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Actualités - Chronologie

La célébrité vue par Woody Allen à la Mostra (photo)

La 55e Mostra de Venise a eu droit jeudi au dernier opus de Woody Allen, «Celebrity», que le cinéaste offrait en primeur avec un sens parfait du «timing». Dans son message aux festivaliers, en effet, le réalisateur dit les choses sans détours, au moment où les frasques sexuelles de Bill Clinton ébranlent la Maison-Blanche et le dollar. Woody Allen s’est expliqué sur le sujet: «C’est une comédie, a-t-il dit, sur le phénomène de la célébrité en Amérique, un phénomène qui atteint les proportions ahurissantes d’une hystérie puisqu’il suffit d’une fellation pour accéder à la notoriété nationale et internationale». Dans cette œuvre en noir et blanc, au ton ironique, sarcastique, plutôt désenchanté, le réalisateur de «Annie Hall», «The Purple Rose of Cairo» et «Everybody Says I Love You» brode autour de la célébrité, mais ressasse aussi ses éternelles obsessions, l’amour, le sexe, la psychanalyse, la crise du couple, dont l’homme ne sort jamais vainqueur. Trop âgé pour jouer le rôle du séducteur impénitent, Woody Allen a trouvé son alter ego: l’acteur et réalisateur shakespearien Kenneth Branagh, entouré d’un prestigieux plateau, où défilent Melanie Griffith, Winona Ryder et celui qui fait chavirer les cœurs de la planète, Leonardo DiCaprio. En cherchant bien, on peut dénicher aussi Donald Trump et l’écrivain Erica Jong. Kenneth Branagh/Lee Simon est un journaliste, aspirant écrivain, aspirant scénariste, marié depuis trop longtemps à Judy Davis/Robin Simon et en voie de séparation. Il cherche une herbe plus fraîche et plus verte et essaie tour à tour de draguer Nola (Winona Ryder), aspirante actrice, Charlize Theron, la top model, et l’éditrice Bonnie (Famke Janssen). Hallucinant Branagh Si «Celebrity» est une réflexion sur les stars d’aujourd’hui — «on connaît une société par le choix de ses célébrités», dit Woody Allen —, c’est aussi la revanche de la femme. Robin Simon, la femme hystérique et délaissée, trouve le mec génial avec qui elle filera le parfait bonheur et la notoriété qu’elle ne cherchait pas. Woody Allen passe en revue une galerie très drôle de divas: du prédicateur en vogue à la télévision, au gourou de la chirurgie esthétique, le «Michelangelo de Manhattan», qui remodèle les lèvres, le nez et les yeux, aspire les fesses et rénove presque tout ce que l’on veut, mais avoue son incapacité à rallonger le pénis d’un client. Il y a aussi le peintre frimeur, l’écrivain reconnu, la star cocaïnomane qui casse tout dans sa chambre (Leonardo DiCaprio), le réalisateur célèbre dont les films (en noir et blanc) ennuient tout le monde, etc. Toujours porté sur l’humour leste et la grivoiserie, le réalisateur de «Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans oser le demander» évoque indirectement les frasques présidentielles américaines lorsque Robin va demander des conseils sur la pratique de la fellation à une professionnelle (qui ne s’appelle pas Monica), qui manque s’étouffer avec une banane... Acteur caméléon, Kenneth Branagh, qui avait pris l’accent d’un avocat sudiste de Georgia dans le dernier film de Robert Altman «Gingerbread Man», a cette fois calqué l’accent, la façon hésitante de parler, la démarche et les gestes de Woody Allen avec un mimétisme hallucinant.
La 55e Mostra de Venise a eu droit jeudi au dernier opus de Woody Allen, «Celebrity», que le cinéaste offrait en primeur avec un sens parfait du «timing». Dans son message aux festivaliers, en effet, le réalisateur dit les choses sans détours, au moment où les frasques sexuelles de Bill Clinton ébranlent la Maison-Blanche et le dollar. Woody Allen s’est expliqué sur le sujet: «C’est une comédie, a-t-il dit, sur le phénomène de la célébrité en Amérique, un phénomène qui atteint les proportions ahurissantes d’une hystérie puisqu’il suffit d’une fellation pour accéder à la notoriété nationale et internationale». Dans cette œuvre en noir et blanc, au ton ironique, sarcastique, plutôt désenchanté, le réalisateur de «Annie Hall», «The Purple Rose of Cairo» et «Everybody Says I Love You» brode...