Israël monte au créneau contre toute proclamation d'un Etat palestinien
le 26 septembre 1998 à 00h00
Israël multiplie les mises en garde à l’Autorité palestinienne contre son intention de proclamer l’indépendance en mai, transformant cette affaire en un nouvel obstacle à un retrait militaire israélien en Cisjordanie. Un haut responsable israélien est revenu vendredi à la charge, trois jours avant une rencontre prévue entre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président Bill Clinton destinée à discuter d’un tel retrait. «M. Arafat commettrait une très grave erreur s’il cédait à la tentation de proclamer l’indépendance» a déclaré à la radio publique le secrétaire général du gouvernement Danny Naveh qui accompagne le premier ministre Benjamin Netanyahu aux Etats-Unis. Il a estimé qu’une telle proclamation «saboterait» les tentatives américaines de relance du processus de paix, précisément au moment où Washington redouble d’efforts en ce sens. Risque d’effondrement total du processus de paix Par ailleurs, des membres de l’entourage de M. Netanyahu ont fait savoir qu’Israël refuserait un retrait de 13% de la Cisjordanie, proposé par Washington, si M. Arafat annonçait lundi son intention de proclamer l’indépendance en mai. «Cela ne servirait à rien de discuter d’un retrait de 13% si tout territoire remis devait être proclamé partie d’un Etat indépendant» a déclaré au quotidien «Yediot Aharonot» un haut responsable qui a requis l’anonymat. M. Netanyahu a déjà averti jeudi qu’une proclamation unilatérale d’indépendance de la part des Palestiniens «provoquerait l’effondrement total du processus» de paix d’Oslo au Proche-Orient. Au sein de son gouvernement, deux représentants de l’extrême droite, les ministres des Transports et de l’Agriculture, MM. Shaoul Yahaom (Parti National Religieux) et Rafaël Eytan (Tzomet) ont proposé vendredi à la radio qu’Israël «annexe en réponse les territoires sous son contrôle». La direction palestinienne a réaffirmé pour sa part jeudi son intention de proclamer en mai la création d’un Etat palestinien indépendant, avant une allocution que doit prononcer le président Yasser Arafat devant l’Assemblée générale de l’ONU. «Nous proclamerons le 4 mai la création d’un Etat palestinien indépendant sur tous les territoires occupés par Israël pendant la guerre de juin 1967, avec Jérusalem pour capitale», a déclaré le cabinet palestinien. Les Palestiniens maintiennent le flou Le président Arafat a à plusieurs reprises affirmé son intention de proclamer un Etat palestinien à la fin de la période intérimaire d’autonomie palestinienne prévue par les accords d’Oslo, le 4 mai 1999. Mais le cabinet a maintenu le flou sur la teneur de l’allocution. Selon un proche conseiller de M. Arafat, il va réaffirmer «le droit du peuple palestinien à l’indépendance», une formule qui ne donnerait pas prétexte à Israël pour stopper les négociations sur un retrait militaire. M. Netanyahu doit être reçu lundi par le président Bill Clinton, et M. Arafat le suivra un peu plus tard, a annoncé officiellement jeudi soir la Maison-Blanche. En marge de ses rencontres, les négociateurs israéliens et palestiniens doivent rencontrer à Washington le médiateur américain Dennis Ross, a-t-on appris auprès des délégations. Le secrétaire d’Etat Madeleine Albright avait eu mercredi un déjeuner de travail à New York avec M. Netanyahu et avait fait état après la rencontre de «quelques progrès». Elle avait également manifesté l’intention de revoir le premier ministre israélien et de rencontrer samedi M. Arafat. Les Etats-Unis «ont identifié certains points qui sont maintenant mûrs pour un coup de pouce», avait affirmé mercredi le porte-parole du département d’Etat, James Rubin, sans préciser lesquels.
Israël multiplie les mises en garde à l’Autorité palestinienne contre son intention de proclamer l’indépendance en mai, transformant cette affaire en un nouvel obstacle à un retrait militaire israélien en Cisjordanie. Un haut responsable israélien est revenu vendredi à la charge, trois jours avant une rencontre prévue entre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président Bill Clinton destinée à discuter d’un tel retrait. «M. Arafat commettrait une très grave erreur s’il cédait à la tentation de proclamer l’indépendance» a déclaré à la radio publique le secrétaire général du gouvernement Danny Naveh qui accompagne le premier ministre Benjamin Netanyahu aux Etats-Unis. Il a estimé qu’une telle proclamation «saboterait» les tentatives américaines de relance du processus de paix,...
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