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Actualités - Chronologie

Hollywood-sur-Tamise (photo)

Après Juliette Binoche, Nicole Kidman et bientôt Madonna: les petits théâtres de Londres connaissent une période faste grâce à un afflux d’étoiles du cinéma prêtes à déclamer au tarif minimum pour obtenir la reconnaissance de leurs pairs sur les planches. Nicole Kidman, alias «Mme Tom Cruise», est la dernière à céder à cette mode pas toujours appréciée des acteurs traditionnels du West End londonien, furieux de se voir ainsi voler la vedette alors qu’ils peinent toute l’année à trouver des cachets dans un contexte de subventions déclinantes. La star australienne, habituée aux contrats mirifiques de Hollywood, assure que son intérêt pour le théâtre est authentique. Pour preuve, elle a accepté de jouer pour 417 dollars la semaine pendant un mois depuis le 22 septembre et devant 250 personnes chaque soir. L’évènement se produit au Donmar Warenhouse, un ancien entrepôt de bananes lové au cœur du quartier de Covent Garden, devenu en cinq ans une des scènes les plus «branchées» de la capitale. La vedette de «Portrait de femme» de Jane Campion joue cette fois sous la direction de David Hare dans «The Blue Room» une adaptation moderne de «La Ronde» d’Arthur Schnitzler, satire mordante du libertinage de la société viennoise de la fin du siècle dernier où elle campe le rôle de cinq amantes différentes. La légende veut qu’elle se soit entichée du Donmar lors de son séjour forcé à Londres pour les besoins du dernier film de Stanley Kubrick «Eyes Wide Shut» qui doit sortir aux Etats-Unis à l’été 1999. Nicole Kidman y vit depuis près de deux ans avec sa star d’époux et ses deux enfants adoptifs. Voie dangereuse «C’est la première fois que nous avons quelqu’un d’une telle renommée», jubile un porte-parole du théâtre. «Depuis qu’elle vit à Londres, elle a vu toutes les productions du Donmar et elle voulait vraiment travailler ici», ajoute-t-il. De manière prévisible, «The Blue Room» est devenu le rendez-vous incontournable de la rentrée artistique. Tous les billets ont été vendus il y a déjà plusieurs semaines et le théâtre est assailli de demandes d’interview de journalistes du monde entier. Chacun y trouve son compte. Le théâtre qui s’assure une salle comble et une exceptionnelle publicité et l’actrice en quête de légitimité dans l’art «noble» de la comédie. Toutefois, certains redoutent que les scènes londoniennes ne finissent les unes après les autres par céder ainsi à la facilité en enrôlant une vedette du grand écran – pas toujours convaincante sur les planches – pour séduire le public. «Nicole Kidman sait jouer au théâtre mais je ne pense pas que son rôle soit très difficile, ce n’est pas comme si elle avait décidé de jouer Lady Macbeth», estime Peter Heppel, critique à la revue spécialisée «Stage». «C’est une voie qui peut être dangereuse», ajoute-t-il. Elle a pourtant été déjà largement empruntée à Londres, la ville «cool» où il est désormais impératif de se montrer. Juliette Binoche a joué au début de l’année au tarif syndical une pièce de Pirandello dans un autre petit théâtre en vogue, l’Almeida. La Française avait été peu avant précédée par Jessica Lange, Kevin Spacey, Liam Neeson et Ralph Fiennes. Et on annonce l’année prochaine Madonna dans «Une chatte sur un toi brûlant» au Piccadilly ainsi que Ewan McGregor. L’aventure théâtre n’a toutefois pas réussi à toutes les stars du cinéma. Raquel Welch devait faire sensation l’an dernier à Londres dans «La millionnaire» mais le spectacle a été annulé dès avant la première. Sa prestation lors des répétitions avait découragé les producteurs.
Après Juliette Binoche, Nicole Kidman et bientôt Madonna: les petits théâtres de Londres connaissent une période faste grâce à un afflux d’étoiles du cinéma prêtes à déclamer au tarif minimum pour obtenir la reconnaissance de leurs pairs sur les planches. Nicole Kidman, alias «Mme Tom Cruise», est la dernière à céder à cette mode pas toujours appréciée des acteurs traditionnels du West End londonien, furieux de se voir ainsi voler la vedette alors qu’ils peinent toute l’année à trouver des cachets dans un contexte de subventions déclinantes. La star australienne, habituée aux contrats mirifiques de Hollywood, assure que son intérêt pour le théâtre est authentique. Pour preuve, elle a accepté de jouer pour 417 dollars la semaine pendant un mois depuis le 22 septembre et devant 250 personnes chaque soir....