Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'Europe centrale jugera le prochain chancelier sur l'élargissement de l'UE

L’Europe centrale et orientale suivra ce week-end les élections générales en Allemagne avec une seule question aux lèvres: le futur chancelier maintiendra-t-il les engagements de son pays en termes de relations économiques et d’élargissement de l’UE vers l’Est ? Dirigée par le chancelier Helmut Kohl ou par le parti social-démocrate de Gerhard Schröder, l’Allemagne restera en effet un partenaire économique incontournable pour la majorité des pays de la région qui réalisent avec elle 40% de leurs échanges commerciaux. «Le développement général de l’Allemagne a un impact au plus haut point sur les pays d’Europe centrale et orientale», indique Jan Stankovsky, spécialiste de l’Europe de l’Est à l’Institut de recherches économiques (WIFO) de Vienne. La Hongrie, la République tchèque et la Pologne sont surtout concernées par le dossier de l’élargissement de l’Union européenne, avec qui elles ont entamé des négociations d’adhésion. Le problème de la Silésie Gerhard Schröder n’ayant cessé de proclamer qu’il poursuivra, s’il est élu, la politique de son prédécesseur, ces pays ne s’attendent pas à une remise en cause des engagements mais, pour Jan Stankosvky, «les affinités politiques vont jouer» et «le gouvernement social-démocrate tchèque pourrait améliorer ses relations avec l’Allemagne alors qu’il n’est pas certain que cela soit le cas pour des gouvernements plus conservateurs comme en Pologne ou en Hongrie». En outre, l’Allemagne assumera le 1er janvier prochain la présidence semestrielle de l’UE. A Varsovie, l’aspect de la campagne électorale allemande le plus vivement ressenti a été l’action des Allemands expulsés en 1945 qui cherchent à conditionner l’adhésion de la Pologne à l’OTAN et à l’UE, à la possibilité de reprendre un jour leurs anciens biens immobiliers laissés du côté polonais de l’Oder. Varsovie rejette ces demandes, s’appuyant sur les traités polono-allemands sur la frontière Oder-Neisse et les résultats de la conférence de Potsdam, qui a attribué la Silésie à la Pologne après la Deuxième Guerre mondiale. Des villes, comme Posen (Poznan en polonais) et Sczeczin, font maintenant partie intégrante de la Pologne alors qu’elles faisaient historiquement partie des États allemands éparpillés d’avant l’ère Bismark. Si plusieurs membres du gouvernement tchèque insistent de leur côté sur leurs «bonnes relations de travail» avec le parti de M. Schröder, et jugereaient positive la victoire de ce dernier, Helmut Kohl est généralement considéré à Prague comme un partisan de l’intégration de la République tchèque dans l’OTAN et l’UE. Les élections en Allemagne risquent cependant d’être un peu éclipsées par les législatives en Slovaquie voisine, les 25 et 26 septembre. La précieuse adhésion des pays de l’Est A Budapest, le ministère des Affaires étrangères du nouveau gouvernement conservateur de Viktor Orban se limite à rappeler que «la Hongrie s’attend à ce que l’Allemagne continue à jouer un rôle actif dans l’aventure de l’adhésion à l’OTAN et à l’UE» quel que soit le résultat du scrutin. Plus au sud, à Belgrade, les autorités espèrent quant à elles secrètement une victoire du SPD et une politique plus modérée de Bonn à l’égard de l’action des forces serbes au Kosovo. Pour les médias pro-gouvernementaux, les menaces répétées du gouvernement allemand d’une intervention militaire de l’OTAN traduisaient surtout ses préoccupations électoralistes. La Roumanie, de son côté, «compte sur le soutien de Bonn, en tant que moteur de l’élargissement de l’OTAN et de l’UE» car «l’Allemagne a un mot important à dire dans ces deux processus», selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anda Filip. Le résultat du scrutin ne devrait pas modifier vraiment les relations bilatérales, le pays étant dirigé par une coalition de chrétiens-démocrates et de sociaux-démocrates. A Sofia en revanche, le parti anticommuniste au pouvoir entretient des relations étroites avec les chrétiens-démocrates allemands qui ont soutenu le président bulgare Petar Stoïanov. Les liens économiques sont étroits: l’Allemagne est le premier investisseur étranger en Bulgarie et la devise bulgare, le lev, est rattachée au DM. «Nous nous inquiétons pour Kohl», titrait récemment le quotidien centriste «24 tchassa» pour qui, «jusqu’à présent, l’Allemagne était pour nous une locomotive qui nous menait vers l’UE et l’OTAN». (AFP)
L’Europe centrale et orientale suivra ce week-end les élections générales en Allemagne avec une seule question aux lèvres: le futur chancelier maintiendra-t-il les engagements de son pays en termes de relations économiques et d’élargissement de l’UE vers l’Est ? Dirigée par le chancelier Helmut Kohl ou par le parti social-démocrate de Gerhard Schröder, l’Allemagne restera en effet un partenaire économique incontournable pour la majorité des pays de la région qui réalisent avec elle 40% de leurs échanges commerciaux. «Le développement général de l’Allemagne a un impact au plus haut point sur les pays d’Europe centrale et orientale», indique Jan Stankovsky, spécialiste de l’Europe de l’Est à l’Institut de recherches économiques (WIFO) de Vienne. La Hongrie, la République tchèque et la...