera fin 1998. «L’approvisionnement devrait être normal début 1999», a-t-il dit, ajoutant: «c’est seulement à partir de ce moment que la nécessité d’instaurer une politique de prix plus adéquate sera examinée». Il a indiqué que le Nigeria poursuivra son programme de privatisation jusqu’à la remise du pouvoir à un régime civil élu. En juillet, le chef de la junte militaire avait fait état de projets de vente d’une partie du capital des compagnies gérées par l’Etat dans les domaines de l’électricité, des télécommunications, des engrais, du papier, des machines-outils et du montage de véhicules. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement militaire nigérian cherche à replacer le Nigeria à sa «place légitime» au sein de la communauté internationale, a déclaré jeudi le général Abdulsalami Abubakar, au pouvoir depuis juin dernier. Dans un message à la nation, radiodiffusé à l’occasion du 38e anniversaire de l’indépendance, le président a indiqué qu’il avait consacré beaucoup de temps depuis son arrivée à la tête du pays à «améliorer notre image extérieure». «Notre politique a pour but de faire retrouver à notre pays sa place légitime comme membre accepté et respecté de la communauté internationale», a-t-il précisé. Sous la direction du général Sani Abacha, décédé en juin dernier, le pays le plus peuplé d’Afrique était devenu un paria. Il avait été suspendu du Commonwealth après l’exécution en novembre...