Les restaurants haut de gamme chinois connaissent un nouvel essor
le 11 mars 1998 à 00h00
Les restaurants haut de gamme, malmenés par la lutte contre la corruption, ont retrouvé une nouvelle jeunesse depuis l’ouverture de la session annuelle du Parlement chinois, qui voit se multiplier les banquets pour hommes d’affaires et députés à Pékin. «C’est encore mieux que prévu», se félicite la responsable d’un restaurant cantonais situé dans le quartier commerçant de Wangfujing, non loin du très sobre Palais du Peuple où se déroule depuis jeudi la première session de l’Assemblée nationale populaire (ANP). «La plupart de nos clients sont des députés invités par leurs amis», ajoute-t-elle devant les vastes tables rondes réunissant chacune une dizaine de convives. Déjeuner ou dîner, les trois étages du restaurant n’ont pas désempli depuis jeudi, selon elle. Des députés expliquent que certains de leurs collègues sont invités jour après jour à d’innombrables banquets par différents types de relations, y compris par des représentants de sociétés à capitaux étrangers. «C’est comme dans tous les autres pays: les hommes politiques côtoient les hommes d’affaires dans les coulisses du pouvoir», commente un député de la nouvelle «région administrative spéciale» de Hong Kong. Un directeur d’un restaurant de luxe spécialisé dans les fruits de mer est lui aussi surpris par l’arrivée massive des clients. «D’un seul coup, les dirigeants d’entreprises acceptent de se remettre à dépenser de l’argent», relève-t-il. «Que voulez-vous qu’il se passe au cours de ces banquets: tout simplement un genre de marchandage», ajoute ce directeur. Ces dernières années, les hôtels et restaurants cinq étoiles de la capitale avaient plutôt souffert de la campagne d’austérité et de lutte contre la corruption lancée par le vice-premier ministre Zhu Rongji, qui devrait devenir chef du gouvernement la semaine prochaine. Ces deux dernières années, les plus hauts dirigeants du pays ont dénoncé publiquement la culture du banquet princier sur fonds publics, vivace chez certains responsables de l’administration ou du Parti communiste chinois (PCC). Le gérant d’un hôtel cinq étoiles à capitaux étrangers confirme qu’à la suite de ces mises en garde «les grands festins bien arrosés ont disparu». La crise financière asiatique, qui a vu s’effondrer le nombre et les dollars des visiteurs en provenance de la région, a ajouté aux maux du secteur. Mais fin décembre, le président Jiang Zemin a encore appelé la haute administration à «construire le pays par l’épargne et le travail plutôt que par le gaspillage et une conduite extravagante». En attendant, dans l’une des salles à manger particulières du restaurant de Wangfujing, députés et hommes d’affaires discutent du meilleur moyen d’attirer un projet de promotion immobilière dans une province côtière de l’est du pays. (AFP)
Les restaurants haut de gamme, malmenés par la lutte contre la corruption, ont retrouvé une nouvelle jeunesse depuis l’ouverture de la session annuelle du Parlement chinois, qui voit se multiplier les banquets pour hommes d’affaires et députés à Pékin. «C’est encore mieux que prévu», se félicite la responsable d’un restaurant cantonais situé dans le quartier commerçant de Wangfujing, non loin du très sobre Palais du Peuple où se déroule depuis jeudi la première session de l’Assemblée nationale populaire (ANP). «La plupart de nos clients sont des députés invités par leurs amis», ajoute-t-elle devant les vastes tables rondes réunissant chacune une dizaine de convives. Déjeuner ou dîner, les trois étages du restaurant n’ont pas désempli depuis jeudi, selon elle. Des députés expliquent que certains...
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