Des Israéliens voisins d’un institut ultra-secret de recherches bactériologiques protestent contre son agrandissement prévu et se sont pourvus devant la Cour suprême, a indiqué hier la radio de l’armée. Le pourvoi des habitants de Ness Ziona, au sud de Tel-Aviv, est soutenu de ses administrés et demande le blocage du projet. La requête doit être examinée jeudi par la Cour suprême, a ajouté la radio. Selon des sources militaires étrangères, citées par la radio de l’armée, l’Institut Biologique d’Israël — dont un employé vient de purger 15 ans de prison pour espionnage — développe et produit des armes chimiques et bactériologiques. En 1994, un journal français avait affirmé que l’Institut produisait 43 types d’armes bactériologiques et non conventionnelles. Dans une réponse à la Cour suprême, le procureur de l’Etat affirme que ces publications étrangères «sont inexactes». «Mais il n’est pas possible, pour des raisons relevant de la sécurité, de donner plus de détails sur les activités de l’Institut», ajoute-t-il. Le représentant de l’Etat a précisé que l’Institut, situé au centre de Ness Ziona, employait 300 personnes, dont 120 scientifiques. Selon lui, l’Institut a besoin de s’agrandir sur un terrain de 5,5 hectares. M. Shvo a pour sa part exigé, dans une interview à la radio de l’armée, qu’une «institution neutre procède à un examen approfondi des conditions de sécurité entourant l’Institut, avant que soit donné le feu vert à toute extension». «C’est un problème qui concerne non seulement Ness Ziona mais aussi les villes environnantes, y compris Tel-Aviv», a-t-il ajouté. «Accepter l’agrandissement de l’Institut reviendrait à entériner sa présence au centre de notre ville, alors que nous souhaitons au contraire son déménagement vers un endroit moins peuplé», a ajouté M. Shvo. Un ancien chef adjoint de l’Institut Biologique d’Israël, Marcus Klingberg, qui s’était livré à des activités d’espionnage au profit de l’ex-URSS, a été libéré la semaine dernière après avoir purgé 15 ans de prison. M. Klingberg, 80 ans, a été depuis placé en résidence surveillée pour éviter qu’il puisse révéler publiquement les activités de l’Institut. Pour téléphoner, il doit passer par un standard des services de sécurité intérieure (Shin Beth) et ses conversations sont écoutées. Son passeport reste confisqué. Pendant les dix premières années de sa détention, les autorités israéliennes avaient même refusé de reconnaître que Marcus Klingberg avait été arrêté. (AFP - Reuters)
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