Avec Isabelle Hupperten ambassadrice, le cinéma français a investi le Festival international des films de Toronto, profitant de la sélection d’une vingtaine de longs métrages cette année pour courtiser les marchés américains. Une semaine durant – du 10 au 19 septembre –, le petit monde des affaires cinématographiques s’est donné rendez-vous à Toronto. Le festival a pris du volume ces dernières années au point de s’imposer comme l’un des plus gros marchés du film après Cannes, rivalisant avec celui de Berlin. Les Européens voient en lui désormais un tremplin pour accéder aux distributeurs américains. Jouant la carte de l’éclectisme, les organisateurs du festival avaient retenu cette année 19 longs métrages français et une bonne vingtaine de coproductions impliquant la France. Et Daniel Toscan du Plantier, à la tête de la délégation française, avait choisi de venir pour la première fois à Toronto, délaissant Montréal et son Festival des films du monde qui débutait deux semaines plus tôt. «Toronto est devenu le festival de rentrée», a estimé le producteur français, qui recherchait les acheteurs et les journalistes américains. La délégation française n’a pas manqué de leur faire la cour. Selon un de leurs membres, la réception organisée par UniFrance, en charge de la promotion du cinéma français à l’étranger, s’est tenue spécialement en plein milieu du festival, lorsque l’engouement pour les dernières productions des studios hollywoodiens commençait à retomber. Appétit exceptionnel Le festival n’avait ni compétition ni palmarès et à Toronto, la critique est réputée moins sévère et le public plus ouvert que dans bien d’autres manifestations. «L’atmosphère était positive, a souligné M. Toscan du Plantier. Ici, les films qui marchent marchent bien, et ceux qui ne marchent pas ne sont pas morts». «Chaque fois que j’ai présenté un film, j’ai été épatée par l’accueil», confirmait Josiane Balasko, qui était revenue à Toronto avec sa dernière comédie «Un grand cri d’amour», trois ans après le gros succès remporté par «Gazon maudit». Pour le metteur en scène Benoît Jacquot, objet d’un hommage l’an dernier, Toronto est «le lieu d’exposition le plus efficace» pour assurer la promotion des films français en Amérique. «Le public témoigne d’un appétit exceptionnel pour le cinéma», estime le réalisateur de «L’école de la chair», qui était accompagné pour l’occasion de son interprète principale Isabelle Huppert. «J’espère que vous serez des élèves studieux», a lancé cette dernière, vigoureusement applaudie par le public lors de la présentation du film. Préférant attendre pour faire un bilan des ventes, Bruno Berthemy, délégué général d’UniFrance, estimait cependant que «le marché américain est plus difficile qu’il y a une dizaine d’années». «Quelques films comme ‘Ponette’ ou ‘Western’ ont bien marché, mais nous n’avons pas eu de gros succès depuis longtemps», selon lui. Plusieurs autres réalisateurs avaient traversé l’Atlantique pour venir défendre leurs longs métrages, qui font souvent leurs premières nord-américaines dans la métropole canadienne. Jacques Veber était ainsi venu présenter le gros succès du box office français «Le dîner de cons», Yves Angelo, «Voleur de vie» déjà projeté à Venise, et Didier Le Pêcheur, «J’aimerais pas crever un dimanche». Quant à Olivier Assayas, son dernier film, «Fin août, début septembre» avec François Cluzet et Virginie Ledoyen, est sorti en première mondiale à Toronto.
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