Le Daguestan, république du Caucase russe en proie depuis des mois à une violence croissante, est, derrière des allures encore très soviétiques, une région d’une extrême pauvreté, minée par la corruption, le banditisme et un chômage chronique. Sur la place centrale de la capitale Makhatchkala, Lénine trône toujours, encadré de bâtiments arborant en grandes lettres rouges les «Vive le socialisme» et «Vive le travail» d’une autre époque. Et comme à l’époque bréjnévienne, la télévision locale encense les dirigeants locaux et montre les «grands progrès» d’une république qui dans la réalité est complètement paralysée. Mais l’impression dominante pour le visiteur arrivant dans cette république de deux millions d’habitants, dont plus d’un quart dans la capitale, est faite de tristesse, de saleté et de dépouillement. Le Daguestan est l’une des plus pauvres régions de Russie: 40 à 80% de la population vivent sous le seuil de pauvreté, le chômage permanent touche 20% de la population active et 56% des jeunes, et la majorité des emplois sont saisonniers. L’agriculture, principale ressource de cette république au climat plutôt favorable et qui lui permettait du temps de l’URSS de subvenir à ses modestes besoins et même d’expédier de l’argent à Moscou, s’est aujourd’hui quasiment écroulée faute d’entretien, et l’industrie agro-alimentaire, obsolète, ne travaille presque plus. Les seuls domaines un tant soit peu épargnés sont la pêche dans la mer Caspienne et la viticulture. L’économie officielle fonctionne à moins de 30% de sa capacité. Et 87% du budget de la république vient de Moscou. Outre les problèmes communs à toute la Russie, le Daguestan a souffert d’un événement particulièrement catastrophique pour lui: la guerre de Tchéchénie, qui l’a coupé des deux voisins dont il dépendait le plus, la Tchétchénie et l’Azerbaïdjan, dont une partie de la production agricole était transformée dans ses usines. Et surtout, la guerre a coupé sa principale voie de communication: le doublé route-chemins de fer Rostov-sur-le-Don / Bakou, reliant la côte russe de la mer Noire à la côte azerbaïdjanaise sur la Caspienne. Ce qui était du temps de l’URSS l’une des grandes routes du pays, apportant avec elle produits et clients et emportant la production régionale, n’est plus au Daguestan qu’une route menant nulle part, fermée d’un côté par le désordre régnant dans la Tchéchénie d’après-guerre, de l’autre par la frontière avec l’Azerbaïdjan, close au début de la guerre et jamais vraiment rouverte, pour raisons de sécurité. Le Daguestan, comme l’Azerbaïdjan, possède du pétrole en mer, «au moins 500 millions de tonnes» qu’il faut exploiter, selon un responsable, mais qui sera difficile à acheminer, l’oléoduc vers la mer Noire étant lui aussi problématique. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Daguestan, république du Caucase russe en proie depuis des mois à une violence croissante, est, derrière des allures encore très soviétiques, une région d’une extrême pauvreté, minée par la corruption, le banditisme et un chômage chronique. Sur la place centrale de la capitale Makhatchkala, Lénine trône toujours, encadré de bâtiments arborant en grandes lettres rouges les «Vive le socialisme» et «Vive le travail» d’une autre époque. Et comme à l’époque bréjnévienne, la télévision locale encense les dirigeants locaux et montre les «grands progrès» d’une république qui dans la réalité est complètement paralysée. Mais l’impression dominante pour le visiteur arrivant dans cette république de deux millions d’habitants, dont plus d’un quart dans la capitale, est faite de tristesse, de saleté...